Naissance d’un Livre en process Gutenbergien en 2019

Je relève au passage que je découvre ce petit documentaire sur Facebook (Page d’un Ami qui n’aimerait pas que je cite son nom)… Et qu’il concerne la fabrication d’un livre dans les temps actuels. Preuve que les techniques d’impression traditionnelles (en offset, ou, en plomb) n’ont pas disparu du paysage industriel en 2019.

Birth of a Book from GLEN MILNER on Vimeo.

Je constate aussi grâce à la réflexion d’un autre ami, que c’est grâce aux technologies du cinéma numérique que nous pouvons aujourd’hui voir filmé ce mode de production qui fut inventé grâce à la pierre lithographique de Senefelder, Aloïs Senefelder qui portait le même prénom que celui d’Alzheimer. Le process ici est relativement lourd.
Photocomposition (ou flashage d’après un fichier Acrobat.pdf sous logiciel Adobe InDesign par exemple). Puis montage sur table lumineuse des films positifs qui vont servir à insoler les plaques offset. Celles-ci seront calées, et encrées par les rouleaux encreurs de la machine offset.

Que l’on dise que c’est toute une époque, je veux bien. Mais c’est surtout l’expression d’une formidable volonté de faire revivre des techniques qui auraient disparues depuis longtemps sans la curiosité, la volonté, l’acharnement de passionnés des techniques d’impression. On constatera de même que ce sera beaucoup plus difficile de faire revivre le numérique, s’il était victime d’un effondrement massif de l’industrie qui le produit.

Imaginer Apple, HP, Dell disparaître, les fabricants de HDrive de même, nous serions bien en peine alors de relire ce post que je publie officiellement en ce jour bizarre du 6 juillet 2019.

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100e Birthday of Bauhaus. Adobe with Erik Spiekermann \ Successful Tribute to the First Pluridisciplinary School

Nous étions en juin-juillet l’été dernier. Nous apprenions au détour d’un article qu’Adobe, l’éditeur de logiciels multiplateformes pour le Son, l’Image, la Vidéo, le Web et l’Animation avait décidé d’honorer le 100e anniversaire de la naissance de l’école du Bauhaus en 1919.

J’étais assez excité de savoir qu’ils ont fait appel à une vieille connaissance, Erik Spiekerman pour qui je voue une immense admiration depuis une conférence à l’ATYPI à Hombourg en 76. Je connaissais déjà son travail pour la firme Berthold (quelle école de la rigueur), mais je l’ai ensuite, et bien plus tard, re-découvert dans d’autres circonstances.

Permettez cher lecteur de vous parler ainsi de cet immense typographe que je ne connais finalement qu’au travers de nos rencontres et de ce que je voyais et entendais de sa carrière. Dans le désordre. Je l’ai revu au début des années 90 lorsque nous lui avons rendu visite à Berlin dans sa célèbre Fonderie typographique numérique, Fontshop. La collection FontFont était brillante, toute la philosophie des polices de cette collection était tournée vers le renouveau des formes d’écriture et de titrage. Un peu la suite logique de ce que Zuzana Licko, graphiste Tchécoslovaque avait entrepris en Californie avec son compagnon Rudy VanderLans en fondant Emigre Graphics, une fonderie numérique indépendante des mastodontes d’avant l’Année 89. Cette année là Adobe par la volonté de son président John Warnock lança officiellement le langage Postscript© Adobe, qui devint le marqueur du début de l’ère numérique pour tous les métiers de l’image et du son).

Je me souviens de Michel Chanaud me racontant en 2007 une anecdote savoureuse. Il croisa Erik en 1989 dans un magasin à San Francisco, et celui-ci lui donna à voir une disquette 3,5″ sur laquelle figurait son futur caractère le Meta. Michel me dit «j’ai tout de suite su que cette typo allait faire un malheur»… Et il eut raison. Donc oui, le choix d’Erik Spiekermann pour conduire cet hommage à la naissance du Bauhaus n’est ni un hasard ni une erreur, c’est sans aucun doute la plus belle chose qu’Adobe pouvait entreprendre pour donner du sens à cette aventure.

Parlons de l’évènement lui-même.

Faire renaître quelques typographies cultes de l’ère Dessau du Bauhaus avec le concours de cinq typographes chevronnés:

Céline Hurka (*1995) grew up in Southern Germany and moved to the Netherlands to study graphic design at the Royal Academy of Art (KABK) in The Hague. She is expected to graduate with a BFA in the summer of 2019. Besides her studies she works on freelance projects in the cultural field, where she combines an interest in editorial design with emphasis on type design and photography.

Graphic and type designer Luca Pellegrini (*1989 in Lugano, Southern Switzerland) first graduated as technical industrial designer in 2012. Not satisfied, he decided to study visual communication and graduated in 2016. He fell in love with typography during his BA thesis that focuses on reviving a handwritten alphabet by Xanti Schawinsky, designed in 1932. His project received top grades and an award for best thesis in graphic design of 2016. In 2017 he moved to Amsterdam for an internship at Mainstudio. The same year he made a last study effort and applied to University of Art and Design / ECAL to attend the MA in type design. Luca is now based in Lausanne, approaching the second and last year of this program.

Elia Preuss (*1992 in Bochum, Germany) grew up in the Ruhr Area. He studied communication design at Folkwang University of the Arts in Essen and concluded his studies with a BA project on type design concerning children’s acquisition of the written language in primary schools. After a year of work for the Smile agency in Essen, he applied for the type design class at HGB Leipzig, supervised by Stephan Müller and Fred Smeijers. He has been a student there since fall 2017.

Hidetaka Yamasaki (*1993 in Japan) is currently a MA Typeface Design student at the University of Reading. He has been working on typeface design since he participated in Luc(as) de Groot’s seminar at University of Applied Sciences Potsdam in 2013. His focus lies on non-native scripts, mainly Latin. From time to time he translates art and design literature from German and English into Japanese, utilizing his academic background in art history and æsthetics, including the Japanese edition of Jost Hochuli’s Detail in typography. He completed an internship at Monotype’s Berlin office in 2015, former FontShop, founded by Erik Spiekermann.

Flavia Zimbardi is a type designer and visual artist from Rio de Janeiro, currently based in New York. From 2005 to 2013 she worked for some of the leading magazines in Brazil receiving recognition by the 9 th, 10 th and 12 th Brazilian Graphic Design Biennials, and was awarded with « Magazine of the Year » by Prêmio Abril de Jornalismo. Flavia is a graduate of the Type@Cooper Extended Program at the Cooper Union, and was the first Brazilian woman to have a typeface design—her graduation project « Lygia » —awarded by the Type Directors Club. In 2018 Lygia was also selected for the 8 th Latin American Typography Biennial, Tipos Latinos.

le résultat du travail de l’équipe réuni autour de E.S. ci-dessous

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Le Projet: le couple Adobe\Spiekermann avait décidé de faire recréer des polices (de titrage essentiellement) et qu’une fois réalisées, ces polices seraient alors distribués au travers du Typekit de la CC Cloud d’Adobe permettant, et ce gratuitement, d’accéder à ces polices pour les réutiliser dans le cadre d’un concours, un contest, international. Il faut avouer que ce fut une réussite sans précédent. Intelligence + Culture font bon ménage.

1Min.30″ : c’était le «trailer» que nous avons pu entre-apercevoir en mai-juin dernier avant le lancement de l’opération. Tout ceci était gardé bien secret pour permettre à tous les candidats du contest international d’être à égalité sur la même ligne de départ.

13 minutes pour comprendre le processus créatif mis en œuvre par Erik Spiekermann

Pourquoi considérer cet évènement comme majeur dans le monde des arts appliqués?

C’est en parcourant le catalogue de 1969 d’une expo Bauhaus qui se tint à Paris du 2 avril au 22 juin au musée de l’Art Moderne, et puis le catalogue plus récent (ci-dessous vous trouverez les pages des deux catalogues) de l’exposition qui se déroula de 2016 à 2017 au Musée des Arts Décoratifs, que vous allez comprendre mon étonnement devant tant d’évidence… Permettez-moi de pas m’étendre sur l’histoire même du Bauhaus depuis sa naissance jusqu’à sa disparition. Vous trouverez ici un excellent résumé de cette narration que par ailleurs vous retrouverez à des dizaines de lieux différents sur le net.

De même cette image: magnifique illustration du propos que je souhaite vous entretenir.

Il me semble évident de rapprocher la structure même de l’enseignement du Bauhaus de la stratégie de l’offre d’Adobe dans le monde. Au Bauhaus le maître mot est la pluridisciplinarité des métiers pour grimper jusqu’au sommet du savoir faire, l’architecture.

Dans la philosophie d’Adobe, il s’agit d’apporter en somme tous les outils numériques des langages de la création. Graphisme et Design, Animation, Typographie, Montage vidéo, et Création d’Effets Spéciaux, maîtrise de la Création Sonore mais aussi des possibilités de Modéliser l’UX avec XD etc.)

Chaque logiciel, entraîne des besoins de connaissances culturels, propre aux outils, ce que j’appelle précisément la connaissance des langages artistiques, mais les outils convergent parfois et même souvent pour créer des programmes visuels et sonores où interviennent l’usage de 5 à 8 logiciels différents, sans compter les polices disponibles dans le Typekit d’Adobe CC.

Et vous pourriez me rétorquer qu’Adobe ne fournit que du logiciel… mais non. Les plateformes collaboratives comme Behance, nous rappellent que les artistes, designers, graphistes ou film-makers ont besoin précisément de confronter leurs activités avec celles d’autres créateurs, d’autres artistes. Et le Blog, et les Vidéos de formation, et les plateformes d’expérience utilisateurs, et même les «cahiers de tendance avec Adobe Stock, montrent bien une implication sur toute la suite créative de nos métiers. Il y a là une similarité structurelle entre les ateliers du Bauhaus et la magie de la Créative Cloud qui vous amène vers des destinations et des sensations toujours renouvelées.

Je ne prétends pas avoir inventé le fil à couper le beurre. Et encore moins la poudre à feu d’artifice, mais j’aime bien saisir le sens des choses. J’ai attendu presque un an avant de comprendre l’intérêt de ce magnifique projet entrepris entre Erik Spiekermann et les équipes d’Adobe aux US. Je ne le regrette pas. Il me fallait un fil conducteur. Et une bonne raison de faire ce papier. Le sens des choses. Le fait est que le numérique a remplacé nombre de gestes créatifs manuels sans pour autant dispenser les professionnels de devoir se cultiver, d’apprendre à dessiner, à cadrer, à faire de la mise en page etc. Les outils numériques que propose Adobe ne sont rien sans une solide formation, soit classique, soit autodidacte, mais exclusivement fondée sur la curiosité, l’imagination et le travail. Il est cependant évident que l’enchevêtrement de tous ces outils participe de la même complexité créative que la roue des métiers ci-dessus.

Catalogue de 1969 d’une expo Bauhaus qui se tint à Paris du 2 avril au 22 juin au musée de l’Art Moderne:

Catalogue de l’exposition de 2016 à 2017 au Musée des Arts Décoratifs

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Emigre or The Extraordinary Graphic Adventure of Zuzana Licko and Rudy VanderLans

Retour vers les débuts de Design et Typo.

L’occasion m’est donné ici de rappeler la genèse de mon blog et la passion qui me l’a fait créer.
Nous sommes en 2005 et je venais de démarrer un cours de typographie dans une école privée de design. Méthode d’enseignement très simple, la culture par l’exemple et la pratique par l’expérimentation visuelle. Roger Excoffon ne disait-il pas que nous étions des Visualistes en lieu et place de graphistes ou designers. Je questionnais mes élèves sur le sens et leur demandais régulièrement de dépasser leur perception pour imaginer un autre possible. On ne parle pas là du réel mais des possibles comme vocabulaire graphique. Très vite me suis rendu compte qu’il fallait un support à mes cours et c’était précisément la naissance des blogs depuis 2004. Dès septembre 2005 me suis pris par le clavier et commencé, non sans peine, à rédiger et mettre en scène des contenus d’un cours qui allait devenir un succès dans les années qui suivirent. Reçu l’aide de Pascal Mongénie qui avait commencé un blog du Monde.fr sur la thématique du Jazz et de mon ami de l’époque Jonathan Munn qui maîtrisait les css afin de rendre ce blog un peu plus touchy que ce que le site du Monde pouvait et peut proposer à ses lecteurs.
Et très vite je démarrais par les fondamentaux. L’histoire de l’écriture, de la lettre et parcourais les grands héros de la création graphique.

C’est donc naturellement que j’évoquais Hermann Zapf, Herbert Lubalin, Lou Dorfsman, Bradbury Thompson (Westvaco Inspirations) et bien sûr Neville Brody et David Carson. Il y avait là une progression qui convenait à certains de mes théories-lubies depuis ma fréquentation des Rencontres de Lure dès l’âge de 13 ans. La découverte des textes de Marshall McLuhan (Galaxie Gutenberg, pour comprendre les médias) n’était pas étranger à ma passion pour l’histoire des arts graphiques.

Curieusement, c’est beaucoup plus tard vers 1990 à 1993 que je découvris le travail de Zuzana Licko et Rudy VanderLans. Les raisons en sont à la fois mystérieuses et assez facile à comprendre. C’est assez tardivement que j’ai découvert les vertus graphiques des Macintosh au travers des logiciels comme Quark X-Press ou FreeHand et Illustrator. Photoshop me conquit que plus tard grâce à la version 3.0 qui nous permit de créer des calques. Et c’est précisément l’époque où des artistes comme David Carson et Neville Brody, présents déjà dans l’esprit de nombreux professionnels, vont se sentir dépossédés de leur puissance créative par les possibilités infinies des machines.

Un succès plus que mérité pour les fondateurs de Emigre.

La création typographique des fondateurs d’Emigre au contraire va connaître là le succès tant mérité puisque leur histoire a commencé bien plus tôt. Leur fonderie va renverser bien des idées reçues et la qualité de leur réalisation va les rendre incontournables dans l’univers de la création typographique.

Voici 13 ans j’émettais une théorie visuelle selon laquelle il existait deux époques majeurs dans la composition des pages. Gutenbergienne et Plasticienne. La première fonctionnait selon des structures «par apposition» et la deuxième par un système d’imbrications multiples et de calques en profondeur dans la page.
C’est donc en 2005 que déjà j’évoquais ces différenciations majeures pour comprendre le graphisme contemporain. Les mises en page de David Carson et plus tard, bien plus tard celles de Neville Brody m’ont guidé dans cette découverte. Il est donc vrai que le travail d’Emigre s’inscrit dans cette deuxième catégorie de graphisme-typographie plasticiens. Dès 1986 nous avions également à typoGabor mené ce genre d’expérimentation avec les magazines Amour Chronique et Meurtres. Dans les pages, extraites de l’Album d’Emigre vous allez pouvoir explorer cet univers tout à fait révolutionnaire qui ont permis à leur promoteur de positionner les polices créés par leur équipe à l’avant garde de la création typographique. N’hésitez pas à commenter et apporter votre point de vue.

Voici quelques articles à relire:

http://paris.blog.lemonde.fr/2005/10/06/2005_10_neville_brody_l/
http://paris.blog.lemonde.fr/2005/10/06/2005_10_lre_typoplastic_1/

L’ouvrage ci-dessous rend compte de l’extraordinaire aventure qu’ils ont connus et je ne peux que vous inviter à vous le procurer car il viendra compléter très judicieusement votre bibliothèque de designer.
































































 

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Pablo Picasso vu par Serge Lutens | Le déclic de la Création | La Première fois

 

LA PREMIÈRE FOIS | UN INTERVIEW DE SERGE LUTENS

Et puisqu’on parle de nativité, me suis posé la question de ce qui pousse les artistes, les peintres, les graphistes, les designers à pencher vers leur métier de créateurs (cela vaut aussi pour les musiciens). Alors je me suis souvenu de cet interview que j’avais réalisé en 2007 d’un immense créateur, Serge Lutens. Et d’un seul coup il s’est lâché. Sur le centenaire des Demoiselles d’Avignon. Bon quand il parle des «boniches» c’est limite de la misogynie. Ce qu’il n’est pas et bien au contraire. Je peux vous l’assurer. Mais à l’époque, en 2007 on pouvait encore traiter les gens de cons, sans que cela ne soulève des «bronca» médiatiques.

Bref vous allez re-découvrir le tableau de Pablo Picasso, et la voix de Serge Lutens. Prise de son Jean-Charles Baudot.

C’est aussi sans doute une de mes premières ITV et c’est là que j’ai pris plaisir LA PREMIÈRE FOIS* à cet exercice que je continue maintenant de façon plus régulière.

*Pas tout à fait la première fois. J’avais interviewé Hermann Zapf en 1984 à Darmstadt avec comme interprète Fernand Baudin.

 

L’inégralité du dossier Serge Lutens ici

 

 

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Pascal Hierholz | Interview d’un Artiste qui voyage

Une Interview de Pascal Hierholz | Directeur de création, peintre, illustrateur, voyageur, polyglotte par Peter Gabor pour Design et Typo / novembre 2017 © tous droits réservés Une rencontre improbable. Voici quelques années. J’ai eu le plaisir de retrouver le jeune homme que j’ai connu Directeur artistique chez Havas, alors que je dirigeais typoGabor. En fin d’Interview, un court extrait du CV (très chargé) de mon ami Paisi (c’est désormais ainsi qu’il se nomme à DJAKARTA où il continue sa carrière).

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Monotype | Éditeur historique de Polices de Caractères


#monotype @Monotype

Pourquoi tant de haine contre les éditeurs historiques de la typographie mondiale. À partir de 1990 la plupart des grandes fonderies de caractères (et fabricants de machines à composer) ont fait faillite, de même que leurs clients. J’ai perdu personnellement sept millions d’euros et du recommencer une carrière à zéro. Est-ce que j’ai de la haine pour Monsieur Warnock ou Monsieur Jobs? Non. Je préfère mourir. Curieux de tout plutôt que de regretter cette aventure humaine sans précédent depuis l’invention du caractère mobile de Gutenberg en 1452.

J’ai vu les plus grands créateurs typographes du monde, dessiner sur calque et reporter sur carte à gratter. Retoucher, gratter avec non pas des exactos mais des bistouris de la marque Stanley. José Mendoza a mis dix ans pour terminer la série des Photina pour la Monotype et John Dreyfus (qui fut le digne successeur de Stanley Morison) a accompagné cette création entièrement faite à la main.

Oui Monotype a racheté toutes les polices et tous les droits détenus par des fabricants comme Berthold, Agfa, Bobst, Nebiolo, Linotype, ITC et Letraset etc.

ILS CONTINUENT DE PROMOUVOIR LA NOUVELLE CRÉATION EN DONNANT LEUR CHANCE AUX JEUNES CRÉATEURS D’ÊTRE CONNUS DANS LE MONDE ENTIER.

Les prix? Ils se sont effondrés, sous la pression d’un marché saturé d’originaux et de revivals.

Comme je le disais déjà à plusieurs reprises, j’ai infiniment plus de respect pour les créateurs qui s’amusent avec la typo que pour ceux qui s’essayent à des grandes séries de revivals qui n’ont d’autres intérêts que de polluer encore un peu plus les catalogues du monde entier.

Chacun est libre. Peut-être que si j’en avais la force et l’énergie, je m’attaquerais à ce genre de production. Ce serait juste pour prouver mon savoir faire, pour en recueillir les vrais fruits, et pouvoir réaliser des caractères d’entreprises. Car là, oui, il peut y avoir de vrais besoins, qui partent souvent d’ailleurs d’un logo, d’un dessin original pour ensuite se décliner en alphabet originaux pour l’entreprise qui en a passé commande.

Je me sens infiniment moins frustré de la survie de Monotype que de voir des centaines de caractères «déjà vus».

Si je devais aujourd’hui témoigner d’une quelconque frustration ce serait de voir que les prix des polices, fabriqués aujourd’hui avec des logiciels qui coûtent moins de 1000€ quand ils ne sont pas gratuits, coûter aussi cher, voire plus, que des polices qui ont été dessinés et fabriqués à l’aide de process industriels autrement plus coûteux. DES PRIX PROHIBITIFS COMPTE TENU DU COÛT RIDICULEMENT FAIBLE DES PROCESSUS D’AUJOURD’HUI, QUE CELA SOIT DIT ET RÉPÉTÉ.

AMEN

 

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Histoire de l’Écriture Typographique | Éditions Perrousseaux | Sous la Direction de Jacques André

Il y a longtemps que j’aurais du publier cet ouvrage que m’a confié Jacques André à cet effet. Mais je n’ai pas pu, pour des raisons personnelles dont je me suis largement expliqué à ce dernier ainsi qu’à Frank Adebiaye qui est venu m’interviewer chez moi pour ma contribution au monde de la typographie des années « PhotoTitrage et Photocomposition ». Me souviens également de la venue chez moi de Thierry Gouttenègre qui m’avait longuement cuisiné sur la transition entre les lettres transfert et le phototitrage.

Il n’est pas dans mon intention de faire ici l’exégèse de cet immense ouvrage. Exhaustif tant dans l’historique des évolutions techniques, technologiques et artistiques. Les intervenants qui ont contribué à la rédaction du livre ont fait là un travail considérable car ne voulant rien omettre de l’aventure d’un métier qui aura traversé le plomb, la lumière et le numérique pour nous permettre aujourd’hui d’utiliser toutes les polices du monde sur n’importe quelle machine, n’importe quel ordinateur.

Ce n’est pas non plus aujourd’hui que je vais me fendre de ma propre histoire, dans cette affaire qui aura remué un quart de siècle de ma carrière et sans doute plus si l’on peut considérer que d’une manière ou d’une autre une fois que le regard s’est mis en mouvement, il est difficile d’arrêter notre sens de l’observation sur tout ce qui a un rapport au signe et à ses usages.

Bien, une fois que j’ai dit tout le bien que cet ouvrage mérite que l’on en dise, me permettrais-je juste de regretter une mise en page un peu bâclée qui ne donne pas toujours la dimension du travail accompli par les auteurs. Mais en même temps, on mesure l’ambition de l’éditeur, qui a voulu « balayer » l’ensemble des registres professionnels qui ont œuvré à l’accomplissement de cette aventure.

Entre temps, cette encyclopédie a eu le bonheur de remporter en juin 2017 le Prix du Meilleur Livre en Graphisme décerné par le FILAF (Festival International du Livre d’Art et du Film). Je pense que ce Prix est largement mérité eu égard au travail documentaire accompli et que je ne vais pas chipoter pour mon goût d’une mise en page plus rigoureuse et plus lisible. Voire plus élégante.

Les sources directs et autres renseignements pour trouver l’ouvrage sont disponibles chez l’auteur.

Ainsi que chez Amazon ici

Mode d’emploi sur les images reproduites du livre.

Vous pouvez cliquer sur n’importe quel page, un nouvel onglet s’ouvre avec une taille suffisante pour observer les détails les plus menus qui peuvent vous intéresser. Un mode de navigation moins sophistiqué que la plupart des lecteurs qui allient zoom dynamique et feuilletage style pdf (issue). Mais peut-être plus pérenne quant au codage des sites.

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La formation classique | Il n’y a que ça | extrait du Cave se Rebiffe

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Étudiants, l’avenir à crédit | L’institut Montaigne préconise d’accélérer le processus de privatisation des Études Supérieures


«En même temps»…

Le processus de Bologne a ouvert la boîte à Pandore de l’industrialisation et la privatisation de l’enseignement supérieur. 16 millions d’étudiants en 1965, 200 millions au passage du Processus de Bologne en 1999-2001 et on prévoit déjà 400 millions d’étudiants dans le supérieur pour dans moins de quinze ans.
Une manne pour les fonds de pension et la spéculation financière dans un domaine qui devrait au contraire rester réservé au service public, c’est-à-dire à un État social et respectueux de l’avenir des jeunes.

Les jeunes du monde entier s’endettent pour une course folle pour décrocher des diplômes qui dans un contexte néo-libéral et de désindustrialisation des pays du Nord crée le chômage de masse d’une population qui doit se satisfaire du seul secteur qui reste, celui du tertiaire.

Que l’institut Montaigne désigne le secteur numérique comme porteur n’est pas étonnant, le bon sens près de chez vous (vieux slogan du Crédit Agricole)… Mais qu’il promeut, d’abord l’indépendance des Universités pour accélérer la privatisation de ce secteur en dit long sur l’inconscience dont il fait preuve dans les prévisions économiques et sociales.

Les économistes atterrés le dénoncent depuis 2013-2014. Le néo-libéralisme, c’est à dire un capitalisme financier qui se déconnecte du réel, n’a cure des conséquences désastreuses pour les familles des classes moyennes, qui se sur-endettent pour juste acheter le rêve d’une emploi assuré à la sortie des écoles. Et là on a juste envie de leur crier… foutaises.

Les lobbies financiers se moquent éperdument de l’avenir des classes moyennes et des peuples en précarité. Va pour les diplômes, puisque c’est la nouvelle manne financière. Mais la Casse Sociale va être à la hauteur des emprunts et des déficits d’emplois.

Vous croyez que les médias traitent de ces sujets? Oui bien sûr. Mais pour cela il faut regarder ARTE et non BFM ou CNews. Quant à Ruquier ou Hanouna, n’en parlons pas. On n’a pas encore besoin de diplôme pour faire le guignol de la Société du Spectacle.

Sources: article du Monde:
http://abonnes.lemonde.fr/campus/article/2017/06/28/ce-que-propose-l-institut-montaigne-pour-que-l-universite-francaise-ne-rate-pas-la-revolution-numerique_5152107_4401467.html

Documentaire diffusé sur ARTE
http://boutique.arte.tv/f11743-Etudiants_avenir_credit

Analyse pertinente de notre société du Spectacle par Guy Debord.
La Société du Spectacle.

#Étudiants, l’avenir à crédit | L’institut #Montaigne préconise d’accélérer le processus de #privatisation des #Études #Supérieures

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Concours Adobe Exclusif: recréer «Le Cri» de Munch à l’aide de ces pinceaux. Un Cri, un Défi.

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Les grandes œuvres d’art traversent le temps et continuent d’inspirer les créatifs plusieurs siècles plus tard. Au fil des années, les musées ont préservé avec soin les outils, souvent tenus hors des regards, utilisés pour créer ces chefs-d’œuvre. Mais que se passe-t-il lorsque ces objets jalousement conservés reprennent vie entre les mains des artistes numériques d’aujourd’hui ?

Le 15 juin, Adobe a annoncé une nouvelle campagne innovante, baptisée «The Hidden Treasures of Creativity» (Les trésors cachés de la créativité), destinée à préserver sous forme digitale les brosses plus que centenaires d’un artiste emblématique, Edvard Munch, afin d’inspirer une nouvelle génération d’artistes peintres. En collaboration avec le musée Munch d’Oslo et le célèbre créateur de brosses Photoshop Kyle T. Webster, Adobe a créé une réplique digitale de sept pinceaux originaux de Munch avant de les mettre à la disposition des utilisateurs de Photoshop du monde entier. Ces outils révolutionnaires seront disponibles en téléchargement depuis Adobe Photoshop à partir du 15 juin.

Pour en savoir plus sur l’utilisation des reproductions digitales des brosses de Munch afin de créer vos propres œuvres, le public pourra visionner la série de livestream proposée par Kyle T. Webster sur le thème de la peinture numérique du 20 au 22 juin.

Adobe organisera également du 15 juin au 14 juillet un concours invitant les utilisateurs de Photoshop à créer leurs propres versions du plus célèbre tableau de Munch, «Le Cri» à l’aide de ces pinceaux exclusifs. Les lauréats auront le privilège de voir leur œuvre exposée au musée Munch d’Oslo.

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