l’Histoire des Magazines typoGabor N°7 | Le Monde Numérique

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.

« TypoGabor présente » N°7 Le Monde Numérique

Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typographiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.


« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 an. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques.

Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».

Ce n’est sans doute pas la couverture que je préfère. Le dessin n’est pas terrible, et le traitement graphique est à vomir. Mais l’intention était là. Se poser une question. Pourra-t-on un jour numériser la matière « humaine ». Bien entendu de nombreux auteurs de Science Fiction avaient décrit ce processus. J’avais dévoré ces auteurs pendant mon adolescence.

Et l’irruption du numérique dans mon secteur d’activité était comme une bouffée d’air frais dans un monde dominé jusqu’alors par la mécanique très souvent défaillante. Il faut savoir que Berthold avait choisi une technologie 2ème génération où un Schtelwerk, une sorte de boîte noire en fonte, faisait monter / descendre et se faire déplacer latéralement une plaquette de caractère rectangulaire de 10 cm de coté (long). Chaque lettre exposée (pendant un millième de seconde) arrivait en face de l’objectif de la photocomposeuse pour faire la place à la suivante. La vitesse de « flashage » atteignait difficilement les 20.000 caractères heure. Alors que dans le même temps les machines qui fonctionnaient sur le principe de la lumitype (disque rotatif) permettaient d’atteindre des vitesses 2 à 3 fois supérieures.

L’arrivée d’Alphatype avec le principe de numérisation des polices nous a fait sauter d’un bond gigantesque. L’on pouvait désormais « flasher » à près de 100.000 caractères / heure et nous avions installé deux de ces appareils dans l’atelier. Nous venions de nous lancer dans l’espace intersidéral de la vitesse (toute relative pour l’époque). La productivité a toujours été au cœur des inquiétudes des industriels, fussent ceux de services de composition. Mais le fait est, que lorsqu’on choisissait la marque d’un matériel, on était poings et mains liés pour le Front-end (les écrans de travail) et le Back-end (les flasheuses et les polices de caractères spécifiques à chaque marque).

Il faudra attendre l’arrivée tragi-comique et miraculeuse du Postscript pour enfin se dégager de ces contraintes de systèmes propriétaires. Tragi-comique parce que si la profession des compositeurs n’a pas survécu à cette révolution, ça n’était que le début d’une remise en question de toute l’industrie du service (tertiaire). Bientôt tous les métiers allaient être touchés pour arriver aujourd’hui à l’expression d’ubérisation de la société. Disons que le métier de photocompositeur a été la première à se faire ubériser en 1989 et que personne alors ne s’inquiétait des conséquences de cette révolution étendue à toutes les pratiques professionnelles.

L’article ci-dessus se termine par la phrase «Demain, il n’y aura plus de communication, que pointue, précise, bien ciblée». Me trompais-je ? Fier d’avoir écrit ce long texte (cliquez pour zoomer) qui résume la relation entre les typographes et les Agences de Publicité.

Un très bel article en hommage à un viel ami de la famille. José Mendoza y Almeida. Il travailla pour Roger Excoffon sur les caractères de l’Antique Olive, Nord Compact, et fut le créateur du Photina, grande commande de la fonderie Monotype sous la direction artistique de John Dreyfus. Dix ans de travail assidu pour créer une des plus belles séries de caractères qu’on n’ait jamais vu.

Un magnifique texte d’Andrée Simons peu de temps avant qu’elle mette fin à son existence si précieuse pourtant.

Publié dans Formation et méthodo, Méthodologie, Ouvrages et Expressions, Production Graphique, Typographie de magazine, Typographie et typographies | Commentaires fermés sur l’Histoire des Magazines typoGabor N°7 | Le Monde Numérique

l’Histoire des Magazines typoGabor | N°3 La Typo Américaine digitale à Paris

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye:
« TypoGabor présente »

N°3 | La Typo Américaine à Paris


Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typographiques sous l’égide de Peter Gabor.
Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.
« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24/24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 ans.
Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques. Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.
L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : «Le style n’est pas une danse mais une démarche».
 
 



• à chaque sortie de magazine, le plaisir d’offrir à voir des nouveautés d’une qualité de dessin et de composition très performante. Il faut savoir qu’ITC avaient conçu un programme de création spécialement pour la publicité et la Presse. Burns qui avait longtemps séjourné dans le Composing Room à New York, savait qu’un des soucis majeurs étaient la hauteur d’œil et la hauteur des jambages montants et descendants. La Publicité avait besoin de confort de lecture (un œil plus grand) mais aussi de pouvoir jouer plus facilement sur les interlignages. Or beaucoup de polices parmi les Old Style, présentaient des contrastes bien trop importants à ses yeux. Goudy, Caslon, Garamond etc. Et même le Futura de Paul Renner dont les jambages originaux étaient interminables. C’est ainsi qu’il fut décidé au sein du Board d’ITC de promouvoir un standard de rapport «hauteur de x/X» adapté à un marché en évolution.






• j’ai toujours été fasciné par la créativité dont sont capables les jeunes qui fréquentent les écoles d’art. C’est là une de mes passions, et dès le début des années 80 j’ai privilégié cette exposition des jeunes talents pour démontrer l’inénarrable possibilité des jeunes à imaginer, à remettre en question, à expérimenter. Et c’est au sein de l’ESAG où j’enseignais en Master 1 (4ème année) durant treize ans que j’ai puisé cette merveilleuse versatilité. Plus récemment, en prenant la direction de l’école e-artsup j’ai eu la chance de recommencer cette expérience de partage, ce que je continue de pratiquer quotidiennement sur ma page Facebook.






• il nous a fallu un certain temps pour digérer les 1000 polices de caractères qu’Alphatype nous avaient expédié de Chicago. Les inventorier, commencer à les tester, entreprendre une vaste remise en question systématique des approches de pairs standards grâce au travail de Serge Cortesi. Un travail titanesque…de fourmi. Mais le résultat était au rendez-vous. Les clients, les innombrables directeurs artistiques reconnaissaient la qualité de nos compositions. J’en connais encore beaucoup qui s’en souviennent.





Publié dans Formation et méthodo, Ouvrages et Expressions, Production Graphique, Typo | Histoire, Typographie et typographies | Commentaires fermés sur l’Histoire des Magazines typoGabor | N°3 La Typo Américaine digitale à Paris

L’histoire des magazines typoGabor | N°1 American Type Collection

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye:
Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typographiques sous l’égide de Peter Gabor.
Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’AlphaType. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois. « typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24/24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 ans. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques. Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.
L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.
Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : «Le style n’est pas une danse mais une démarche».


Magazine «typoGabor présente» de novembre 1980 où il est question du lancement de la collection digitale des caractères de photocomposition de typoGabor. Technologie Alphatype.




• Si vous cliquez sur cette page, vous pourrez lire mes prévisions en bas de la deuxième colonne sur l’avenir du monde numérique tel que je l’imaginais. De fait la seule chose que je n’avais pas prévu tient en deux mots: marketing de masse. Le Mass Market a démocratisé les outils, à un point inimaginable à ce moment précis de l’histoire des technologies. Il faut savoir que les machines Alphatype que nous avions fait venir de Chicago coûtaient au bas mots environ 1,2 millions de FF. ce qui équivaut à un système de composition de texte à 163.000 €uros. C’est du lourd comme dirait Fabrice Luchini.





Publié dans Typographie et typographies | Commentaires fermés sur L’histoire des magazines typoGabor | N°1 American Type Collection

l’Histoire des Magazines typoGabor | N°2 | Allan, Lubalin, Benguiat

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye:

« TypoGabor présente »

N°2 | Allan, Lubalin, Benguiat

Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typographiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.

« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24/24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 ans.

Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques. Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : «Le style n’est pas une danse mais une démarche».

 

 


Où l’on voit que les textes sont assez dithyrambiques: mais le fait était là, typoGabor offrait pour la première fois sur le marché parisien un choix de caractères de composition inédit jusques là. Cette culture du choix nous venait sans doute de la première phase de développement de l’entreprise. Nous avions commencé comme un studio de Titrage. Or sur ce créneau de marché le choix typographique était l’un des facteurs de réussite. La qualité de composition en était son parfait complément.
Quand j’ai découvert le système Alphatype à Bruxelles (après avoir vu l’info dans la revue CARACTÈRE), j’ai tout de suite saisi la novation qu’il nous apportait. Cette fonderie, ce fabricant de système de composition situé à Chicago, proposait non plus d’acheter les polices, mais de nous louer leur typothèque moyennant des redevances annuelles et une mise à jour quasi mensuelle. C’était bien moins onéreux que l’achat des polices Diatronic de chez Berthold. Ce fut une révolution dans les Agences de Publicité. Une avalanche de choix typographique de composition de texte. Du jamais vu auparavant à Paris. Ceci explique donc le style de communication assez «boy scout» je dois reconnaître. Mais nous vivions cela avec une passion démesurée.


où l’on voit illustré les technologies que nous avions fait venir de Chicago. Front-end, Back-end. Les écrans de saisie, les photocomposeuses digitales qui composaient avec une définition de 5200 dpi (dot per inch), une prouesse technique. À gauche dans l’image l’on voit les unités de mémoires Control Data qui contenaient 300Mo de volume de texte. Et les unités de composition juste à côté. Tout le système était doublé en Sauvegarde miroir (style RAID) afin de ne jamais interrompre la production en raison d’une panne quelconque.

 


Ici l’on montre l’activité du Studio Gabor que Paul Gabor dirigeait pendant que je développais l’atelier de composition. Bien sûr que j’étais souvent frustré. Si j’avais eu le choix, je crois que j’aurais préféré travailler à développer le studio de graphisme. Mais les responsabilités étaient telles qu’il m’était impossible de me couper en deux. Paul m’appelait très souvent pour me demander mon avis sur les créations, et je dois avouer que notre collaboration était marqué du sceau d’une complicité sans faille jusqu’à 1986. Rien ne sortait du Studio que nous n’ayons Paul et moi discuté, corrigé ensemble. Ma frustration était plus du coté de la réalisation. Il fallait déléguer, là où j’aurais sans doute préféré réaliser moi-même.


Nous étions les premiers à recevoir tous les caractères ITC qui sortaient à New York. Parce que Alphatype en optant pour la technologie digitale s’était détachée des contraintes de fabrication très lourdes des polices de 2ème génération. Les dessins d’ITC fournis à Alphatype étaient directement numérisés, complétés avec un programme d’approches et de kernings, et immédiatement envoyés à tous les clients de la firme de Chicago dans le monde entier. Berthold, ou Compugraphic avaient besoin de plusieurs mois de travail assidu pour diffuser les mêmes polices fabriquées de façon photographique et traditionnelle.

Publié dans Ouvrages et Expressions, Production Graphique, Typo fonderies, Typographie de magazine, Typographie et typographies | Commentaires fermés sur l’Histoire des Magazines typoGabor | N°2 | Allan, Lubalin, Benguiat

Logo Société Générale | Interdit d’entrer

#Logo #SociétéGénérale. #Société #Générale #Interdit #Interdit_d’entrer

Ou comment un établissement bancaire peut au travers de son logo dévoyer totalement sa mission. Je ne vais pas faire ici la liste de toutes les banques françaises ou étrangères. J’avais déjà consacré un article à la naissance de ce logo en 2006 je crois… (http://bit.ly/1LK90Ps) et Dominique Grosmangin qui avait dirigée la refonte du logotype et de la marque de la Banque, m’avait répondue ici (http://bit.ly/24tbhdj). Certains parmi vous comme Aaron Levin peuvent apporter leur témoignage avisé au déroulement de cette aventure professionnelle.

Je ne vais donc pas revenir sur l’histoire et toute l’analyse que j’en avais fait à cette époque. Cf mon blog sur les liens indiqués <http://bit.ly/1LK90Ps> & <http://bit.ly/24tbhdj>.
Mais voilà. Cela fait depuis longtemps que je voulais revenir sur la refonte de la refonte de cette marque. Sur l’idée absolument sotte et grenue d’avoir sorti précisément le logotype du carré rouge et noir symboles de force et de germanisme. Vous vous souvenez qu’à l’époque j’avais cru que la création de cette nouvelle image était destinée à abandonner à terme le mot SOCIETE, sans accent comme le précise. Dominique Grosmangin) Pour ne garder uniquement que le substantif GENERAL. Au même moment il y avait des négociations entre la banque française et la banque Belge s’appelant La Générale, «négos» qui avaient échoués.
Mais voilà. Que se passe-t-il dix ans après mes premiers posts sur le sujet. La Banque Société Générale se trouve affublée d’un panneau de signalisation qui équivaut à un sens interdit. N’entrez surtout pas. Il n’y a personne ici pour vous parler, vous recevoir. D’ailleurs, l’opacité blindée de la porte d’entrée est là pour nous rappeler qu’il ne s’agit plus d’un lieu amical où l’on peut venir demander des conseils à des experts en placement, en finance ou tout simplement en crédits d’investissement. Circulez. Il n’y a rien à dire, ni à voir. Sens interdit. Allez donc vous connecter à notre banque en ligne et laissez nous robotiser, et licencier tout le personnel des guichets dont nous n’avons que faire. Votre argent travaille, pour nous. La Banque. Et cette porte que vous voyez là, et ce logo que vous discernez ici, sont là pour nous rappeler la mutation numérique du monde de la finance qui n’a plus que faire d’un commerce de proximité. Le Village est devenu Global grâce à McLuhan et la Société Générale vous dit « it’s closed » « do not enter ». It is not for You.
Alors qu’est-ce qu’un logo, qu’est-ce qu’une image de marque. À quoi ça sert ? À quoi ça a servi. Fédérer est sans doute le mot qui revenait le plus souvent dans la bouche des publicitaires et des designers. Fédérer les usagers-consommateurs autour de l’image d’une banque sympathique, accueillante et «près de chez vous»Une image de marque servait à venir affirmer des valeurs, de service, de qualité et de confiance. Deux révolutions sont passés par là pour détruire des années de labeur des designers.
_
_
1— Les crises financières successives dont la dernière de 2008 a eu des conséquences dévastatrices sur la planète toute entière.
2— La digitalisation ou numérisation, à marche forcée des établissements financiers. Plus de bourse, plus de salles de marché, plus d’agences, plus de conseillers. Des algorithmes et du Big Data. Et des Flux à Très Haute Fréquence. La Banque a cessé d’être ce lieu magique où l’on pouvait encore négocier son avenir et convaincre un être humain du bien fondé de ses projets.
Sens Interdit. N’entrez pas dans cette Banque, car elle n’existe plus. Ce coin de rue, ce panneau sens interdit, ce symbole Rouge et Noir traversé horizontalement par un trait blanc signifie sans conteste une image négative, celui d’un passage interdit, d’un lieu interdit, d’une voie interdite, d’un SENS interdit.

Est-ce là un symptôme ou un Saint-Homme comme dirait certains de mes connaissances, en tous cas voici venir un monde merveilleux où il va être essentiel de trouver du sens.

© peter gabor | https://twitter.com/petergabor | https://www.facebook.com/peter.gabor

::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::::
Publié dans De la Modernité, Les Logos, Opinions et Im-pertinences, Typographie et typographies | Commentaires fermés sur Logo Société Générale | Interdit d’entrer

Une Creative Jam associée à un Adobe Summit spécial France = Adobe Creative Meetup

C’était le 3 décembre 2015. Adobe France a rassemblé lors d’une Creative MeetUp exceptionnel un panel de graphistes, étudiants, des spécialistes de la formation et des artistes divers du design numérique. Nos amis d’Adobe se sont surpassés pour nous présenter façon Adobe Summit de Los Angeles les dernières nouveautés qui sont en train de révolutionner le concept même de travail collaboratif et nomade. En effet avec le développement des logiciels sur mobiles et surtout pour les iPad et iPadPro, nous voyons arriver une nouveau flux de production qui permet à chaque instant de faire avancer sa créativité et permettre grâce à la porosité du Cloud de démarrer un travail là pour le terminer ici. Grâce aux fonctions des tablettes/touch, les menus contextuels s’affinen t et deviennent de plus en plus intuitifs. On retrouve au fond le même émerveillement que nous avons éprouvé lors de l’irruption des calques dans photoshop et InDesign. J’ai fait quelques photos de cette soirée mémorable et vous donne le lien ici : https://adobe.eyedo.com/fr-FR/#!/Live/Detail/17180 pour regarder l’intégralité de la conférence et du challenge qui a réuni plusieurs écoles de design à Paris lors d’une CreativeJam très réussi.
Avec Stéphanie Saïssay, Olivier Saint-Léger, Geoffrey Dorne, Michael Chaize, Denis-Pierre Guidot, Nicolas Chaton, Jean-Baptiste Levée et de nombreux amis que j’ai retrouvé dans une ambiance chaleureuse et festive. Enjoy.

Avec Andrey Pushkarev pour la musique techno que j’adore. Pour ceux qui ne savent pas, Andrey PUSHKAREV est l’un des meilleurs DJ Techno en Europe et peut-être même dans le Monde. Il a fait l’objet d’un film documentaire formidable réalisé par Anatoly IVANOV, KVADRAT (https://vimeo.com/70724357) Photos et vidéo © peter gabor

Creative MeetUp Adobe 3 Dec 2015 from peter gabor on Vimeo.

Publié dans Typographie et typographies, Vidéo | Commentaires fermés sur Une Creative Jam associée à un Adobe Summit spécial France = Adobe Creative Meetup

Le Motion Design et la typographie inventés par Norman McLaren 1961

Discours de bienvenue de Norman McLaren by Norman McLaren, National Film Board of Canada

Publié dans De la Modernité, Design Motion, Typographie et typographies, Videos | Commentaires fermés sur Le Motion Design et la typographie inventés par Norman McLaren 1961

Colloque: Penser l’Éducation du Design Numérique | #DesignNum

Le 14 janvier dernier, nous nous sommes réunis à plus de 160 personnes dans l’auditorium de Valtech rue de Grenelle à Paris pour penser l’éducation du design numérique, avec le soutien d’Adobe France.

Ce débat et ces riches échanges animés par Olivier Saint-Léger nous ont permis, à travers des points de vue différents, de faire le tour du paysage de l’enseignement du design en France et de l’enseignement en général.

Un vif intérêt et surtout une dynamique ont été créés ce soir-là. Car le besoin de réflexion et d’action pour faire évoluer l’enseignement du design numérique est ressenti par tout le monde, enseignants, étudiants, mais aussi entrepreneurs et designers reconnus.

Un compte rendu complet ainsi qu’une vidéo sont en cours de préparation, alors restez à l’écoute !

Je tiens particulièrement à remercier tous les participants à ce débat :

Stéphane Baril, Bernard Brechet, Jacinthe Busson, Philippe Cahen, Denys Chomel, Geoffrey Dorne, Jean-louis Frechin, Etienne Parizot, Nicolas Sadirac, Remy Bourganel, Nicolas Baumgartner, Dominique Sciamma, Noelly Grondin-Devouche, Moïra Marguin.

Et aussi pour leur aide précieuse à l’organisation de cet évènement : Tatiana F.-Salomon, Sacha Quester-Séméon, Natacha Quester-Séméon, Stéphane Zibi, Olivier Rodrigues, Stéphanie Saïssay, Mathieu Bertolo.

Publié dans Formation et méthodo, Galaxie Gutenberg, Typographie et typographies | Commentaires fermés sur Colloque: Penser l’Éducation du Design Numérique | #DesignNum

Paris by Night en Moto BMW1200GS | mon premier vrai film

Après quelques petites corrections j’ai décidé de ne plus toucher à ce film.

Résumé. J’ai pris ma moto à minuit et direction Gare du Nord. Mis en route la GoPro Héro 3+ fixé sur le guidon de ma 1200 GS et en avant. Chaque rue ou place empruntées vont être signalées par une typo verticale en Helvetica Bold Condensed, couleur rouge. L’itinéraire est celui que je fais faire à un ami étranger qui découvre Paris la première fois de sa vie.
Haussmann, Concorde, Champs Elysées, Trocadéro, puis Concorde, Bd Saint Germain, Bastille et le quartier chaud de l’est parisien, autour de la rue Oberkampf et de la rue Saint-Maur. Retour chez moi à 01 h 30. Le film sera coupé et réduit au tiers du temps complet.

Puis : je m’installe devant l’ordi et commence le montage. D’abord le film, puis quand je connais déjà exactement la longueur, je commence le sound-design sur Audition d’Adobe. Choix musicaux que j’affectionne et qui rythment cet itinéraire « au bout de la nuit ». Philippe Glass, Echo Planar, la sound Techno de Andrey Pushkarev et enfin la Missa Luba tirée du film If… Qui remporta en 68 un palme d’Or à Cannes et que j’ai utilisé aussi pour un diaporama réalisée à l’époque pour les Rencontres de Lure et Gérard Blanchard (sujet : Marshall McLuhan).

Une fois la bande son placée sur la timeline de Adobe Premiere Pro, je termine le montage avec les enchainements, les placements typo et la colorimétrie pour laquelle je me suis inspiré des films de Jean-Pierre Melville qui adorait le bleu blues des nuits de New York qu’il a développé ensuite dans un film absolument génial, le Samouraï.

Mon inspiration pour ce film hésite donc entre quatre souvenirs

Celui du film de Lelouch, Le Rendez-vous, qu’il aurait tourné avec Alexandre Arcady se servant de ce qui lui restait de pellicule après le tournage d’Un Homme et une Femme

Puis le film Koyaanisqatsi. Réalisé par Godfrey Reggio en 1982, musique de Philip Glass, images de Ron Fricke, produit par Francis Ford Coppola. Je vous recommande fortement de visionner ce film précurseur du cinéma d’ethnologie planétaire

Le film If… est un film britannique réalisé par Lindsay Anderson, sorti en 1968. Il est le premier d’une trilogie ayant pour protagoniste Michael Travis, interprété par Malcolm McDowell, et qui se compose de : If…., Le Meilleur des mondes possible et Britannia Hospital. C’est le film qui m’a donné envie de rouler en moto. Définitivement. Une scène mémorable avec Malcolm McDowell qui vient de voler une Norton et traverse la campagne anglaise avec ses camarades juchés, debout sur la moto. C’est le film qui m’a révélé le Kyrié de Marc Wilkinson, tirée d’une Missa Luba que vous trouvez encore sur YouTube.

Enfin et pour l’ambiance visuelle les films de Jean-Pierre Melville qui ont sublimé la Ville par un onirisme très poétique.

À huit heures du matin, je ne sais pas si j’ai atteint mon but. J’aime Paris. Même si la ville devient de plus en plus invivable (pollution, transports etc.). Paris reste toujours une des plus belle ville du monde. Et je terminerai ce commentaire en paraphrasant mon père Paul Gabor, à qui j’ai demandé un jour la différence qu’il faisait entre la beauté de Florence, et celle de Paris.

— « Écoutes Peter, Florence se donne à son visiteur, Paris non. Paris il faut aller la chercher, la découvrir, elle cache beaucoup sa beauté, son charme. Elle ne se donne pas, c’est une inconnue qu’il faut aller prendre à son jeu de cache cache. ».

Voilà donc la dernière version que j’ai corrigée aujourd’hui et à laquelle je ne toucherai plus. Il y a tant d’autres choses à filmer, à rendre compte.

Publié dans Création plastique, Musique, Videos | Commentaires fermés sur Paris by Night en Moto BMW1200GS | mon premier vrai film

Homeland Title | le Motion Design comme Thérapie de Shock

Ce n’est pas que le générique de Homeland soit exceptionnel, mais il mérite qu’on s’y arrête. Il n’est pas exceptionnel au plan de la prouesse technique. Parce que le moindre étudiant en motion design est aujourd’hui capable d’en faire autant.

Mais penchez-vous sur le contenu. Tel le Trailer de Naomi Klein de son très célèbre Shock Terror Theorie, le « Title » de Homeland reprend tous les poncifs de la guerre invisible et de l’angoisse distillé par les médias sur la fragilité de nos société occidentales. Le générique mélange astucieusement des images d’archives allant de Bush et de Colin Powell aux plus récents d’Obama.

À propos d’Obama un effet facile mais tellement juste est l’inversion tête en bas sur un de ces discours. Veut dire, regardez à l’envers, ou écoutez à l’envers. Parce que la vérité n’est pas là où vous croyez. Je suis sûr que mon ami Arnaud Riffard (qui publie beaucoup de choses transgressives sur sa page Facebook) va adorer, tant ce petit bout de film dans le film représente toutes les peurs, tous les fantasmes de peur que l’Amérique a réussi à nous infliger depuis la fin de la guerre froide. Et si le message n’est pas encore assez clair, eh bien allez voir un Disney et la Princesse Charmante… Plus reposant et moins angoissant. Quoique, la « Psychanalyse des contes de fées » de Bruno Bettelheim peut vous faire fuir les salles obscurs aussi.

Publié dans Design Motion, Videos | Commentaires fermés sur Homeland Title | le Motion Design comme Thérapie de Shock