Arrobase ou Arrobe | l’origine du signe @ [at] (reloaded)

J’ai trouvé cette étude des plus complètes sur le site de http://hapax.qc.ca/ . Je prie les auteurs de ce billet de m’excuser car j’ai fait un petit copier coller où j’ai essayé un peu de remettre leur texte en ordre de lecture. Cela dit je trouve vraiment intéressant de rappeler que ce signe ‘@’ nous vient du XVe siècle. Preuve s’il en faut qu’Internet depuis le début fait référence à Gutenberg. En ce sens les administrateurs du web ont repris la tradition moderne des acteurs de la photocomposition d’utiliser la terminologie typographique établie de longue date. Le débat est ouvert, n’hésitez pas à poster vos commentaires.

Pourquoi l’ISO/CEI 10646 appelle-t-elle le signe @ une arrobe ?

Résumé: pour les gens pressés

Parce que c’est le nom traditionnel français de ce caractère, comme l’attestent plusieurs sources typographiques.

L’arrobe — une mesure de poids

L’arrobe est un terme bien attesté en français, il désigne une unité de poids espagnole (cf. le Trésor de la langue française informatisé) :

AROBE, ARROBE, ARROBA, subst. fém.
Ancienne mesure de poids (variant de 11 à 15 kg) et de capacité (valant de 10 à 16 litres), encore usitée en Espagne, au Portugal et dans plusieurs pays d’Amérique latine.

PRONONCIATION ET ORTHOGRAPHE
1. Forme phon. : [aR?b].

2. Forme graphique. : Robert, s.v. arobe avec un seul r renvoie à arrobe avec 2 r., Larousse encyclopédique enregistre parallèlement arobe, arrobe ou arroba; Quillet 1965 arrobe ou arobe.

3. Histoire : arrobe dans Dictionnaires de l’Académie. 1798-1878, Littré arroba ou arobe dans Complément du dictionnaire de l’Académie de 1842; arobe ou arrobe dans Bescherelle 1845, Guérin 1892 et Petit Larousse 1906; aroba ou arroba dans Larousse du XIXe siècle et Nouveau Larousse illustré.

Étymologie et Histoire

Première attestation : en 1555, métrologie arrobe « mesure espagnole de poids » (J. POLEUR, traducteur de l’Histoire naturelle et générale des Indes… de l’Espagnol Oviedo, fo 45 vo ds R. ARVEILLER, Fr. mod., t. 33, p. 300. : « les navires vont en Espagne chargés de sucre : car l’Arrobe vault icy un ducat ou moins, et est fort bon »;

Emprunté à l’espagnol arroba « mesure de poids », attesté dep. 1088 (sous la forme arrobo; arroa en 1194, arroba en 1219, d’après COR.) et qui avait aussi le sens 2 (cf. 1607, C. OUDIN, Tesoro de las dos lenguas francesa y española ds GILI t. 1). Le fait que le mot apparaît en français. dans un texte traduit de l’espagnol confirme cette étymologie. L’espagnol arroba est lui-même emprunté à l’arabe. al rub’ « le quart » (v. FEW t. 19, s.v. rub’).

Origine du symbole @

Selon la publication « Ligatures, typographie et informatique », Jacques André, Adolf Wild, rapport de recherche n°2429, décembre 1994, INRIA :

Le nom le plus fréquemment employé est « arobas ». Ce nom vient d’une confusion que nous expliquons de la façon suivante: les traducteurs qui ont voulu faire imprimer des manuels techniques où apparaissait pour la première fois ce signe ont du s’adresser à un imprimeur qui leur aura sorti un catalogue de fondeurs français. On y voit effectivement un caractère qui a à peu près la même graphie que @, qui s’appele arobas, mais qui correspond à quelque chose de complètement différent : c’est le symbole d’une ancienne unité de poids et de capacité encore usitée en Espagne et au Portugal (arroba, équivalent à 12 à 15 kg ou 10 à 16 l), dont le vrai nom français est d’ailleurs arrobe ou arobe. Le mot provient de l’arabe ar-roub signifiant « le quart ».

L’@ sert à noter l’arrobe

zz

Le signe @ sert depuis des siècles à représenter l’arrobe dans les documents espagnols comme l’atteste le document ci-dessus écrit en 1775.
Exemples de @ utilisés pour désigner l’arrobe (1775)
Exemples de @ utilisés comme abréviation de l’arrobe (1775)
Extrait d’un cahier d’anecdotes du couvent de l’Ordre des religieuses déchaussées de la Très Sainte-Trinité, fondé en 1598 à La Roda, lieu-dit de la province d’Albacete en Castille — collection de l’auteur.

La 12e édition du Diccionario de la lengua castellana de la Real Aca­demia Española comprend une série d’abréviations courantes parmi lesquelles on retrouve « @ arroba, @@ arrobas ». L’usage devait être assez commun puisque ces abréviations se retrouvent dans l’Enci­clo­pedia Espasa de 1909.
Arrobe — le nom français du signe @

Jean-Pierre Lacroux signalait dans le Vademecum du typographe de Dumont : arrobe dans la composition française et faisait remarquer :

Et y a encore des experts pour prétendre que l’arrobe espagnole n’a aucun rapport avec @

Le symbole du réal est très intéressant. J’attends avec impatience l’experte explication de l’arabesque par un accent grave…

Dans une autre communication, le regretté Jean-Pierre Lacroux nous faisait parvenir l’image ci-dessous et ce commentaire :

Tiens, en voici une, extraite de la Composition typographique (1948) d’Henri Leduc. Elle est intéressante, car c’est un bricolage qui montre que ce caractère est absent des polices françaises MAIS qu’il est indispensable de le reproduire dans un manuel de composition… ailleurs que dans un chapitre consacré à la composition de l’espagnol…


Arrobe dans composition française

L’ISO/CEI 10646 utilise le mot arrobe

Par rapport à la version française de l’ISO 8859-1, la version française de l’ISO/CEI 10646 a rétabli le nom typographique traditionnel français de plusieurs caractères. Outre le nom d’arrobe, préféré au « à commercial » de l’ISO 8859-1, l’ISO/CEI 10646 nomme

le signe & une PERLUETTE (avec comme synonymes non normatifs esperluète et esperluette). Le nom de «et commercial» attribué par l’ISO/CEI 8859-1 n’est guère satisfaisant puisque cette ligature a bon nombre d’autres emplois.

et…

Le signe reprend le nom de PIED-DE-MOUCHE (avec comme synonyme non normatif fin de paragraphe). Le nom «symbole alinéa» attribué par l’ISO/CEI 8859-1 n’est, d’une part, pas le nom traditionnel (cf. Théotiste Lefevre, Guide pratique… (1883), p.116) et il se confond facilement, d’autre part, avec le signe paragraphe (§) qui désigne parfois également les alinéas…

Arrobe au Bulletin officiel

Le Bulletin officiel du 8 décembre 2002 a entériné le terme arrobe pour désigner le signe @ :

arobase, n.f.
Domaine : Informatique/Internet.
Voir :
arrobe.

arrobe, n.f.
Domaine : Informatique/Internet.
Synonyme : arobase, n.f.
Définition : Caractère @ fréquemment employé dans les adresses de courrier électronique pour séparer le nom identifiant l’utilisateur de celui du gestionnaire de la messagerie.

Note :

1. @ est à l’origine le symbole de l’arroba (de l’arabe ar-roub, « le quart »), ancienne unité de capacité et de poids espagnole et portugaise. Ce sigle est également utilisé dans les langues anglo-saxonnes, dans des formules telles que « tant de tel article @ tant l’unité ». Dans ces emplois, il est appelé « a commercial », et son tracé, identique à celui de l’arroba, résulterait de la ligature de l’accent grave avec le « a » de la préposition française « à », autrefois d’usage courant dans le commerce international.
2. Lorsqu’une adresse est fournie oralement, @ se dit « arrobe » alors qu’il se dit « at » en anglais.

Équivalent étranger : at-sign.

Et enfin, si l’Oxford dictionary le dit…

À la question « Quelle est l’origine du @ et a-t-il un nom correct ? », le site des Dictionnaires Oxford répond :

It is usually known as ’the at sign’ or ’the at symbol’, which is good enough for most people. It is sometimes called ’commercial a’, and occasionally by the French name arrobe or arroba.

Vous qui venez de découvrir ce blog, ne ratez surtout pas l’article de ce lundi 4 juin 2007 consacré à la Fondation, œuvre culte du début des années 80 d’un collectif de 18 artistes qui se sont réunis pour travailler ensemble durant très exactement un an.

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typoGraphie | Mes plus belles Esperluettes

Ce qui me connaissent savent que je suis un passioné du signe et de son organisation. Ci-dessous l’un des symboles le plus usité dans les courriers commerciaux et identités d’entreprise très *old-school*, l’esperluette. Il est né curieusement à peu près au même moment que le signe de l’arobase *@* c’est à dire entre le XVe et le XVI siècle. Curieux n’est-ce pas que l’arobase date du siècle de la Renaissance alors que chacun imaginait sa naissance avec celle de l’internet et de la toile.

Les signes ci-dessous proviennent de polices de caractères assez courantes puisque vous les avez presque tous sur vos ordinateurs. Regardez bien dans vos polices systèmes. Et observez le dessin de ces esperluettes qui font assaut d’élégance et de charme propre à habiller vos futurs mises en page. Un délice de formes, façon fer forgé pour l’ITC American Typewriter dessiné par Tony Stan, ou de rigueur pour la Din et de puissance institutionnelle pour l’Optima ou le Michelangelo (de Michel Ange) dessinés par le très grand Hermann Zapf. Nous avons choisi de montrer en dernier deux nouvelles polices de la Fonderie BP, les SangBleu, dessinés avec brio par Ian Party. Un florilège de délicatesse et de bon goût à la Française (bien qu’il exerce en Suisse). Vous aimez? n’hésitez pas à nous dire vos préférences :-)

 

 

 

ITC American Typewriter Alternate Light by Tony Stan

 

 

 

 

Din by Albert-Jan Pool & Achaz Reuss

 

 

 

 

Michelangelo by Hermann Zapf

 

 

 

 

Optima by Hermann Zapf

 

 

 

 

Palatino Italic by Hermann Zapf

 

 

 

 

SangBleuSans BP by Ian Party

 

 

 

 

SangBleuSerif BP by Ian Party

 

 

 

 

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Source d’inspiration | i Love Typography

I LOVE TYPOGRAPHY

Allez piqûre de rappel: i Love Typography toujours indispensable pour aller y pêcher des idées, des ressourcements, et pourtant bien souvent je reste sur ma faim. Pourquoi. Sans doute pour une raison très simple, les images publiés sont fréquemment déconnectés de l’histoire qui les a généré. Du coup il manque une dimension sémantique et nous reste juste les effets de style. Et là gros problème. Plus de la moitié des travaux exposés sur le blog peuvent être «sourcés» auprès des grands maîtres de la typographie et de l’art graphique des années 80-90. Voire plus ancien. Le <M> par exemple me fait penser aux travaux de Lubalin et Dorsman , la composition en rouge et noir aux transgressions de David Carson , etc. Pour dire juste que le contexte, qui légitime ces créations fait souvent défaut sur tous les blogs «vitrines-résonnateurs». On se contente de montrer (c’est déjà pas mal), mais point d’analyse, de décryptage.

Bien sûr une autre réflexion: tous les jeunes du monde entier cherchent à imiter les maîtres, en oubliant bien souvent que la perfection que ceux-ci ont obtenus avec les moyens techniques «old school» datant d’avant les PC/Mac, leur ont demandé des jours et des semaines de création, réalisations méticuleuses où chaque détail était réfléchi, évalué, et pesé. Il n’y avait pas de Cntr Z ou de Pomme Z à l’époque. Tu te trompes, tu recommences. Neville Brody avait déjà évoqué en 2003 ou 2002 je crois cette perte d’appropriation de la création graphique… il faut lire son discours de New-York que j’ai intitulé le Blues de Neville Brody… et il faut aussi le lire entre les lignes en allant visiter les billets que j’ai écrit sur son œuvre magistrale publié à la fin des années 80 et début 90.

Joyeux mercredi 25 février à tous

© peter gabor | directeur d’e-artsup

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Les Galeries pédagogiques de Design et Typo le Site | Les_Graphic_Heroes

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Né en 2005, le Blog Design & Typo est une de mes plus belles aventures à la fois sentimentale et culturelle. Ce qui au départ, ne devait être qu’un support de cours pour mes élèves d’e-artsup , s’est très vite transformé en une expérience de partage de culture majeure.

Design & Typo s’articule autour de 5 axes majeures:

1 | Hommages à des artistes célèbres (Les Graphic Heroes) dont l’oeuvre marque ou a marqué la culture graphique mondiale. Que ce soit Hermann Zapf, Stanley Morison, Neville Brody ou David Carson par exemple, ou Herbert Lubalin ou encore Zuzanna Licko, le blog rend compte à chaque fois d’analyses, de décryptages pour situer l’influence et la signification historique de ces artistes.

2 | L’histoire de la typographie et du graphisme et pour rendre compte de la diversité épistémologique, D & T a pris le parti de publier des ouvrages, extraits ou entiers lorsqu’épuisés qui permettent aux visiteurs d’embrasser plusieurs postures et écoles de l’histoire de l’Art Graphique. Je ne prendrai comme exemple que celui de l’ouvrage de Michel Wlassikoff comparé (et non opposé) à celui de Edward Gotschall (Typographic Communications Today).

3 | Les Fonderies Typographiques

4 | Les réflexions sur la scénographie graphique

5 | et une approche des théories de la lisibilité.

Bien d’autres rubriques sont à votre disposition pour entrer dans ce monde merveilleux et riche du design graphique. Et l’œuvre de Serge Lutens n’en n’est pas des moindres. Je ne peux que vous inviter à fouiller aux quatre coins du blog qui comporte aujourd’hui près de 900 articles réparties sur 45 rubriques. Simplifier n’eut pas été une bonne affaire même si aujourd’hui une certaine mise en ordre serait nécessaire. Je m’y emploirai.

Les Galeries de Design et Typo le Site viennent illustrer ces nombreux articles et vous y retrouverez tous ces Graphic Heroes que j’évoquais ci-dessus et beaucoup d’autres. À visiter sans modération. À noter que tous les droits sont réservés et à usage exclusivement pédagogiques.

Armin Hofmann
Claude Mediavilla | Calligraphe
Conférence Designers Interatifs
Création Typographique | Eyrolles
David Carson
EnVille | une étude d’un mensuel gratuit
EnVille | requiem pour un gratuit
Figaro | un quotidien se rhabille
Graphisme Russe
Hommage à l’oeuvre de Jean Alessandrini
Hommage à Soheil Azzam
Hommage à Albert Hollenstein
Igarashi
Ionesco | La Cantatrice Chauve par Massin
Kesselskramer | 2 Kilo
l’École des Arts Décoratifs de Bale
L’Esprit Serge Lutens
Le Wlassikoff | L’Histoire du Graphisme en France
Lou Dorfsman Tribute
Manuale Typographicum d’Hermann Zapf
Neville Brody | son oeuvre
Paul Gabor | graphiste | période hongroise | 1930-1956
Paul Gabor | un graphiste hongrois à Paris | 1956-1992
Photolettering | le premier catalogue de Titrage
Roger Excoffon | Hommage au Graphiste et à l’homme
Le Soleil | The Sun | graphic representation | Graphis 1962
Top Symbols and Trademarks | Franco Maria Ricci
Top Symbols and Trademarks Vol2 | Franco Maria Ricci
Tribute to Herbert Lubalin
Typographic Communications Today | Edward Gotschall
Typographie Noir au Blanc | analyse comparée
Westvaco, a paper manufacture, 1956-1961
Westvaco-II, 1953-1955

© peter gabor | directeur d’e-artsup

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Le Blog de Gabriel Jorby | Lost in Translation entre Beijing et Paris

Gabriel Jorby, est directeur artistique du Portail du Point.fr et sans lui l’expérience du relifting effectué par les étudiants d’e-artsup n’aurait pu être possible. Voici son blog très éclectique où vous apprendrez entre autre à découvrir quelques bonnes adresses du webdesign en Chine. Bon voyage Gabriel et reviens-nous avec plein de photos sur ton blog :-)

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La crise du crédit expliqué en graphic diagrammes | schéma et schématisation

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J’avais déjà soulevé l’intérêt que je portais à cet art que l’on nommait Diagrammes à une époque où l’infographie n’existait pas encore, mais saviez-vous que l’origine de cette expression vient de travaux qui sont menés depuis près d’un demi-siècle sous l’appelation SCHÉMA & SCHÉMATISATION.

Vous trouverez ici, l’adresse d’une revue qui brosse au fil des années des travaux très variés qui recoupent l’ensemble des problématiques liées à ce corpus. Je ne prétends pas qu’Estivals a embrassé tous les aspects artisitiques et graphiques de la question mais il a eu le mérite de développer une série de question relatives notre capacité à rendre compte des activités humaines (économiques, sociales, culturelles et politiques) par un travail sur la représentation schématique de celles-ci. Je reviendrai j’espère bientôt sur ces questions assez importantes.

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Takenobu Igarashi | Space Graphics | une œuvre majeure (reloaded)

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Sous le numéro ISBN 4-7858-0152-2 C3071, un catalogue relié cousu édité en hommage à l’œuvre de Takenobu Igarashi, Space Graphics, en 1983 par Yoshiro Nakamura (Zen Environmental Design) et Shoten Kenschiku-sha Co. Ltd.

Igarashi se designe lui-même comme un sculpteur designer et son œuvre commencée en Californie en 1970 lorsqu’il quitte l’Université pour retourner à Tokyo fonder sa propre société de design se décline entre un concept architectural et environnemental.

Exposé à Tokyo, Amsterdam, Zurich, New York, il aura participé de façon majeure à la naissance d’un style monumental et graphique qui trouve encore aujourd’hui grâce à l’informatique un prolongement éternel.

Son travail est gracieux, précis, concis. Je dirais mathématiquement beau. C’est très exactement le contraire d’un artiste de l’à peu près. Tout son œuvre peut se résumer à une phrase : penser avant d’agir. Il faut être très humble devant son travail. Bien sûr, comme les planches qui suivent en attestent, tout a été dessiné à l’époque à la main. Règles, équerre, compas sont les seuls outils de cet expérience Et, loin de moi de minimiser le travail de Joshua Davis ou de Maeda mais on ne peut que rester béat devant tant de maîtrise des espaces, du rythme et de la délicatesse des formes. Les couleurs sont d’une modernité absolue.

Les projets hollandais de l’aménagement des Halles de Paris, refusés par notre maire bien aimé pour de futiles raisons politiques traduisent cette même modernité colorée. Des couleurs vives, jaune, vert menthe, rouges et noir. Des bleus cobalt associées au noir ou réserve blanches pour les lettres, l’expression de Igarashi se mesure à la rigueur de son vocabulaire et de sa grammaire graphique.

N’allez surtout pas psychanalyser son œuvre. C’est comme si vous vouliez psychanalyser un paysagiste de jardins zen. C’est plutôt lui (en parlant d’Igarashi) qui vous ferait allonger sur un divan (dessiné par lui bien sûr) pour nous faire accoucher de nos confusions mentales. Voici une œuvre, dont on ne peut même pas dire que c’est beau, que c’est laid pour la même raison qu’on ne peut pas dire de la nature qu’elle est belle ou laide. Elle est. Le talent d’Igarashi c’est d’avoir de même conçu des formes et des compositions qui deviennent des évidences naturelles.

J’ai ressorti cette édition de ma bibliothèque pour deux raisons, la première, pour la qualité intrinsèque qui s’en dégage, la deuxième c’est pour dire et répéter l’importance du dessin dans l’acte de la création. Le design comme la sculpture sont d’abord des actes de l’homo faber qui nous a engendré et pour avoir fait l’expérience d’être venu tardivement dans ce métier je vous assure que je sais de quoi je parle.

Voici quelques pages de cette édition si rare qu’on souhaiterait qu’elle soit rééditée.

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Ci-dessus un lien pour la galerie de cette édition. Toute reproduction est interdite. Usage strictement pédagogique.

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L’histoire de la Naissance d’Internet | A History of Internet

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toujours via le blog de Marie Pierre Roy (plein de ressources pédagogiques intéressantes)
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Les Icônes qui illustrent la vidéo ci-dessus en téléchargement ici.

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Grilles de Mise en Page | typoGraphie Web et Papier

j’avais déjà publié un billet assez complet sur les grilles de mise en pages papier ici. Mais juste de vous indiquer ce site de calcul …de colonnages et d’espaces verticales et horizontales directement en ligne. (via le blog de http://www.mariepierroy.com/)
 

 

The GridMaker


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C’est Josef Müller Brockmann
qui a jeté les bases
d’une explication
détaillée sur le sujet.

L’histoire des grilles de mise en page se confond aisément avec celle de la mise en scène typographique depuis l’invention de l’alphabet moderne par les phéniciens quelques 700 ans avant JC.

Johannes, le grand Gutenberg, inventeur de la lettre mobile et «inter-active» en plomb et antimoine, utilisait déjà deux colonnes dans sa bible en 42 lignes au XVe siècle. Sans doute que les imprimeurs avaient saisi assez tôt la nécessité de renvoyer le lecteur à la ligne lorsque la ligne dépassait quelques 40 signes. De fait les études sur le confort de la lisibilité donnent un variable assez large, cela va de 30-40 signes jusqu’à quelques 60 caractères par ligne. Ce qui correspond en somme à la largeur d’une colonne unique dans un courrier composé en corps 12.

Le développement des formats de la presse, bien plus gigantesques que ceux du livre ont posé rapidement le problème de l’organisation des pages. Non seulement pour des raisons de confort pour la lecture mais également pour la gestion des espaces pour la Réclame, puis plus tard de la Publicité. L’organisation en colonne est donc née fin du XVIIIe siècle, alors que Marat immergé dans sa baignoire ensanglanté participait à la naissance de la presse révolutionnaire (l’Ami du Peuple).

À l’heure où je vous parle cette organisation n’est plus contestée et participe non seulement à la qualité de la lecture des journaux, mais également et paradoxalement à une codification, à une architecture sémantique de la mise scène de la presse quotidienne. Autrement dit, lorsqu’un journal se crée, ou se relift, il n’est pas seulement de bon ton de l’organiser en grille et colonne, pour faciliter sa lecture, mais de lui donner une forme graphique qui l’installe dans le paysage codifiée d’une presse séculaire.

Vous invite donc à découvrir ces quelques “extracts” des pages de l’ouvrage de Josef Müller Brockmann qui nous expliquent le fonctionnement et la structuration d’une page (d’édition ou de presse), livre que je ne saurais que trop vous recommander de vous procurer sur les sites d’Amazone ou de l’éditeur. Brockmann prend le contre-pied d’Hermann Zapf, qui explique par l’exemple et une pratique de l’édition héritée de la plus grande tradition. Ici, le graphiste-professeur, d’origine suisse énonce les règles strictes et quasi mathématiques de l’organisation d’une page. Architecture et architexture comme je l’ai déjà souligné plusieurs fois cohabitent pour ordonner et donner à lire… (suite du billet dans la journée).

L’intérêt de cet ouvrage est d’aligner page après page, de manière exhaustive les variations de structures verticales et horizontales, de montrer comment les blancs doivent dans chaque cas s’organiser, et surtout d’insister sur la texture typographique qu’engendrent les solutions de découpage. Corps et interligne sont au centre de ces réflexions pragmatiques… vous réduisez la colonne, le nombre de signe par ligne doit suivre homothétiquement donc le corps doit diminuer. L’interlignage de même, participe de la lisibilité des colonnes et Brockmann donne les clés de ces variations.

 

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© peter gabor | directeur e-artsup

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Guillemets anglais ou guillemets français | Un choix graphique (reloaded)

Il y a longtemps que je voulais faire un billet sur cette question des ponctuations. Nous travaillons tous de plus en plus des textes bilingues et bien entendu le typographe devient schizophrène car, et c’est légitime, les équipes de SR, correcteurs, et autres chefs de projets chez les clients ont tout de même appris (merci Word) que les règles de ponctuation changeaient selon la langue utilisée.

Alors oui il y a aussi une troisième voie, concernant les guillemets, celle qui a été choisie par exemple par la rédaction du Monde, d’utiliser ni la règle anglaise, ni la française… de banals guillemets droits tous droits sortis d’un film d’horreur à la gloire du tout « informatique ». J’avais déjà signalé les aberrations que cela pouvait susciter: [je vous l’avais bien dit: l' »Angleterre de Wilkinson n’a laissé aucune chance au XV de France ».]l' »on voit bien que les guillemets se confondent avec les apostrophes » en créant une illusion de ponctuation… sans aucune précision. Il eût été bien entendu bien plus heureux d’écrire l’«Angleterre de Wilkinson…». Ensuite bien entendu il y a tous les débats sur les espaces que l’on doit rajouter entre les guillemets et le texte qu’ils ouvrent et qu’ils ferment. Une fine insécable disent les uns, un espace normal, les autres… l’espace normal (s’il n’est pas insécable) se retrouve malheureusement bien souvent à la fin d’une ligne, rejetant la ponctu à la ligne suivante. Malheureux.

Personnellement j’utilise, l’espace très fine d’InDesign qui me satisfait de son insignifiance. Ou pas d’espace du tout.

Alors quid des guillemets «chevrons» à la française… Bien que connotant vieille France, édition, beau livre etc. ils permettent de construire «un gris typographique» bien plus régulier que les guillemets à l’anglaise. Et l’on voit bien dans les différentes figures ci-dessous le pourquoi.

J’ai surligné en jaune les espaces que libèrent chaque type de guillemet. Les chevrons s’architecturent dans le texte sans créer de rupture dans la ligne de lecture.

Les crochets au contraire créent des accidents qui dans les textes courant ne sont pas très heureux. Je dis les textes courants, parce que ce n’est évidemment valable que pour ces derniers. Dès qu’il s’agit d’un titre, d’un mot composé en grand, et servant d’accroche à une publicité, une couverture de livre, et autres emphases de mise en page, les crochets anglais reprennent leur intérêt tant leur assymétrie et leur sensualité servent la mise en scène graphique.

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Où l’on voit les espaces courir sous les guillemets anglais en créant des trous d’air dans la lecture.


Ici une composition qui mélange les deux types de guillemet.


La même composition où nous mettons en évidence les espaces provoqués par les deux types de guillemet. Bien entendu il n’est pas besoin d’en rajouter, les guillemets français s’articulent plus intelligemment dans le texte.


Nous avons vécu durant des années sur les préceptes d’un code typographique promu et défendue par feu l’Imprimerie Nationale. Déjà Pierre Simon Fournier avait en son temps tenté de «normer» la composition typographique, mais en ces temps reculés la France était le centre du monde. Avec le village global ce n’est plus le cas. Internet redécouvre la typographie et malgré ses lacunes (composition justifiée avec algorithme de césure fine), nous assistons à l’apparition d’un mélange entre plusieurs traditions, anglo-saxonnes et francophones. Le Print tente encore de résister, avec les SR et responsables de projets qui nous rappellent sans cesse les codes en vigueur. Jamais cependant la question de l’esthétique n’est abordé. Au point que l’on nous bassine encore avec de vieilles règles d’espace devant et derrière les guillemets français, alors que cela fait cinquante ans que les graphistes tentent d’imposer la suppression de l’espace entre le guillemet et le mot qui le suit. Nombre d’entre nous avons préféré la demi-mesure d’un espace «fine» ou «ultra-fine»…

Il m’apparaît en tous les cas salutaire de rappeler la règle la plus importante pour mettre tout le monde d’accord. Quelque soit vos choix de ponctuations, appliquez-les du début à la fin d’une édition, voire d’une collection. L’important étant l’homogénéité intrinsèque. Vers une mondialisation du Code Typographique… sans doute. Mais de grâce n’abandonnez pas le double chevron des guillemets français… C’est tellement plus élégant dans une belle édition ou dans la presse. À quelques exceptions près :

© peter gabor | directeur d’e-artsup

Quelques adresses utiles :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Guillemet
http://marcautret.free.fr/sigma/pratik/typo/guilles/

Quelques liens externes qui ont été donné par les commentateurs:

http://www.cairn.info
http://listetypo.free.fr/ortho/guillemets.html
http://www.ascii.ca/cp1250.htm
http://www.yoyodesign.org
http://www.lamangrove.com/citer/
http://www.alistapart.com/articles/cssatten
http://bugs.webkit.org/show_bug.cgi?id=3234
http://www.cs.tut.fi/~jkorpela/chars/spaces.html
http://www.decodeunicode.org/

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