Plus de 80% des Français travaillent dans le Tertiaire, le Numérique mettra au Chômage la moitié d’entre eux si…

martinez

Pauvre Philippe Martinez. Il n’a pas encore compris la responsabilité de la CGT et du Parti Communiste dans la désindustrialisation de la France. La Vème République, en réaction à leur idéologie s’est évertuée, gauche et droite réunis à désindustrialiser la France depuis mai 68.

La posture de la CGT et du parti communiste, dogmatiques, ont définitivement réussi à écœurer les entrepreneurs industriels à essayer de maintenir un tissu de production en France.

Dialogue social réduit à une expression caricaturale.

Seule FO et la CFDT ont été capables d’accompagner la modernisation de la France dans un dialogue social «franc et ouvert».

Je comprends que la droite se rebiffe. Elle a des raisons. Mais malheureusement le mal est fait (Et la Gauche y a largement contribué, y compris Rocard). Désormais la France ne produit plus que 15 % de son PIB avec l’agriculture et l’industrie. Les Services, le Tertiaire comme on dit en « rubrique économique », représente bien plus de 80 % du PIB.

Et dire que la révolution numérique vient casser désormais ce secteur surdimensionné c’est juste une évidence. Il n’y aura plus jamais de plein emploi dans ces conditions.

Le seul intellectuel a prendre en compte les réalités de la France se trouve être Mélanchon. Mais il n’a aucune envie d’être Président. Pas plus que Nicolas Hulot. Le professeur Mélanchon a juste une qualité majeure. Celle de la pédagogie. La France ne s’en sortira plus par des politiques économiques qui n’ont jamais prévu, et la distorsion des secteurs économiques, et la Révolution du Numérique qui désormais met au chômage même les meilleurs diplômés.

Parlons en des diplômes. Dans les années 80 il y avait environ 1 million de chômeurs. Jusqu’à 2 millions. Et l’on disait… «Oui, ce sont des chômeurs non qualifiés»… Mensonge. Il y avait déjà énormément de gens qualifiés au chômage. Mais ils venaient des secteurs industriels (… et artisanaux). Alors on a inventé les diplômes pour le tertiaire. Commerce, ingénieurs, administratifs, enseignants, policiers, juridiques, etc.

Mais qu’on arrête de nous dire aujourd’hui qu’il y a 6 millions d’incompétents au chômage.

Il n’y aura plus jamais de plein emploi en France. Parce que la Cinquième République a sacrifié l’industrie et l’Agriculture et que désormais la machine économique tourne à vide sur 80 % de travailleurs dans le tertiaire. Et que ce même tertiaire vient de connaître la plus grande révolution technologique, le numérique, depuis l’invention de Gutenberg. La moitié du tertiaire devient inutile grâce aux gains de productivité du numérique et des algorithmes.

Alors quand j’entends Martinez ou Fillon revendiquer la capacité de mobilisation de l’un, et revendiquer le programme de redressement des finances de l’autre, j’ai juste envie de v••••.

Pour sortir la France de l’ornière dans laquelle les patrons du CAC 40 et les gouvernements de la Cinquième les a jetées il y faudrait une véritable réflexion économique, d’investissements massifs et de formation professionnelle destinées non pas à créer une industrie traditionnelle, mais une industrie intelligente, responsable, écologique, durable et permettre à la France de rivaliser avec la Chine et la Silicon Valley. La France en a les moyens intellectuels. Mais il y faudrait une volonté politique qui ne passe certainement pas par la suppression de l’ISF ni la destruction du code du travail. Il s’agit là d’antiennes et de programmes idéologiques sur lesquelles je fais confiance à Martinez pour allumer la mèche d’un conflit qui paralysera toutes les bonnes volontés du pays.

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9’42” L’esprit Bauhaus au Musée des Arts Décoratifs

 

9’42” de l’exposition «l’esprit du Bauhaus».
Au Musée des Arts Décoratifs,
en compagnie de mon ami Jacques Berman.

«Fondé en 1919 à Weimar par l’architecte Walter Gropius, le Bauhaus est une école d’un genre nouveau : en fusionnant beaux-arts et arts appliqués, il s’agit de faire naître un mode de vie nouveau, fonctionnel, esthétique, accessible à tous… Ferment de liberté, symbole de résistance au nazisme, le Bauhaus, déplacé à Dessau (de 1925 à 1932) puis à Berlin, fermera en 1933. Référence majeure de l’histoire des arts du XXe siècle, son esprit a essaimé dans le monde entier. L’exposition au musée des Arts décoratifs est la première en France depuis 1969. Illustrant la diversité des disciplines enseignées (céramique, métal, vitrail, peinture, sculpture, tissage, publicité, graphisme, photo, théâtre…), ainsi que les figures qui s’y sont succédé (Klee, Kandinsky, Breuer, Moholy-Nagy, Josef Albers, Mies van der Rohe…), le parcours réunit plus de 900 œuvres, meubles, documents et objets d’art. Une somme passionnante qui fera date !» [©Télérama].

Jusqu’au 26 février 2017
Ne ratez pas l’expo Tallon qui jouxte cette manifestation prestigieuse.

Accompagnement sonore pour la vidéo par ©Echo Planar.
Prise de vue avec iPhone à main levée.
© peter gabor © petergabor

soundcloud.com/echo-planar/earth-for-sale

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Paul Klee en 12 minutes et 37 secondes | Promenade au Centre Pompidou

En visitant l’expo Paul Klee, j’ai pris mon iPhone et plutôt que de photographier, j’ai réalisé un vidéogramme des tableaux qui me paraissaient les plus significatifs du processus de création de Paul Klee. Bien entendu il s’agit d’une vidéo d’amateur. Ça n’est un secret pour personne. Et je revendique mon statut de touriste, de pouvoir ainsi partager le plaisir d’une œuvre majeure du début du XXÈME siècle. 12 minutes et 37 secondes pour vous donner envie d’y aller faire un tour avant qu’il ne soit trop tard.
© vidéogramme: peter gabor, petergabor

Musiques Crédits :
https://soundcloud.com/echo-planar/motionless
https://soundcloud.com/deeptakt/sets/deeptakt-records-releases

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l’Histoire des Magazines typoGabor N°18 | Figures de Femmes

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.
Le texte ci-dessus, qui revient en préambule de chaque magazine, est extrait d’un prochain ouvrage à paraître. Frank Adebiaye est l’auteur d’un ou plusieurs chapitres. Et je le remercie ici particulièrement de m’avoir autorisé à utiliser cet interview qu’il a réalisé au sujet de la naissance des magazines «typoGabor Présente».

« TypoGabor présente » N°18 | Figures de Femmes


«Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typoGraphiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.


« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 an. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques.

Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».


éditorial de Peter Gabor
La décision d’un titre n’est pas le fruit du hasard. Nous avons avec Léon-Marc Lévy choisi la narration anthologique, la classification par genre.
La mathématique de cette déclinaison imposait le concept de figures. Il s’agit d’une géométrie à caractères variables sur le thème de l’éternel féminin.


Cette anthologie du style qui autorisait toutes les oppo/appositions se retrouve dans le travail du metteur en page, qui, analysant l’espace de lecture a recréé pour nous un univers du féminin lisible, en VINGT-HUIT LUNES, décomposé, décortiqué comme le cinéaste de Zoo et du Meurtre dans un Jardin Anglais. Une lecture en colonnes, permutées selon le niveau d’entrée dans le dossier littéraire. Lisible ou illisible, telle est la question ! Mais il y a la collection de la Pléiade ou les opportunités des livres de masse. Folio ou Livre de Poche se disputent les compartiments des trains de banlieue ou à grande vitesse.

Notre magazine est un lieu de réflexion, de séduction, où les remous de la forme font frissonner plus d’un graphiste, trembler les assises du classicisme, loucher l’aveugle et le borgne du sentiment, se faire violer les Calmes de la Page Blanche qui n’osent pas, de peur de… se choquer eux-mêmes. Si notre magazine pousse les outrances et les langages visuels dans les confins de l’interdit alors nous ne sommes pas loin du but recherché. Poursuivant comme un fil rouge le travail de Bill Butt, de Nathalie Baylaucq et Philippe Duriez, Jérôme Binda montre ici la maîtrise d’un sujet littéraire où il s’est pleinement investi, apprenant les textes par cœur jusqu’à les réciter obsessionnellement durant les longues nuits de calibrages et de peinture typoGraphique.

Les caractères utilisés pour cette nouvelle mise en scène sont tous nouveaux et parfois surprenants. La déformation numérisée, anamorphose les réalités graphiques et nous découvrons avec horreur et ravissement ce que les femmes du XVIIIe découvraient dans le mystère miroir de leur chambre secrète : La Figure métamorphosée.

éditorial de Léon-Marc Lévy
« La Femme, ça n’existe pas ! » lançait Lacan un mardi de la rue Saint-Jacques.
Rien n’est moins sûr… Ou plutôt rien n’est plus évident ET moins sûr. Aux femmes plurielles de la réalité, à la mère, à l’épouse, à l’amante, à la collègue de bureau, à la voisine, à celle qu’on aime, à celle qui nous encombre, s’ajoute, incontournable et entêtée, LA FEMME, l’Autre, celle que l’Occident a façonnée, fiction après fiction, image après image, mot après mot ; LA Femme imaginaire, tellement imaginaire qu’on ne peut la penser qu’en termes excessifs et violemment opposés, symétriques dans l’opposition, marquant ainsi l’immensité de l’abîme où s’engouffrent ses représentations.


Écrite, peinte ou chantée, elle est sans cesse « extrémisée », limite vivante de l’humain, archétype de l’Amour ou de la Haine, de la Grandeur d’âme ou de l’Ignominie, de la Beauté ou de la laideur. Ange ou Démon, la demi-teinte lui est interdite. Elle ne peut qu’être Tout pour n’être pas Rien.

C’est ainsi paroxystique, qu’elle hante tous les moments de la littérature occidentale, créant ce sentiment diffus mais insistant que les portraits de femmes qui s’y dessinent, au fond, n’en composent qu’un unique, infini, qui emplit tout l’espace du possible : le portrait d’un Mythe. C’est à la recherche d’éléments de ce portrait qu’ici la Typographie peut servir, à tenter de reconstituer — vaste ambition — une figure.

« Le puzzle se reconstituait morceau par morceau et la véritable Rebecca prenait forme, sortait de son univers d’ombre, comme un être vivant sur un fond de tableau ».
(Daphné Du Maurier)
 

Pour voir le magazine en taille réelle il suffit de cliquer sur l’image et ensuite recliquer sur la photographie de la page. 5000px de large.

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l’Histoire des Magazines typoGabor N°16 | Meurtres

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.
Le texte ci-dessus, qui revient en préambule de chaque magazine, est extrait d’un prochain ouvrage à paraître. Frank Adebiaye est l’auteur d’un ou plusieurs chapitres. Et je le remercie ici particulièrement de m’avoir autorisé à utiliser cet interview qu’il a réalisé au sujet de la naissance des magazines «typoGabor Présente».

« TypoGabor présente » N°16 | Meutres


«Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typoGraphiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.


« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 an. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques.

Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».


Affreux, le crime des Sœurs Papin. Elle ont commis l’impossible de l’horreur et pourtant… Il y a une explication à leur acte meurtrier. Le rapport ou plutôt le non-rapport à la réalité.

Tout se passe pour elles comme si l’imaginaire de leurs frustrations, leur désespérante quête d’une affection homosexuelle partagée, qui se mue en une machine déchiquetante et broyante, se superposaient à un monde schizophrénique qui n’est pas le leur.

Elles ont traversé un miroir où nous pourrons reconnaître au passage d’autres meurtres et d’autre crimes que l’histoire de la littérature a rendus célèbres. Nous avons cherché au détour de cette anthologie à reconnaître quelque catégorie de manifestation meurtrière. Le lieu géométrique commun pourrait-on dire de ce crime serait la stratégie… Stratégie du prédateur qui en veut uniquement à l’argent du voisin, stratégie des amants qui se déchirent de trop ou pas assez s’aimer, stratégie du Soi qui lutte en permanence avec l’image du père, et tel chez Kafka, n’arrive pas à décoller de l’univers autopunitif et concentrationnaire, où l’a entraîné un excès d’amour Œdipien.

Nous avons voulu débusquer les meurtres dans ce qu’ils ont de communs à l’humanité, leur rapport à un besoin existentiel : être plus ou ne plus être. Nous nous sommes essayés méthodiquement à classer, tels des entomologistes, les genres, les espèces, les filiations, et ce voyage qui n’est certes pas un tribunal, nous aura permis de découvrir tantôt des territoires communs au Comte Zaroff et au Marquis de Sade, tantôt les revanches de l’âme sur l’organisation réfléchie de l’indifférence sociale. Mais rassurez-vous : chasser le Meurtre ne nous a pas rendus meurtrier pour autant.

Tout au plus avons-nous égratigné la typographie au passage, croyant bien faire que d’assassiner des idées reçues ne pouvait conduire qu’à un résultat transitoire, mais bénéfique : le doute. L’assassin en herbe de ce journal n’est autre qu’un jeune diplômé de « Penninghen » rencontré au hasard d’un cours. Et nous rendons un vif hommage à sa créativité, à sa tactique pré-méditée (durant les heures où le monde sommeille) pour la parfaite maîtrise avec laquelle il a organisé l’espace criminel d’une humanité sollicitant un peu plus d’amour… De Soi.

Meurtres : c’est sans doute un des magazines qui m’a donné le plus de fil à retordre. Allez savoir. Tout d’abord je me suis retrouvé sans Rédac. Chef.

Léon-Marc Lévy a pris du champ alors que le magazine Humeur d’Humour s’est terminé sur une queue de poisson. Nathalie Baylaucq étant partie à New-York avant d’avoir terminé la maquette j’en ai conçu moi-même la couverture. En essayant de respecter l’esprit de sa mise en page. Du coup tempête dans un verre d’eau. Patrick Amsellem se fâche avec moi et Léon-Marc, pris entre deux feux se retire pour ce numéro me laissant me «démerder» tout seul.

Sur ce un accident de moto malencontreux. Tibia / Péroné. Trois mois de plâtre. Me voilà à manager typoGabor avec des béquilles. Et ce fut dans une excitation sans précédent que je m’attaque à la rédaction en chef de ce magazine, passant outre l’avis de mon médecin. Je cours à droite, à gauche. De librairie en librairie. J’avais ma feuille de route. Les chapitres, je les connaissais par cœur. Il suffisait que j’alimente les typologies de meurtres avec des textes qui faisaient sens. Et puis c’était passionnant. Parce qu’entre Amour et Haine, le Meurtre symbolique est un thème que nous connaissons bien.



Je m’inspirais autant de la littérature que du cinéma, j’ai dévoré quelques scénarios que j’ai trouvé dans une boutique mythique du cinéma en face du Jardin de Luxembourg. Johnny Guitar, Le Faucon de Malte de Dashiell Hammett, Volpone de Maurice Tourneur, etc.


Les histoires de Meurtres défilaient presque aussi vite que les plans d’un film d’horreur. Avec des moments d’intense respiration comme avec Noblesse Oblige, de Roy Horniman et le délicieux et talentueux Sir Alec Guiness qui va devoir se débarrasser de huit personnes de sa famille pour pouvoir hériter…

Et puis voici sans doute une des pages les plus brillantes du maquettiste, Philippe Duriez, qui sortait à peine de l’ESAG / Penninghen, et du haut de ses 23 ans se mit à la peine pour concevoir ces pages absolument délirantes. Il faut vraiment que vous compreniez la difficulté de ces mise en pages.

Nous sommes cinq années avant l’arrivée massive des Macintosh, des logiciels Quark Xpress et six ans avant l’arrivée de Photoshop 3.00 qui a installé les calques dans ses fonctionnalités.

Autant dire que chacun des pavés de textes que vous voyez-là ont dû être d’abord maquetté à la main, puis calibrés et composés, pavé par pavé, puis remonté sur table lumineuse pour être relu, validé puis contretypés pour faire des typons prêts pour l’impression. La chaîne graphique ne permettait aucune erreur. Si l’on se trompait dans un texte, il fallait à minima recomposer le pavé et remonter toute la page… Enfin j’exagère, corriger le montage. Mais l’on a du mal à imaginer aujourd’hui ces process d’un autre temps.


Contrairement à Bill Butt, Philippe Duriez aimait jouer avec les formes monumentales faites de la typo et des titres. Il investissait l’espace tuant par la même occasion les principes de mise en page les plus élémentairement classiques. On n’est ni dans l’édition, ni dans la Presse, ni dans la Publicité. Il nous fait voyager dans un monde de poésie expérimentale où la typographie devient matière à réflexion. Il me semble que si Gutenberg revenait 550 années aujourd’hui pour voir ces maquettes il adorerait voir comment on a réussi à casser, transgresser les règles de composition que lui-même avait initié. Pour exemple, Gutenberg avait imaginé composer ses textes avec des ponctuations flottantes en dehors des alignements des pavés. Il a fallu attendre qu’Alphatype d’abord puis Berthold permette de faire la même chose. Puis impossible avec Quark Xpress. Il a encore fallu attendre Illustrator 3.00 pour pouvoir mettre les ponctuations à la marge des pavés. Puis InDesign s’y est mis. Et enfin Quark, à partir de je ne sais plus quelle version. Ce fut un long combat, dans lequel les correcteurs de Selection Reader Digest se sont perdu en conjectures tant ils croyaient qu’il s’agissait de fautes typographiques.

Et Philippe Duriez de décliner tout le vocabulaire graphique de Paul Rand, avec brio, élégance et maîtrise (presque) complète des principes de lisibilité.




















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l’Histoire des Magazines typoGabor N°13 | Humeur d’Humour

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.

« TypoGabor présente » N°13 | Humeur d’Humour

Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typoGraphiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.


« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 an. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques.

Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».

Le texte ci-dessus, qui revient en préambule de chaque magazine, est extrait d’un prochain ouvrage à paraître. Frank Adebiaye est l’auteur d’un ou plusieurs chapitres. Et je le remercie ici particulièrement de m’avoir autorisé à utiliser cet interview qu’il a réalisé au sujet de la naissance des magazines «typoGabor Présente».

Caractères condensés, extra-condensés, obélisques pointés vers le ciel de la page d’annonce… Faite à Marie, ils participent à l’anamorphose du réel, à la déformation de l’écriture dans l’espace et le temps. De conception gothique, l’ogive nucléaire des lettres ovalisées menace de manière téméraire l’équilibre fragile de la lisibilité des mots et des choses. Jeu cruel où la réforme de la forme est nécessaire pour redécouvrir la beauté essentielle et originelle d’un Bodoni ou d’un Garamond. Jeu cruel où on accusera un jour les typoGraphes d’avoir organisé l’holocauste de la typoGraphie. Vivons tout de même et… Dangereusement.

Après l’Amour Chronique il était normal que nous nous tournions vers les traits d’Humour. Le sommaire ci-dessus (cliquez sur l’image et re-cliquez pour lire le détail de la page du sommaire) montre à l’évidence une vraie pensée éditoriale que Léon-Marc Lévy dirigeait avec un brio inégalé. Humeurs Urbaines, Humeurs des Mots, Humeurs et Maux, Humeurs Vagabondes et Humeurs d’Amour bien sûr, tous les grands thèmes de la littérature universelle étaient re-visités par le Rédacteur en Chef. Une manière de psychanalyse de l’Humour qui s’achève bien sûr avec un chapitre sur les Humeurs Dernières. Les mots de la fin.


Parallèlement ce numéro fait la part belle aux techniques numériques de la déformation des textes. On pouvait enfin déformer la typoGraphie. Et les Directeurs Artistiques adoraient cela. Au milieu des années 80. Sans doute une manière de s’approprier le signe. Nous détestions cela. Et puis je me suis penché sur la question de façon plus sérieuse. Et j’ai conçu des grilles de comparaison pour convaincre les D.A.des limites à ne pas franchir. C’est selon chaque famille de caractère. Une Didone supportera un peu mieux l’anamorphose qu’une Linéale. Pour la raison simple que, contrairement aux idées reçues du simple mortel, une linéale, un caractère bâton pour faire dans le vulgaire, n’est absolument pas dessiné avec des épaisseurs égales.

Un caractère Grotesque (Allemagne) ou Gothic (USA) ou Linéale (France) est dessiné selon un principe simple. Les tangentes horizontales doivent être légèrement plus fines que les tangentes verticales. En raison d’une persistance rétinienne qui épaissit la perception que nous avons des horizontales. Ce faisant si je déforme, j’étroitise par exemple un caractère Linéale, j’inverse le phénomène de la persistance rétinienne. Et je crée un ordre contraire à la nature même de notre organisation (œil-cerveau-perception).

Mais comme je le dis en préambule sur la page des éditos, il fallait obéir aux lois d’un marché en forte demande d’anamorphose.

Ce numéro 13 de typoGabor présente a été conçu par Nathalie Baylaucq. Voici sans doute une des pages les plus originales de ce numéro. Pour que vous compreniez la performance de cette page, il suffirait que vous preniez le texte et que vous essayiez de recomposer la page dans InDesign ou Illustrator. Vous verrez assez rapidement les difficultés de réalisation. Une double page comme celle-ci aurait coûté environ 20.000FF pour un client. Compte tenu des marges très faibles que nous faisions sur le service vendu (environ 6%) vous imaginez sans peine l’investissement pour réaliser cette folie. Un tour de force. À quoi bon? direz-vous. Une façon efficace de démontrer notre capacité à produire l’impensable. Les débuts de la composition numérique étaient prometteurs d’une page libérée des contraintes techniques. Ça y est vous avez réussi à recomposer cette page?

Nous sommes en mai 1987, la collection de caractères photoCompo de typoGabor s’est enrichi depuis le lancement de nos premiers magazines. Quelque 800 à 1000 polices supplémentaires. Nous éditions un catalogue de calibrage avec 2000 polices en démonstration. 2 volumes. Les TypeBook. Le magazine littéraire était aussi un prétexte pour annoncer les nouveautés, mais ce sera la dernière fois.

Les trois numéros suivants, Meurtres, Femme et l’Âge d’Homme vont s’abstenir de « polluer » commercialement notre intention éditoriale. L’entreprise tournait à plein régime et nous déménagions à Levallois-Perret sur un plateau de 1000 M2 (Architecte : Bernard Bensignor).

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l’Histoire des Magazines typoGabor N°12 | L’Amour Chronique

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.

« TypoGabor présente » N°12 | l’Amour Chronique

Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typoGraphiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.


« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 an. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques.

Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».

Et voici donc le premier numéro
de la nouvelle formule littéraire

des magazines «typoGabor Présente»

 

Dans la relation père-fils je demande la carte du conflit. Ce sera ce magazine là. Durant un an Paul Gabor cessa de me parler, sinon par grognements ou juste pour me dire bonjour. Genèse d’une mésentente vécue comme une trahison.


dans ma vie d’homme j’ai vécu des choses assez difficiles, entre autres mon divorce et la perte de ma mère décédée plutôt jeune, d’un AVC. Cela m’a valu sinon une belle dépression, en tous les cas une tristesse infinie que je n’arrivais plus à combler par le travail. Le Judo ? C’était fini depuis mon accident L4 / L5 dont j’ai mis plusieurs mois à m’en remettre.

j’allais travailler presque comme un automate. Plus rien qui me motivait. L’entreprise tournait presque tout seul et j’expédiais les affaires courantes. Et puis il y a eu une alerte économique. Il m’a fallu resserrer la gestion de typoGabor pour éviter de sombrer de nouveau dans le rouge. Et puis je cherchais. Je cherchais quelque chose qui me redonnerait envie, le goût des choses de l’avenir.

et ce n’est pas chez le psy que j’ai trouvé la réponse, mais mon ami Roger Kleman. Celui-ci venait de monter son agence Weston Magna et me demandait souvent des conseils typo. J’allais le voir avec un plaisir ineffable. Roger était un géant, taillé à la serpe avec un sourire enjôleur et une rare douceur dans le regard. Il a toujours été d’un soutien quasi filial à mon égard. Son mot favori : « calme-toi Peter ».

j’étais excité, énervé, je cherchais des raisons de continuer là où je n’avais plus qu’une envie, de tout plaquer. D’aller m’enfuir dans un désert. Et lui disais inlassablement que je ne pouvais plus continuer les magazines de typoGabor en l’état. Plus aucune satisfaction. La réussite était là. On nous imitait même parmi les concurrents, alors pourquoi continuer.

et brusquement j’ai eu une idée. « Roger, pourquoi pas un magazine littéraire ? ». Je dois vous avouer que Roger était un grand lecteur. « Le Juif Amoureux » de Ben Hecht, c’est grâce à lui que je l’ai découvert. Les mots, le texte, les émotions, les sentiments, les conflits, l’amour et la haine au cœur d’une littérature universelle.

et je m’embrasais. Et petit à petit je comprenais que cela faisait sens dans mes mélancolies. De fait ma chère mère était une poétesse, une littéraire, une femme d’une exigence absolue quant aux mots et aux maux de l’humanité. C’est elle qui m’a donné le goût de l’écriture, de la lecture. C’est grâce à elle sans doute que j’ai décroché un premier prix de philo dans mon lycée en terminale. Chassez le naturel il revient au trot.

quand on a 2000 clients dans le monde publicitaire et artistique on n’a que l’embarras du choix pour aller chercher les talents nécessaires à la mise en œuvre d’un tel projet. Curieusement mes pas se sont dirigés vers Le BOOK. Ils venaient d’éditer un magazine, le BOOK Mag. Et je suis allé voir Véronique Kolasa pour lui demander conseil. Elle était là avec son compagnon et ils m’ont recommandé tous les deux Patrick Amsellem pour prendre la direction littéraire du nouveau magazine « typoGabor Présente ».

grosse réunion éditoriale, nous fixons les grandes lignes du futur magazine. Ce sera une anthologie littéraire. Un prétexte pour citer des œuvres de la littérature mondiale et d’assurer en même temps une expérimentation typoGraphique. Des titres furent avancés. L’Amour, l’Humour, la Femme, les Meurtres, etc. Il ne m’en fallait pas plus pour m’emballer. Et le projet prit corps. Quelques semaines après j’avais les premiers textes-extraits de l’Amour Chronique, avec un édito signé par Léon-Marc Lévy qui s’effaçait au début dans l’ombre de P. Amsellem (c’est plus tard, que j’apprendrai qu’ils étaient cousins et que Patrick en fait ne faisait que sous-traiter la rédaction en chef à Léon-Marc).

je reviens à l’Atelier et j’allais voir Paul Gabor pour que le studio qu’il dirigeait se mette en ordre de bataille pour assurer la création de cette nouvelle formule.

un mois après, Paul me présenta une maquette, nous discutons quelques détails, il revient vers moi une semaine après et le voilà parti en vacances à Budapest pour un mois.

« Démerde-toi mon fils, moi j’ai fini le boulot ».

et c’est à ce moment précis que débute LE PROBLÈME.

L’Atelier typoGabor ainsi que le Studio sous la direction de Fabrice Emberger commence l’exécution de la maquette laissée par Paul. Régulièrement je traverse l’impasse Compoint pour me rendre au Studio. Impatient que j’étais de voir les premières pages sortir des tables lumineuses.

et là gros souci. Fabrice, très embêté me laisse « entre-voir » ce qui allait se révéler un vrai problème. Paul n’avait pas lu les textes. Il a juste fait une mise en page correcte, bien « torchée » comme on dit. Lui qui était un fervent défenseur de la lecture des textes que les clients lui donnaient à mettre en scène, là, soit par ras-le-bol soit par un refus d’entrer dans les styles d’écriture qui se succédaient sans cohérence apparente, il a eu un blocage.

et pour la première fois de sa carrière il a commis une mise-en-page totalement froide. Une belle architecture, mais pas d’archi-texture. Là où nous attendions une réflexion sur la typographie, une vraie remise en question des pratiques professionnelles, Paul n’a fait qu’effleurer le sujet, en s’en débarrassent au plus vite. Bonne mise en page mais pas d’âme. Il avait oublié de prendre le plaisir de lire les textes.

j’appelle Patrick Amsellem, qui vient un soir avec Léon-Marc Lévy pour voir les premières pages des maquettes, et ils confirment tous les deux mon ressenti. Il fallait vite prendre une décision. Pas question de continuer dans cette voie. Pas question non plus d’appeler Paul en vacances et de l’obliger à revenir de Budapest. J’étais seul à décider, et il faut que je vous avoue que j’en fais encore des cauchemars aujourd’hui. Seul à décider de laisser tomber la maquette de Mon Père, et de me diriger vers une autre solution.

c’est P. Amsellem qui me tira d’affaire. Il me propose de faire appel à Bill Butt (qui venait de Jardin des Modes), et qui avait aussi réalisé la maquette du magazine Le BOOK. Bill était un grand américain qui mesurait plus de deux mètres. Longiligne, l’air d’un anorexique (qui mangeait comme quatre). D’une gentillesse communicative, et d’une culture musicale incroyable. Je crois qu’il avait quelques 10.000 vinyles (jazz et rock) chez lui aux States. Ce fut un choc quand je l’ai rencontré. Dans le pénombre du studio Gabor, il s’assit en face de moi. Me sourit. Il regarde les maquettes de Paul Gabor. Me sourit de nouveau et nous mettons d’accord. Il avait trois semaines à peine. Le temps des vacances de Paul. Je crois qu’il était conscient d’être meurtrier par procuration. Mais ça n’était pas son problème.

le délai passé, il finissait à peine, quand Paul est revenu au bureau. Nous avons à peine parlé. Il avait tout de suite compris ce qui se passait. Il était pas con mon père. Il savait. Il avait compris mais il n’admettait pas. Sans doute qu’il aurait préféré que j’attende son retour. Mais à quoi bon. Le mal était fait. J’avais fait mes choix. Et après tout il me faisait une totale confiance pour le management de typoGabor, pourquoi discuterait-il ? N’empêche. De ce jour, jusqu’à 1988 c’est à peine s’il m’adressa la parole.

il faut avoir vécu une totale complicité avec son père durant une trentaine d’années, voire depuis ma plus tendre enfance, pour comprendre ce que représentait ce silence. Cette souffrance qui devait être, j’en suis sûr, réciproque. Mais j’ai touché son ego. J’ai touché là où ça fait mal. Remis en question son travail. Sans l’avertir, sans en discuter comme nous le faisions depuis une vingtaine d’années.

peut-être que je lui en voulais d’être parti avant la réalisation complète du projet. Peut-être que j’avais l’intuition qu’il ne servait à rien d’attendre son retour. Que les jeux étaient déjà faits, à partir du moment où j’avais choisi la voie littéraire pour les magazines. Pourtant il aimait la littérature Paul. Ça n’était pas un inculte. Loin de là. Mais à force de se pencher sur sa table de travail durant de longues années, il avait perdu le plaisir de lire. Et je le comprenais. Mais voilà, j’avais la sensation qu’il avait saboté le travail par désintérêt de la chose et que de partir à Budapest lui importait plus que le lancement de cette nouvelle formule.

et vient le succès ! J’ai été au calage du magazine, comme toujours. Les nuances de rouge dans les pages de « Je Te Veux » étaient assez difficiles à rendre. Nous ne disposions pas encore de calage numérique. Et les double pages de « Tu m’abandonnes », tout en aplat de gris. Une vraie galère pour avoir sur une surface A3 une belle régularité d’encrage. 10.000 exemplaires imprimés.

à peine reçus l’équipe commerciale se met en quatre pour envahir tous les étages de Direction Artistique des 150 agences de publicité qui œuvraient à Paris dans le milieu des années 80. Et les Studios de Création. Et les Studios d’exécution. Et les graphistes. Chacun recevant ce cadeau de la main à la main. Nous avons bossé comme des fous. En trois semaines, tout ce qui se comptait comme Graphiste ou Directeur Artistique à Paris avait reçu le magazine. Et la réponse fut immédiate.

38 % d’augmentation du Chiffre d’Affaires. Les clients étaient ravis. Heureux. Nous avions osé casser les codes de mise en page. Expérimenter. Jouer avec les textes et les mots. Oser l’illisible pour donner encore plus envie de lire. Et puis il y a eu un effet rebond. Dans les Agences, les Directeurs Artistiques recevant le magazine, ils le posaient devant eux, et les concepteurs-rédacteurs, les CR s’en emparaient et ils avaient la sensation que cet objet s’adressait également à eux et pas uniquement à leur partenaire artistique.

lorsque l’année suivante nous avions fait le bilan de cette expérience (suivi de près par le magazine Humeur d’Humour que je vous présente dans le prochain billet), Paul dut reconnaître en grognant que j’avais eu raison. Mais c’est seulement après notre déménagement de l’Impasse Compoint à Levallois-Perret qu’il prit la mesure de l’ampleur de la réussite. Nous sommes passé de 350 M2 d’atelier à près de 1.000 M2. Spectaculaire bond en avant et reconnaissance de l’ensemble de la profession.

l’année 88 fut marquée également par deux prix majeurs, un Golden et Silver Award décernées par la Typographer International Association. Leur congrès se tenait à Vancouver cette année là. Je n’ai pas pu y aller. Nous étions membres éminents de cette association et classés dans les cinquante premiers ateliers de photocomposition dans le monde entier. On m’a raconté que nous avons eu droit à un standing ovation de 1500 patrons d’entreprises de typographie pour la qualité de notre communication et de nos magazines.

ce qu’il en reste ? Des souvenirs. Des moments d’intenses souffrances et de joie mêlées. Mais aussi sans doute la naissance d’une légende. L’exercice typoGraphique faite institution. La qualité typoGraphique au pinacle des exigences premières. Ce qu’un Directeur Général de Publicis est incapable de comprendre. On apprend pas la typographie à Sciences Po, ni en dirigeant des Agences de Publicité. D’ailleurs, il n’y a jamais eu de Type Directors à Paris. Sauf une. Allison Girard à la JWT.

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l’Histoire des Magazines typoGabor N°9 Hermann Zapf et Paul Gabor

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.

« TypoGabor présente » N°9 Hermann Zapf et Paul Gabor

Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typoGraphiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.


« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 an. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques.

Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».

L’illustration basée sur l’alphabet « numérique » de Paul a été réalisée par Sándor Ernyei lors d’une visite à Paris (cliquez sur la photo pour voir les détails).

Ce magazine va clore le chapitre des publications « traditionnelles » du magazine « typoGabor Présente ». Il avait quelque chose de tragique pour moi. Mise en œuvre au début de l’année 84 et publié en mai, soit 2 mois 1 / 2 avant le décès de ma mère Klara Gabor le 13 août 1984. Paul quant à lui venait d’avoir une alerte cardiaque en 1983. Ce faisant la famille, ma seule famille se fragilisait et l’immense amour que j’avais pour l’un et l’autre me dictait un devoir de mémoire de leur vivant. J’allais donc consacrer l’édition de ce magazine à l’œuvre de Paul. Mais je me devais de l’équilibrer. Ne voulant pas en faire un livre de deuil mais plutôt une référence à la gloire des grands typographes contemporain. J’ai appelé à la rescousse Fernand Baudin à Bruxelles. Il a écouté et approuvé. Nous avons convenu d’un voyage à Darmstadt pour aller rencontrer à trois (Fernand, Paul et moi-même) Hermann Zapf pour l’interviewer sur son œuvre.

La maison d’Hermann Zapf. Un choc. Une battisse toute blanche, carrée. Construite autour d’un patio sur lequel toutes les pièces donnaient par des vitres. De fait la maison était illuminée autant vers l’intérieur que vers l’extérieur qui donnait sur la lisière d’un bois. Les pièces étaient immenses. On allait d’un espace vers l’autre sans porte, juste des ouvertures. On pouvait évoquer une construction à la Bauhaus, mais aussi bien une maison à la japonaise. Ça n’était pas un musée, mais plutôt un lieu de travail et de réflexion. Hermann nous amena dans son bureau et là il nous reçut et nous donna un cours de typo. Il prit son stylo à bille et nous écrivit un texte en Garamond corps huit avec juste un outil que chacun de nous utilise tant bien que se peut. Mais Zapf avait la maîtrise. L’outil comptait peu. Sa main, sûre, caressait le papier avec une dexérité, une assurance que je n’avais jamais vu. Je connaissais Hermann pour l’avoir rencontré souvent à Lurs, lors des Rencontres de Lure de 1963 à 1968. Pour l’avoir également croisé plusieurs fois lors des assemblées générales de l’ATYPI. Mais là, au cœur de son atelier-maison-havre de paix et de travail, il se révélait tel qu’en lui-même. Simple, humaniste et plein d’humour.

Me souviens à un moment lui avoir demandé ce qu’il pensait de la mode des approches serrées très en vogue dans les compositions publicitaires, mais aussi dans l’œuvre de Lubalin… Sa réponse fusa comme un éclat de rire. Ah, le Sex Spacing TypoGraphy ? Il avait tout dit. En une phrase courte et lapidaire.

Cette visite restera et pour moi mais aussi pour Paul, un souvenir mémorable. Je n’étais pas si surpris que ça. Mais j’ai eu la confirmation d’une intuition. Le travail, le travail, le travail. Il n’y a pas d’autre voie. Et Zapf en avait fait son mode de vie. Sinon sa religion.

 

Pour celles et ceux qui s’en souviennent, des maquettes en couleur, nous avions connu cela déjà avec le ColorKey de la 3 M et là, tout à coup au début des années 80 nous découvrons les vertus du transfert. De la compo (Titrage ou Texte) transférable en couleur sur des maquettes. Bien évidemment ce sont d’abord les studios de Packaging qui ont utilisé cette technique en premier. Suivis par les Agences de Publicité qui pouvaient enfin montrer des maquettes en Réalité Colorée à leurs clients. Juste pour mémoire, il s’agissait d’une technique très instable et fort coûteuse. Nos techniciens s’arrachaient leur touffe de cheveux pour livrer en temps et en heure des typos en couleur.

Et donc voilà l’interview du Maître. Hermann Zapf. Je vous invite à cliquer sur les pages pour lire en format réel les texte et découvrir les illustrations en grandeur nature. Un plaisir de l’intellect.

Et donc voilà l’interview du Maître. Hermann Zapf. Je vous invite à cliquer sur les pages pour lire en format réel les texte et découvrir les illustrations en grandeur nature. Un plaisir de l’intellect.

Et donc voilà l’interview du Maître. Hermann Zapf. Je vous invite à cliquer sur les pages pour lire en format réel les texte et découvrir les illustrations en grandeur nature. Un plaisir de l’intellect.

Lancement du Weideman ITC. J’avais eu la chance de rencontrer plusieurs fois Kurt Weidemann et son épouse aux Rencontres de Lure. Un homme d’une rare élégance. Et de fait c’est tout le gotha de la typoGraphie Mondiale qui se retrouvait tous les ans au mois d’aôut à Lurs. C’est sans doute là et à l’ATYPI qu’Aaron Burns venait faire son marché des plus grands talents qui allaient alimenter le catalogue d’ITC.

J’ai laissé Andrée Simons faire l’interview de Paul Gabor. Il était très important que Paul se sente libre et totalement seul pour répondre aux questions de l’intervieweuse. Andrée était douée, sensible, dans l’empathie. Paul ne pouvait pas mieux « tomber » que de se retrouver en face de cette parolière et chanteuse merveilleuse. Elle était douée pour faire parler les gens. Et Paul se lâcha. Plus tard je vais m’inspirer de ce texte pour écrire l’hommage à Paul Gabor qui se trouve ici.

Page de gauche des travaux, essentiellement des logotypes et marques réalisés en France dans la période 56‑92 de Paul Gabor. À droite une affiche pour une exposition d’Art Appliqué à Budapest. 1954. La typo, entièrement dessinée de sa main annonce déjà le Mermoz dont je parlerai plus tard.

À gauche plusieurs logos et illustrations pour des marques comme Uginox (la Roue) et un travail colossale que Paul entreprit pour la Banque de la Hénin (devenue Suez) pour son client et ami Vincent Rode. À droite une affiche d’Exposition pour des jouets Hongrois en 1955 juste un an avant l’insurrection de Budapest qui allait le voir émigrer avec toute la famille en France. Les typos, dessinées de même (puisqu’il n’y avait pas encore de Letraset), n’ont jamais été numérisées et sont cependant d’une modernité qui résiste au temps.

À gauche voilà enfin le Mermoz, un travail d’auteur. Il l’a conçu pour accompagner un programme de refonte de l’identité Française dans le cadre du Salon des Artistes Décorateurs la SAD. C’était je crois en 1983 qu’a eu lieu cette expo. Le Mermoz n’existait encore qu’en une seule graisse. Plus tard il en réalisa trois graisses supplémentaires qui ont figuré dans le catalogue de titrage puis au catalogue de composition, lorsque nous les avons numérisées avec IKARUS. À droite une affiche d’Exposition du Graphisme Britannique qui s’est tenu à Budapest en 55. L’expression graphique, le dessin, la touche colorée du drapeau Anglais tiennent du minimalisme dont Paul raffolait. Le caractère, une sorte de Bookman Swash dont il avait une affection immodérée, avait été aussi dessinée de sa main. Toutes ces affiches, je les voyais les réaliser alors que je n’étais qu’un enfant et c’était un plaisir ineffable de voir ses mains, magiques courir, caresser et accompagner ses outils, voire les précéder. Je crois qu’à ce moment précis il me donna le goût de faire ce métier pour le reste de ma vie professionnelle.

Et ici une fiction-caricature de l’univers impitoyable de la Publicité, d’Andrée Simons, prématurément disparue en 1983 que j’ai connu entre-autre grâce à Albert Boton. Immense talent que cette jeune femme.

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l’Histoire des Magazines typoGabor N°5 | Les TypeDirectors

« TypoGabor présente » N°5 | Les TypeDirectors

Juin 1982 | Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.

Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typographiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’AlphaType. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre.

Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois. « typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats.

Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24/24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès.

Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 ans. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques. Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : «Le style n’est pas une danse mais une démarche».


Couverture composée en Barcelona ITC. Cette couverture est l’une des plus étrange de toute la collection des magazines typoGabor Présente. De fait c’était un clin d’œil à la profession publicitaire. Il n’y avait pas de Type Director dans les Agences Parisiennes. À part Allison Girard qui travaillait (si ma mémoire ne me fait pas défaut) à la JWT, il n’y avait jamais eu de typeDirector en France. Et même aujourd’hui, encore, je n’en connais qu’un seul, Thomas Linard, de mes amis. Les raisons sont innombrables. La France n’a jamais privilégié la typoGraphie jusqu’à encore récemment. C’est sans doute les nouveaux outils du numérique, qui ont donné l’accès à la création typographique, sans plus être obligé de gratter de la carte, que les Directeurs Artistiques contemporains font assaut de créativité, soit en redessinant des typos, soit en les faisant redessiner par quelques studios spécialisés.

Les typothèques innombrables, les TypeKit d’Adobe, le foisonnement des fonderies indépendantes dans le monde entier ont libéré des énergies créatrices. Et puis il faut l’avouer, on a découvert assez tardivement le rôle prépondérant du signe en France. J’ose croire que dans les années 70 et 80 une société comme typoGabor s’est illustré précisément dans ce rôle de pédagogue et d’éducation du regard. Nombre d’écoles d’Art à l’époque ne s’occupaient guère de former l’acuité intellectuelle et visuelle aux formes typographiques et de la composition. La typoGraphie est un langage à part entière. Avec sa grammaire, sa syntaxe et son vocabulaire (de formes).


Diriger une société de photocomposition et de phototitrage n’était pas une mince affaire. Passer de 0 salarié à 60 en l’espace de 17 ans. Un travail acharné de chaque jour. Rendu d’autant plus délicat que l’entreprise œuvrait jour et nuit. 24/24. Les problèmes techniques, de production et de choix commerciaux se posaient donc à un rythme quotidien qui s’étalait sur 24 heures. Un choix assumé. Mais l’on ne peut compter le nombre de nuits blanches que l’on peut y passer. C’était devenu une habitude, presque une routine. 5‑6 heures de sommeil quotidiens. C’est tout. Parfois un immense plaisir. Revenir à l’écriture. Les magazines me donnaient cette occasion que je n’aurais raté pour rien au monde.



• Et toujours le plaisir de mettre en avant le travail des étudiants en Arts Graphiques de l’ESAG/Penninghen où j’enseignais tous les samedis après mon mandat de la semaine.


Ici un très article sur la situation des techniques en 1982. Vous pouvez cliquer sur la reproduction. Et re-cliquer pour zoomer sur le texte. Intéressante lecture pour comprendre les enjeux industriels d’une époque charnière où l’on commençait à recevoir des textes tapuscrits par des machines de traitement de textes. Plus besoin donc de re-saisir la dactylographie des textes. Ce fut une petite révolution pour les flux de production. Le Salon de la Bureautique, le Sicob se tenait chaque année pour présenter les nouveaux systèmes de traitement de textes. Nous sommes 2 an avant la naissance du Macintosh et Windows n’existait pas encore.

Présenter un caractère, nouveau, qui nous vient tout droit des laboratoires de recherche d’Alphatype demandait un travail considérable. Tester les polices. Retravailler toutes les tables d’approches en fonction de la langue française (merci Serge Cortesi). Alors vous imaginez bien Trois familles de polices, Barcelona, Cushing et Galliard, avec toutes les déclinaisons de romains et d’italiques. Un travail de fourmi. Énorme. Et c’est une fois cette préparation accomplie que nous pouvions seulement faire la promotion des nouveautés dans nos magazines. On n’imagine absolument pas la charge, la pression et le travail que cela représentait. Qui de plus est, lorsque vous êtes victimes de votre notoriété de qualité, le trac vous assaille chaque jour. Faire mieux et toujours mieux. Et rester convivial et calme avec ses collaborateurs et ses clients. Pas toujours simple. Mais une aventure si belle.




typoGabor fournissait la typo à beaucoup de magazines, Elle, mais aussi Actuel de Jean-François Bizot. Annie Krivitzky était la Directrice Artistique du magazine sous la responsabilité d’Emile Laugier Directeur de Créa. J’avais interviewé Annie sur les difficultés et le plaisir d’offcier à la maquette d’Actuel. Et puis pendant qu’on y était je lui ai demandé de mettre en page cette intervention à la manière de… cela donne ces quelques pages totalement décalé dans un magazine typo qui se voulait plutôt sage et classique. Je me souviens des grognements de Paul Gabor. Mais il accepta finalement cette intervention extérieure. Il adorait Annie qui avait été son ancienne élève à Penninghen. Cela sert la sympathie réciproque.





Et à partir de 81‑82 les magazines étaient l’occasion d’annoncer en avant première le lancement des polices américaines issues de la collection Alphatype. On ne pouvait pas réimprimer 1200 pages de catalogue de calibrage à chaque lancement. Le magazine servait alors de banc d’essai et de présentation temporaire en attendant l’insertion des nouveautés dans le typeBook que nous lancions environ tous les deux ans. Je consacrais environ 6 % du chiffre d’affaires de typoGabor au budget de la com’ de l’entreprise. C’était à la fois beaucoup et raisonnable. Un choix aussi. Nombre de mes confrères offraient des cadeaux de fin d’année « très significatifs » à leurs clients. J’avais fait l’impasse sur ces pratiques assez toxiques et je préférais investir dans la com de typoGabor. Cela me semblait plus vertueux et plus pérenne.









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l’Histoire des Magazines typoGabor N°6 | La Calligraphie | Albert Boton et Ed Benguiat

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.

« TypoGabor présente » N°6 | La Calligraphie |
Albert Boton et Ed Benguiat | Janvier 1983

Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typographiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’AlphaType. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre.

Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois. « typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats.

Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). TypoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 ans. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques. Le magazine littéraire de typoGabor était né.

Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.
L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh.

Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».

Nous sommes en janvier 1983. typoGabor vient de renaître de ses cendres. En effet c’est peu dire que nous revenions de loin. Début 1980 la Maison était au bord du dépôt de bilan. Tous les indicateurs étaient dans le rouge. Les machines Berthold étaient systématiquement en panne un jour sur deux. Les techniciens de Berthold défilaient quotidiennement sans pour autant être capable de stabiliser la situation. Parallèlement nous sortions d’une crise sociale difficile. La CGT du livre s’était mis en tête d’avoir « la peau » de l’entreprise. Sans raison valable.

C’est seulement une vingtaine d’années plus tard que j’ai eu la fin mot de cette histoire. Je m’étais fait un ami à San Francisco lors d’une réunion du Seybold Report. Et plus tard en 1995 il m’avoua que la CGT n’avait rien contre typoGabor. Juste qu’ils voulaient faire un exemple dans la profession. Ils étaient mal tombés. J’ai toujours été un combattif et d’être né dans un pays communiste (la Hongrie) m’avait donné une culture des luttes syndicales qui dépassaient de loin ce qu’on apprend en sociologie à René Descartes (3 ans d’études).


Nous sommes donc enfin sur le bon chemin. L’outil de production Alphatype ayant remplacé avantageusement les Diatronic de Berthold, nous lancions un programme de communication annuelle qui débordait d’inventivité et de présence dans les agences de publicité. Ici une couverture entièrement calligraphiée par Albert Boton. Lui avais donné ce texte un peu grandiloquent mais qui résumait bien la foi que nous avions dans l’avenir des technologies numériques. Au point d’ailleurs que Berthold s’était mis en tête de racheter la société Alphatype pour proposer les mêmes technologies à leurs clients.

Quand une société de 3500 salariés commence à imiter ta stratégie, tu comprends alors que tu n’es pas complètement fou. Me souviens d’un déjeuner homérique où le patron de Berthold France m’invite pour m’annoncer avec fierté le rachat d’Alphatype par sa société et leur intention d’effacer toutes les dettes de typoGabor sur la maintenance désastreuse des Diatronic: « Vous comprenez Monsieur Gabor, avec tout l’argent que nous avons fait grâce à vous… » Je n’étais pas peu fier… les aventures rocambolesques des chefs d’entreprise. Époustouflant.

Voici le Modern ITC dessiné par Edward Benguiat que j’avais rencontré plusieurs fois aux Assemblées Générales de l’ATYPI. Devenu un ami depuis. J’aurais tant de choses à raconter sur Ed Benguiat. Me souviens d’un déjeuner formidable à trois, avec Paul Gabor. Nous avons évoqué la carrière de l’un et de l’autre. Je buvais du petit lait. Avoir eu la chance de connaître les monstres sacrés de nos métiers. Sans doute un des privilèges de ma longue expérience. Mais pas que. J’ai pendant longtemps préféré la compagnie des « hommes d’expérience » que de « jouer » avec les gens de mon âge. Un besoin inné et récurent d’apprendre et encore d’apprendre. Et aujourd’hui bizarrement c’est le contraire qui se passe. J’apprends plus des jeunes que des gens de mon âge. Un besoin vital.

Le Modern ITC est une Transitionnelle (merci Jonathan) classique (Vox l’aurait appelé Réale). Ce qui en fait une police novatrice se trouve inscrit dans la charte de la création de tous les ITC. Des jambages résolument courtes pour permettre de composer des textes avec un œil assez grand et sur-interligner à volonté selon le rythme désiré. Ce qui n’était pas le cas avec les didots classiques aux jambages interminables.

Je connaissais Albert Boton depuis qu’il avait rejoint le studio Hollenstein. Plus tard je l’ai rencontré encore à l’Agence Delpire. Puis à Carré Noir. Nous étions devenus assez vite de grands amis. Puis un jour je lui demandé de participer au programme du Centre de Création Typographique que j’avais créé avec Paul Gabor. Il nous dessina son magnifique Boton… Ici donc un interview du grand Albert. Que j’ai voulu d’abord éclairer par son amour de la musique et de la haute fidélité « ésotérique ». Il faut non seulement regarder le travail d’Albert Boton, mais aussi l’écouter parler. Son phrasé, le timbre de sa voix, un peu texan, sont à eux seuls le témoignage d’une sensibilité à fleur de voix. Je crois qu’il caresse les mots, comme il caresse les lettres. Une unité parfaite. Il est à lui seul un être multimédia, audio-visuel. Dans la suite de l’article on découvre les innombrables logos qu’il dessina au long de sa carrière. Un plaisir sans cesse renouvelé.

Ici sur cette page des exemples de Calligraphies de Claude Mediavilla. Dont j’ai déjà fait mention dans ce blog ici.

Il y a quelque chose de « bizarre » dans le texte ci-dessus qui illustre la page des Baskerville ITC. Nous y évoquons quelques pages du Chien des Baskerville de Sir Conan Doyle. Était-ce une prémonition ou pas ? Toujours est-il que la littérature fait brusquement irruption dans un magazine typoGabor présente, alors même que nous ne savions pas encore qu’un jour de 1986 j’allais inventer la formule des magazines littéraires et typographiques. Sans doute une appétence, une envie refoulée de m’approcher de la littérature.

Penta. Là aussi prémonition. Je ne peux pas expliquer autrement la présence de cet article. J’ai rencontré Yves Droucpeet qui dirigeait la Photogravure Penta, grâce à une responsable de la Fabrication de Carré Noir. J’y ai découvert non seulement un métier dont je ne connaissais que le versant noir et blanc, mais surtout la numérisation en marche de ce métier qui ne voyait pas non plus encore l’arrivée des Macintosh et du Postscript. Cependant, à l’instar de typoGabor ils avaient senti le vent tourner et avaient investi sur des machines lourdes, du Crossfield, si ma mémoire est bonne. Avec une multitude de Disques durs Control Data. Imaginez. Là où un seul disque dur de 300Mo suffisait pour six mois de production de texte en photocomposition, il fallait quasiment un disque dur par image dans une photogravure numérique. Vous le savez bien, aujourd’hui il n’est pas rare d’ouvrir ou de créer des images qui font 500Mo. Cela ne représente plus grand chose. Mais à l’heure de la naissance du numérique, scanner, corriger et flasher une image, une page en numérique demandait des investissements incroyablement lourds. Me souviens qu’Yves Droucpeet me parlait d’une douzaine de millions de Francs pour une unité de production du coté de la rue de Sèvres. Là où nous avions nous investi seulement 1,2 million pour nos unités de photocomposition. Tu fais la même chose aujourd’hui sur un MacBookPro, un bon scanner ou mieux un appareil photo numérique. Tu n’as plus besoin de scanner. Tout simplement. C’était il y a 33 ans. Loi de Moore oblige.

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