Nerim | Décryptage d’une nouvelle identité graphique

Analyse et décryptage d’une nouvelle identité graphique de Nerim, fournisseur de services Internet historique puisque cette société a été une des premières à proposer des connexions haut débit ADSL/SDSL dès 1999.

Nerim m’a confié la réflexion print et image de marque et à Jean-Charles Baudot, designer interactif, la mission de rebâtir son site web qui sera en ligne* dans les jours qui viennent.

Ce travail a demandé près de six mois de mise au point, d’aller-retours, d’un travail collaboratif sur un mode itératif afin d’en valider chaque étape et avancer avec une relative prudence.

* vous pourrez voir quelques pages maquettes de ce nouveau site dans la Vidéo.

Une vidéo de l’analyse complète se trouve à l’adresse suivante: http://www.typogabor.com/Video/Nerim.mov
elle se visionne à 760px de large, soit très confortable pour voir les détails du travail.

Celle qui se trouve ci-dessous risque d’être trop «minimaliste» pour en voir toutes les nuances intéressantes.


Vidéo Nerim

ou Vidéo plus large ici (copiez le dans votre barre url):
{http://www.typogabor.com/Video/Nerim.mov}

Une création c’est souvent l’occasion de rencontres passionnantes.

C’est l’histoire d’une rencontre entre Jean-Charles Baudot et moi-même au sein des designers interactifs, celle d’un client qui était désireuse de reconstruire sa marque pour gagner en visibilité sur un marché de plus en plus tendu où tous les coups sont permis. Haut débit, bientôt la fibre optique, double play-triple play, les offres ne cessent de se multiplier et les opérateurs de se diversifier.

Même les opérateurs mobiles s’y mettent. Or Nerim ne se situe pas dans cette catégorie de fournisseur grand public qui nous sied à la plupart d’entre-nous. Son périmètre d’intervention ce sont les PME et TPE qui ne souffrent d’aucun aléa, d’aucune coupure de la sorte. Qui ont besoin de se sécuriser contre les attaques de tous genres (Firewall). Mais aussi des clients qui ont des sites multiples (franchises, délocalisations de sites de production ou de commercialisation) qui doivent échanger des données sécurisées entre elles sans être pollué par la grande toile.

Nerim comme une poignée d’autres fournisseurs de services très spécialisés, propose donc à ses vingt mille clients une palette de produits et services adaptées presque sur mesure à chaque cas de configuration-client. Il n’en reste pas moins qu’historiquement cette société est avant tout un fournisseur d’accès. D’où le choix d’un logo simplissime et minimaliste qui rappelle le cœur de métier de Nerim. Les deux points / double slash que forme le N de Nerim est là pour rappeler le métier de base.

Je voudrais profiter de l’occasion pour remercier le client d’avoir accepté un protocole de création extrêmement efficace, qui passait d’abord par un audit de l’offre de la société avec interviews, décryptages et allers-retours de validation sur l’audit qui permit dans un second temps de gagner en efficacité sur les temps de la création.

Le remercier également de m’avoir fait confiance sans jamais contester certains choix graphiques et notamment lors de la conception de la plaquette qui tout en étant très technique se devait d’être aussi spectaculaire que pédagogique. L’utilisation des espaces blancs pour rythmer la lecture fait sens dans un univers de parole aussi hermétique que l’informatique de réseau.

J’ai très vite compris qu’il fallait profiter de la largeur de pages à l’italienne afin d’assoir l’horizontalité des flux de transferts de données, c’est donc très naturellement que je me suis orienté vers une conception graphique où le plan de métro londonien me servait de trame pour signifier les échanges mais aussi la dynamique et la complexité des nœuds de croisements entre réseaux privés et virtuels (PN et IP-VPN).

Le choix de l’imprimeur était également stratégique. Burlet Graphics à Maisons Alfort , est coutumier des impressions délicates. Il s’agissait d’imprimer cette plaquette 24 pages sur un papier couché de 170g avec une couverture quadri recto verso et vernis brillant sélectif sur la Une. Le choix de l’Acrylique s’imposait. (Format Machine: 52 x 74cm).

L’imprimerie existe depuis fort longtemps, mais il s’est adapté à toutes les technologies modernes, calage électronique, CTP (plaques offset directement écrit au laser à partir de fichiers PDF certifiés que je lui déposais sur son serveur FTP). L’encrage comme vous allez le découvrir sur les images ci-dessous et surtout sur l’animation qui se trouve à la fin du billet, est entièrement piloté par l’informatique de production.

Point besoin désormais d’ouvrir des robinets d’encriers à la main pour faire monter le cyan ou la magenta sur telle ou telle zone du papier. C’est sous un éclairage équilibré à 5200°K, lumière du jour que l’on regarde et mesure au densitomètre la puissance des couleurs et que l’on «monte» ou «baisse» le débit de l’encrage. Les réglages sont automatiquement mémorisés de sorte que vous pouvez ré-imprimer six mois après, les données de l’impression seront stockées en mémoire. Juste aussi pour signaler qu’il s’agit là d’un des rares imprimeurs ayant obtenu en France le label vert d’imprimerie «durable», ne rejetant plus aucun déchet non-recyclable et dangereux pour l’environnement.

La plaquette est également disponible au format PDF. L’adresse se situe en fin de billet.
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Table de travail du conducteur offset d’où il va contrôler tout le process de l’impression.

Le compte fil toujours présent sur la table, indispensable pour déceler les points de trame, le moirage etc.

Sur l’écran de contrôle on voit distinctement les «groupes d’impression», ici au nombre de cinq, ce qui autoriserait une impression quadri avec une couleur d’accompagnement supplémentaire ainsi qu’un groupe pour le vernis acrylique.

Une barre verticale correspond à un groupe d’impression pour une des couleurs primaires (cyan, jaune, magenta ou noir). Contrairement au web et au monde de l’écran ici l’univers colorimétrique se décline à partir de la surimpression de quatre couleurs primaires, qui tramées traduisent «presque» toutes les couleurs du spectre… sauf celles «non-imprimables» dans l’espace RVB que vous pouvez déceler directement sur Photoshop par exemple qui vous signale les zones d’impressions qui ne supporteront pas le passage à la séparation quadri.

Le papier est attrapé par des ventouses à air comprimé, il est de même aéré pour n’en laisser passer qu’une feuille à la fois.

Groupe de séchage du vernis.

L’encre est déposé automatiquement sur les rouleaux encreurs (cf l’animation ci-dessous).

Les spatules, pour manipuler les encres, et aussi pour les mélanger lorsqu’il s’agit de couleurs d’accompagnement (Pantone).

Juste pour le «fun historique», il s’agit de l’ancien logo d’Heidelberg présent encore sur les vieilles «platines» Heidelberg (c’est ainsi qu’on nommait les machines typo… GTO et autres). Peu d’entre vous connaissent cette société allemande. Je vous en parlerai prochainement. Sachez pour la toute petite histoire, qu’ils étaient voici encore deux ans propriétaires de la firme Linotype… qu’ils ont revendu l’année dernière à… Monotype.

Cette animation vous montre très précisément comment se déplacent les réservoirs d’encre pour «distribuer» celle-ci le long des rouleaux encreurs.

Et pour ceux qui seraient intéressés par le fichier PDF de cette plaquette en voici l’adresse:

Plaquette Nérim au format PDF (1,5Mo)

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