Albert Hollenstein | «Etapes» de l’œuvre d’un typographe suisse à Paris

J’ai rencontré au mois de février la Rédaction d’Étapes, qui m’a demandé de plancher sur un article consacré à Albert Hollenstein, sa vie, son œuvre.

C’était pour moi un très grand challenge. Parce que non seulement c’est un des hommes qui m’a le plus marqué, mais sans doute c’est un de ceux qui m’ont donné l’envie de créer ma propre entreprise de typographie. De ce fait et par voie de conséquence je me suis aussi retrouvé très souvent en concurrence avec son entreprise, sa production.

Hollenstein est décédé en 1974 dans des conditions tragiques à l’âge de 44 ans, laissant derrière lui une œuvre magistrale et une équipe de professionnels et d’amis orphelins de son sourire de gamin éternel. De son talent et de ses passions partagées.

C’est aussi l’occasion pour moi de rappeler que «ce qui va au papier doit venir du papier» (mot de Michel que j’affectionne particulièrement). Ainsi il était tout à fait indiqué de publier cette vie, cet œuvre dans les colonnes graphiques de la revue Étapes où vous pourrez découvrir ce mois-ci les innombrables travaux, des caractères inédits, une philosophie de la communication qu’Albert Hollenstein, Hol pour ses compagnons et amis, avait dispensé tout au long de sa courte carrière. (Article rédigé sous le #131 d’étapes.)
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Affiche sérigraphique, format 50 x 60, papier mat 220g. Autopromotion et promotion du caractère OR d’André Chante. Le design à l’honneur dans une France qui découvre pour la première fois depuis la fin de la guerre les formes fonctionnelles et surtout arrondis du design bauhausien. Chante était épris de cynétisme, Yvaral, le fils de Vasarely suivait dans les pas de son père, de même que Soto exposé à la Galerie Denise René. Hollenstein a lancé avec cette affiche une des typos les plus marquantes de l’époque, réalisé avec une perfection inégalée et uniquement à l’aide de règles et de compas par un André Chante devenu suisse par vocation. et un court extrait :

PhotoTypo Hollenstein

Inventeur en son temps des lettres de lumière il avait fait construire une machine, véritable composteur de lumière qui lui permettait enfin de composer ses titres selon les approches idéales, c’est-à-dire rectifiées entre chaque lettre selon l’architecture même de la lettre. La machine était d’une conception assez simple. Dérivée d’un banc de repro (duction) et d’un composteur gigantesque, ce dernier était constitué d’un rail translucide éclairé par en dessous par un tube-néon où le typo alignait ses lettres-films pour composer des lignes-blocs. Un système d’aspiration maintenait les lettres plaquées contre le rail de plexiglas, de sorte qu’une fois composées, elles ne bougent plus jusqu’à l’opération de photographie sous le banc de repro. L’opération terminée elles étaient redistribuées dans des casses tout comme les lettres en plomb.

Rendez-vous donc cette fois-ci dans les kiosques ou boutiques spécialisées dans les arts graphiques (artazart par exemple pour ne pas les citer) pour continuer à lire mes passions pour les grands typographes qui ont marqué le vingtième siècle.

 

Et aussi sur l’article que j’ai fini par rédiger au mois de mai 2007 ici.

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Une réponse à Albert Hollenstein | «Etapes» de l’œuvre d’un typographe suisse à Paris

  1. peter dit :

    oui c’est un double joke, 1ère interprétation bonne, la votre. Deuxième, la mienne, on part d’un blog aui parle esssentiellement (à90%) de print et au final, au travers d’Étapes, j’y reviens… mais vous avez tout compris j’en suis sûr ¡¿