armin hofmann | l’école de bâle

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Il y a longtemps que j’ai entrepris une réflexion sur la pédagogie du design graphic et de la manière d’adapter les principes fondateurs de cette pédagogie à l’environnement numérique et interactif dans lequel les étudiants du monde entier sont plongés depuis une dizaine d’années. C’est un débat que je souhaite entamer avec les professionnels et les enseignants parce qu’à l’heure des futurs clics d’or il est plus qu’important de baliser les fondamentaux qui régissent la qualité de la création. Je voulais par la même occasion signaler le travail assez phénoménal qu’à réalisé un enseignant de l’école supérieur d’art appliqués de Bourgogne, Thierry Chancogne dont vous pouvez télécharger à l’adresse ici, l’intégralité de son cours au format pdf. Une somme qui a le mérite de balayer très large tous les champs d’investigations connus à ce jour dans le périmètre de la pédagogie des arts appliqués, et surtout de la communication. Paul Rand dans un article élogieux nous parle de la passion graphique d’Armin Hofmann sur ce site, ici. Pourquoi évoquer l’œuvre pédagogique de Hofmann? voilà une question que chacun peut se poser pour plusieurs raisons:

1. d’abord ne s’agit-il que d’une époque lointaine, du passé, ou encore de l’old story comme diraient certains de mes élèves.

2. ensuite à quoi sert de rappeler les principes qui ont régi un enseignement dont les méthodes extêmement manuelles semblent largement dépassés par l’accès direct au numérique, au motion graphisme, à l’interactif (web, multi-media, video, 3D etc.).

Lorsqu’on examine le travail réalisé à l’école du Bauhaus, il est frappant de constater combien le travail manuel était mis à l’honneur. Qu’il s’agisse de la poterie pour Gerard Marcks, Marguerite Friedländer, Theodor Bogler, ou d’Otto Lindig, ou encore du tissage pour Gunta (Stadler-) Stölzl, ou Benita Koch-Otte, ou Vincent Weber ou d’Otto Berger le chemin était long pour les étudiants du Bauhaus avant de recevoir l’enseignement des maîtres architectes comme Walter Gropius ou Ludwig Mies van der Rohe.

Il fallait encore passer par les classes de Klee ou Kandinsky ou encore de Moholy Nagy pour parachever une sensibilisation et une maturation des concepts, des matières, des structures et schémas mentaux et concrets. Je veux dire qu’à l’instar de ce qui est enseigné aujourd’hui à l’ENSAD ou dans les cours supérieurs d’Estienne, on avait déjà parfaitement intégré la nécessité de savoir d’abord dessiner, travailler la matière, analyser-décomposer les structures, connaître la lumière (photo) et maîtriser les fondamentaux des couleurs avec Johannes Itten, avant que de s’attaquer à l’essentiel du métier d’architecte, concevoir et construire maisons, immeubles et gratte-ciels.

L’enseignement d’Armin Hofmann prend donc tout son sens à Bâle dans les années 50-60. Voici ce qu’il dit en préambule de son ouvrage édité en 65 en Suisse par Arthur Niggli Ltd, Teufen AR:

Concernant les lignes :

«Le mouvement est la caractéristique propre de la ligne. Contrairement au point qui fait centre et reste statique, la ligne est de nature dynamique. Elle peut-être prolongée indéfiniment dans les deux directions, elle n’est liée ni à une forme ni à un centre. Si l’on considère cependant que la ligne est un élément fondamental, c’est seulement parce que le phénomène qui lui a donné naissance, n’est plus perceptible. Elle est un élément qui a déjà passé par un stade de croissance.»

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Voici une galerie de cet ouvrage majeure qui semble plus qu’épuisée puisqu’on en trouve que quatre exemplaires sur Amazon dans le monde entier. Bien entendu si les auteurs ou ayant droits me le demandent je retirerai de mon blog toute ou partie de ces reproductions que je ne destine qu’à un usage strictement pédagogique et non commercial.

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