Roger Excoffon | Hommage au Graphiste et à l’homme

Voici déjà les documents que je compléterai dans les heures qui suivent par les textes et légendes. Réjouissez-vous tout de même, ces images sont issues du catalogue de l’exposition qui se tint au Musée de la Monnaie peu après la disparition du maître. Ce catalogue est introuvable et il constitue une véritable somme, un résumé très complet de l’œuvre de Roger Excoffon. Vous pouvez en attendant les textes définitifs de cette chronique, consulter ce que j’ai déjà produit dans un billet précédent sur Roger Excoffon ici.

© photo-reproductions peter gabor pour Design et Typo, 2008 | tous droits réservés | usage strictement pédagogique.



Le cas de Roger Excoffon est celui d’un des très grands artistes contemporains.

Artiste tout court: car le graphiste prestigieux ne vient qu’ensuite. Il est peintre. Il aime Sa Provence. Le graphisme fut pour lui une vocation tardive. En moins de quinze années, la conjonction de Roger Excoffon avec la Fonderie Olive a doté la France de ce qu’elle n’avait jamais connu depuis ‘la Belle Époque’ de Georges Auriol et de Georges Peignot, au début de ce siècle; un interpète de la lettre, entièrement, foncièrement, intensément français.

Exclusivement. Plus gallo encore que latin ce qui a rendu son succès international.

Car vivacité ne veut pas dire facilité: Roger Excoffon, l’homme de la griffe et du paraphe est aussi celui de la force contenue; de l’improvisation, soit, mais vingt fois répétée… Un saut périlleux au ralenti. Il n’ a pas de règles apprises, mais une discipline de soi au sens monastique, déchirant – j’allais dire, calviniste. Ce qui lui permet d’être tout entier dans son œuvre, ce mélange d’accueil et de refus qui se résout (pour le spectateur) en une joie d’autant plus délicieuse d’avoir été difficile.

Il n’a pas pas pris de thèmes, comme la plupart d’entre nous, dans les actualités successives, les vieilleries savoureuses, un excès d’érudition, ou un radar accrocheur de tous snobismes. Il est ‘entré en publicité’ comme on entre en loge: avec la volonté et aussi le pouvoir d’engager dans une action décisive et publique les fruits d’une jeune maturité.

Du premier jet, sans avoir passé par les filières, Excoffon s’est trouvé à l’échelon supérieur du métier publicitaire. Ce qu’il n’oserait pour lui, qui intimiderait sa toile — publicitairement il l’ose. Pour le client, il a l’audace de l’audace. Et le public, l’homme-de-la-rue, qui comprend vite et loin, est heureux avec lui.

Louons les dieux d’avoir tiré ce peintre-dessinateur (il y a peu) du culte du moi-seul, pour le jeter tout vif sur le papier agile, entre les rouleaux rapides, dilué dans l’encre odoriférente… le matériau de notre temps.

Maximilien Vox


‘Angoisse, top zéro’

‘Ce possible qui est ailleurs impossible: une œuvre d’art’

‘Extrait d’une lettre d’Excoffon à John Dreyfus, que celui-ci fit composer en Mistral pour l’édition 1956 du Penrose Annual. La composition anglaise ne tenait pas compte ici des accents français.’

‘Caractère Diane’

‘Première lettre d’un alphabet commandé par Berthold en 1970 et resté inédit.’ Il faut avoir été sur la table du dessinateur où s’empilent les innombrables calques, sur lesquels se polit indéfiniment, la courbe d’un a, d’un b, d’un c…etc. pour sentir ce qu’est cette ‘typographie’ du compte-fils, de même qu’il faut avoir pris en main la composition de plomb et l’avoir retournée pour comprendre ‘la typographie de l’envers’.

‘L’intelligence crée des relations nouvelles’.

‘On ne fait pas de bonne typographie sur un mauvais texte’.

‘Effigie de Marianne pour la déclaration de revenus de 1973, tiré à 80 millions d’exemplaires’.


‘Étude pour le renouvèlement de l’image de marque Air France (1968)’


‘Petit Larousse Illustré’

‘Grande Encyclopédie Larousse ‘l’infini des connaissances’.

 

‘Créé pour l’Exposition Française de Montréal en 1963, le graphisme du ‘coq’ a été réédité en affiches et affichettes destinées à l’annonce des Semaines Françaises en Suisse en 1965, 1966 et 1967 et pour l’Exposition Française de Tokyo en 1966 ainsi qu’en couvertures du Graphis Annual 1966, et de la revue éditée par la Chambre de Commerce Française des États Unis. Ajoutons que ce graphisme, en mouvement, illustra le générique en noir et blanc des actualités cinématographiques ‘Pathé-Magazine’.’

‘Affiche de prestige Air France (1965)’.

‘Sous le mécénat de la publicité le visuel peut éclater’.

‘Image de marque de la Caisse d’Épargne en couleur et en noir et blanc graphique’.

‘Les œufs NB’.

‘Avec ce timbre, qu’il nous offre aujourd’hui, c’est le même enchantement. Dédaignant les allégories faciles, il s’empare des deux vieilles initiales de la République Française, les arrache à leurs frontons où elles prenaient racine, les fait refleurir, les teinte de bleu, les noue et, du geste auguste du semeur d’étoiles, les projette dans l’immensité du ciel postal’. Savignac

‘Si vous savez écrire, vous savez dessiner’

© photo-reproductions peter gabor pour Design et Typo, 2008 | tous droits réservés | usage strictement pédagogique.

Ce contenu a été publié dans Création plastique, Galaxie Gutenberg, Typo | Histoire, Typographie et typographies. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à Roger Excoffon | Hommage au Graphiste et à l’homme

  1. LE PHILIPPE Raymond dit :

    Très intéressé par la qualité de cette information. Je suis un ancien élève de René PONOT (arts graphiques) pour qui j’avais réalisé des travaux graphiques destinés aux rencontres de Lure en 1950 – 52.
    Je recherche toutes informations, documents, épreuves concernant le projet de timbre de la « Marianne » non émise présenté par Excoffon et remplacée par celle de Gandon. En vue d’enrichir une enquête menée par notre Amicale Philatélique de Rochefort concernant l’histoire de ce timbre et naturellement de son auteur.
    Merci pour toutes informations. RLP

Les commentaires sont fermés.