L’autre jour j’ai écouté notre ministre Jean-Michel Blanquer s’indigner de voir des enseignants jeter des livres et des cahiers à terre. Comment? – des symboles de notre civilisation jetés à terre, voire brûlés? insupportable image! A t-il répondu. Le journaliste … Continuer la lecture →
Toutes les galeries|Commentaires fermés sur PAS TOUS LES GENS QUI BRÛLENT DES LIVRES SONT DES CRIMINELS
Je relève au passage que je découvre ce petit documentaire sur Facebook (Page d’un Ami qui n’aimerait pas que je cite son nom)… Et qu’il concerne la fabrication d’un livre dans les temps actuels. Preuve que les techniques d’impression traditionnelles (en offset, ou, en plomb) n’ont pas disparu du paysage industriel en 2019.
Je constate aussi grâce à la réflexion d’un autre ami, que c’est grâce aux technologies du cinéma numérique que nous pouvons aujourd’hui voir filmé ce mode de production qui fut inventé grâce à la pierre lithographique de Senefelder, Aloïs Senefelder qui portait le même prénom que celui d’Alzheimer. Le process ici est relativement lourd. Photocomposition (ou flashage d’après un fichier Acrobat.pdf sous logiciel Adobe InDesign par exemple). Puis montage sur table lumineuse des films positifs qui vont servir à insoler les plaques offset. Celles-ci seront calées, et encrées par les rouleaux encreurs de la machine offset.
Que l’on dise que c’est toute une époque, je veux bien. Mais c’est surtout l’expression d’une formidable volonté de faire revivre des techniques qui auraient disparues depuis longtemps sans la curiosité, la volonté, l’acharnement de passionnés des techniques d’impression. On constatera de même que ce sera beaucoup plus difficile de faire revivre le numérique, s’il était victime d’un effondrement massif de l’industrie qui le produit.
Imaginer Apple, HP, Dell disparaître, les fabricants de HDrive de même, nous serions bien en peine alors de relire ce post que je publie officiellement en ce jour bizarre du 6 juillet 2019.
L’occasion m’est donné ici de rappeler la genèse de mon blog et la passion qui me l’a fait créer. Nous sommes en 2005 et je venais de démarrer un cours de typographie dans une école privée de design. Méthode d’enseignement très simple, la culture par l’exemple et la pratique par l’expérimentation visuelle. Roger Excoffon ne disait-il pas que nous étions des Visualistes en lieu et place de graphistes ou designers. Je questionnais mes élèves sur le sens et leur demandais régulièrement de dépasser leur perception pour imaginer un autre possible. On ne parle pas là du réel mais des possibles comme vocabulaire graphique. Très vite me suis rendu compte qu’il fallait un support à mes cours et c’était précisément la naissance des blogs depuis 2004. Dès septembre 2005 me suis pris par le clavier et commencé, non sans peine, à rédiger et mettre en scène des contenus d’un cours qui allait devenir un succès dans les années qui suivirent. Reçu l’aide de Pascal Mongénie qui avait commencé un blog du Monde.fr sur la thématique du Jazz et de mon ami de l’époque Jonathan Munn qui maîtrisait les css afin de rendre ce blog un peu plus touchy que ce que le site du Monde pouvait et peut proposer à ses lecteurs. Et très vite je démarrais par les fondamentaux. L’histoire de l’écriture, de la lettre et parcourais les grands héros de la création graphique.
C’est donc naturellement que j’évoquais Hermann Zapf, Herbert Lubalin, Lou Dorfsman, Bradbury Thompson (Westvaco Inspirations) et bien sûr Neville Brody et David Carson. Il y avait là une progression qui convenait à certains de mes théories-lubies depuis ma fréquentation des Rencontres de Lure dès l’âge de 13 ans. La découverte des textes de Marshall McLuhan (Galaxie Gutenberg, pour comprendre les médias) n’était pas étranger à ma passion pour l’histoire des arts graphiques.
Curieusement, c’est beaucoup plus tard vers 1990 à 1993 que je découvris le travail de Zuzana Licko et Rudy VanderLans. Les raisons en sont à la fois mystérieuses et assez facile à comprendre. C’est assez tardivement que j’ai découvert les vertus graphiques des Macintosh au travers des logiciels comme Quark X-Press ou FreeHand et Illustrator. Photoshop me conquit que plus tard grâce à la version 3.0 qui nous permit de créer des calques. Et c’est précisément l’époque où des artistes comme David Carson et Neville Brody, présents déjà dans l’esprit de nombreux professionnels, vont se sentir dépossédés de leur puissance créative par les possibilités infinies des machines.
Un succès plus que mérité pour les fondateurs de Emigre.
La création typographique des fondateurs d’Emigre au contraire va connaître là le succès tant mérité puisque leur histoire a commencé bien plus tôt. Leur fonderie va renverser bien des idées reçues et la qualité de leur réalisation va les rendre incontournables dans l’univers de la création typographique.
Voici 13 ans j’émettais une théorie visuelle selon laquelle il existait deux époques majeurs dans la composition des pages. Gutenbergienne et Plasticienne. La première fonctionnait selon des structures «par apposition» et la deuxième par un système d’imbrications multiples et de calques en profondeur dans la page. C’est donc en 2005 que déjà j’évoquais ces différenciations majeures pour comprendre le graphisme contemporain. Les mises en page de David Carson et plus tard, bien plus tard celles de Neville Brody m’ont guidé dans cette découverte. Il est donc vrai que le travail d’Emigre s’inscrit dans cette deuxième catégorie de graphisme-typographie plasticiens. Dès 1986 nous avions également à typoGabor mené ce genre d’expérimentation avec les magazines Amour Chronique et Meurtres. Dans les pages, extraites de l’Album d’Emigre vous allez pouvoir explorer cet univers tout à fait révolutionnaire qui ont permis à leur promoteur de positionner les polices créés par leur équipe à l’avant garde de la création typographique. N’hésitez pas à commenter et apporter votre point de vue.
L’ouvrage ci-dessous rend compte de l’extraordinaire aventure qu’ils ont connus et je ne peux que vous inviter à vous le procurer car il viendra compléter très judicieusement votre bibliothèque de designer.
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Publié dansTypographie et typographies|Commentaires fermés sur Emigre or The Extraordinary Graphic Adventure of Zuzana Licko and Rudy VanderLans
LA PREMIÈRE FOIS | UN INTERVIEW DE SERGE LUTENS Et puisqu’on parle de nativité, me suis posé la question de ce qui pousse les artistes, les peintres, les graphistes, les designers à pencher vers leur métier de créateurs (cela vaut aussi pour les musiciens). Alors je me suis souvenu de cet interview que j’avais réalisé en 2007 d’un immense créateur, Serge Lutens. Et d’un seul coup il s’est lâché. Sur le centenaire des Demoiselles d’Avignon. Bon quand il parle des «boniches» c’est limite de la misogynie. Ce qu’il n’est pas et bien au contraire. Je peux vous l’assurer. Mais à l’époque, en 2007 on pouvait encore traiter les gens de cons, sans que cela ne soulève des «bronca» médiatiques.
Bref vous allez re-découvrir le tableau de Pablo Picasso, et la voix de Serge Lutens. Prise de son Jean-Charles Baudot. C’est aussi sans doute une de mes premières ITV et c’est là que j’ai pris plaisir LA PREMIÈRE FOIS* à cet exercice que je continue maintenant de façon plus régulière. *Pas tout à fait la première fois. J’avais interviewé Hermann Zapf en 1984 à Darmstadt avec comme interprète Fernand Baudin.
#monotype @Monotype Pourquoi tant de haine contre les éditeurs historiques de la typographie mondiale. À partir de 1990 la plupart des grandes fonderies de caractères (et fabricants de machines à composer) ont fait faillite, de même que leurs clients. J’ai perdu personnellement sept millions d’euros et du recommencer une carrière à zéro. Est-ce que j’ai de la haine pour Monsieur Warnock ou Monsieur Jobs? Non. Je préfère mourir. Curieux de tout plutôt que de regretter cette aventure humaine sans précédent depuis l’invention du caractère mobile de Gutenberg en 1452. • J’ai vu les plus grands créateurs typographes du monde, dessiner sur calque et reporter sur carte à gratter. Retoucher, gratter avec non pas des exactos mais des bistouris de la marque Stanley. José Mendoza a mis dix ans pour terminer la série des Photina pour la Monotype et John Dreyfus (qui fut le digne successeur de Stanley Morison) a accompagné cette création entièrement faite à la main. • Oui Monotype a racheté toutes les polices et tous les droits détenus par des fabricants comme Berthold, Agfa, Bobst, Nebiolo, Linotype, ITC et Letraset etc. ILS CONTINUENT DE PROMOUVOIR LA NOUVELLE CRÉATION EN DONNANT LEUR CHANCE AUX JEUNES CRÉATEURS D’ÊTRE CONNUS DANS LE MONDE ENTIER. • Les prix? Ils se sont effondrés, sous la pression d’un marché saturé d’originaux et de revivals. • Comme je le disais déjà à plusieurs reprises, j’ai infiniment plus de respect pour les créateurs qui s’amusent avec la typo que pour ceux qui s’essayent à des grandes séries de revivals qui n’ont d’autres intérêts que de polluer encore un peu plus les catalogues du monde entier. • Chacun est libre. Peut-être que si j’en avais la force et l’énergie, je m’attaquerais à ce genre de production. Ce serait juste pour prouver mon savoir faire, pour en recueillir les vrais fruits, et pouvoir réaliser des caractères d’entreprises. Car là, oui, il peut y avoir de vrais besoins, qui partent souvent d’ailleurs d’un logo, d’un dessin original pour ensuite se décliner en alphabet originaux pour l’entreprise qui en a passé commande. • Je me sens infiniment moins frustré de la survie de Monotype que de voir des centaines de caractères «déjà vus». • Si je devais aujourd’hui témoigner d’une quelconque frustration ce serait de voir que les prix des polices, fabriqués aujourd’hui avec des logiciels qui coûtent moins de 1000€ quand ils ne sont pas gratuits, coûter aussi cher, voire plus, que des polices qui ont été dessinés et fabriqués à l’aide de process industriels autrement plus coûteux. DES PRIX PROHIBITIFS COMPTE TENU DU COÛT RIDICULEMENT FAIBLE DES PROCESSUS D’AUJOURD’HUI, QUE CELA SOIT DIT ET RÉPÉTÉ.
• AMEN
Il y a longtemps que j’aurais du publier cet ouvrage que m’a confié Jacques André à cet effet. Mais je n’ai pas pu, pour des raisons personnelles dont je me suis largement expliqué à ce dernier ainsi qu’à Frank Adebiaye qui est venu m’interviewer chez moi pour ma contribution au monde de la typographie des années « PhotoTitrage et Photocomposition ». Me souviens également de la venue chez moi de Thierry Gouttenègre qui m’avait longuement cuisiné sur la transition entre les lettres transfert et le phototitrage.
Il n’est pas dans mon intention de faire ici l’exégèse de cet immense ouvrage. Exhaustif tant dans l’historique des évolutions techniques, technologiques et artistiques. Les intervenants qui ont contribué à la rédaction du livre ont fait là un travail considérable car ne voulant rien omettre de l’aventure d’un métier qui aura traversé le plomb, la lumière et le numérique pour nous permettre aujourd’hui d’utiliser toutes les polices du monde sur n’importe quelle machine, n’importe quel ordinateur.
Ce n’est pas non plus aujourd’hui que je vais me fendre de ma propre histoire, dans cette affaire qui aura remué un quart de siècle de ma carrière et sans doute plus si l’on peut considérer que d’une manière ou d’une autre une fois que le regard s’est mis en mouvement, il est difficile d’arrêter notre sens de l’observation sur tout ce qui a un rapport au signe et à ses usages.
Bien, une fois que j’ai dit tout le bien que cet ouvrage mérite que l’on en dise, me permettrais-je juste de regretter une mise en page un peu bâclée qui ne donne pas toujours la dimension du travail accompli par les auteurs. Mais en même temps, on mesure l’ambition de l’éditeur, qui a voulu « balayer » l’ensemble des registres professionnels qui ont œuvré à l’accomplissement de cette aventure.
Entre temps, cette encyclopédie a eu le bonheur de remporter en juin 2017 le Prix du Meilleur Livre en Graphisme décerné par le FILAF (Festival International du Livre d’Art et du Film). Je pense que ce Prix est largement mérité eu égard au travail documentaire accompli et que je ne vais pas chipoter pour mon goût d’une mise en page plus rigoureuse et plus lisible. Voire plus élégante.
Les sources directs et autres renseignements pour trouver l’ouvrage sont disponibles chez l’auteur.
Mode d’emploi sur les images reproduites du livre.
Vous pouvez cliquer sur n’importe quel page, un nouvel onglet s’ouvre avec une taille suffisante pour observer les détails les plus menus qui peuvent vous intéresser. Un mode de navigation moins sophistiqué que la plupart des lecteurs qui allient zoom dynamique et feuilletage style pdf (issue). Mais peut-être plus pérenne quant au codage des sites.
Le processus de Bologne a ouvert la boîte à Pandore de l’industrialisation et la privatisation de l’enseignement supérieur. 16 millions d’étudiants en 1965, 200 millions au passage du Processus de Bologne en 1999-2001 et on prévoit déjà 400 millions d’étudiants dans le supérieur pour dans moins de quinze ans. Une manne pour les fonds de pension et la spéculation financière dans un domaine qui devrait au contraire rester réservé au service public, c’est-à-dire à un État social et respectueux de l’avenir des jeunes.
• Les jeunes du monde entier s’endettent pour une course folle pour décrocher des diplômes qui dans un contexte néo-libéral et de désindustrialisation des pays du Nord crée le chômage de masse d’une population qui doit se satisfaire du seul secteur qui reste, celui du tertiaire.
• Que l’institut Montaigne désigne le secteur numérique comme porteur n’est pas étonnant, le bon sens près de chez vous (vieux slogan du Crédit Agricole)… Mais qu’il promeut, d’abord l’indépendance des Universités pour accélérer la privatisation de ce secteur en dit long sur l’inconscience dont il fait preuve dans les prévisions économiques et sociales.
• Les économistes atterrés le dénoncent depuis 2013-2014. Le néo-libéralisme, c’est à dire un capitalisme financier qui se déconnecte du réel, n’a cure des conséquences désastreuses pour les familles des classes moyennes, qui se sur-endettent pour juste acheter le rêve d’une emploi assuré à la sortie des écoles. Et là on a juste envie de leur crier… foutaises.
• Les lobbies financiers se moquent éperdument de l’avenir des classes moyennes et des peuples en précarité. Va pour les diplômes, puisque c’est la nouvelle manne financière. Mais la Casse Sociale va être à la hauteur des emprunts et des déficits d’emplois.
• Vous croyez que les médias traitent de ces sujets? Oui bien sûr. Mais pour cela il faut regarder ARTE et non BFM ou CNews. Quant à Ruquier ou Hanouna, n’en parlons pas. On n’a pas encore besoin de diplôme pour faire le guignol de la Société du Spectacle.