les blondes et les luttes anti-raciales | le buzz des années 60-70

Allez, je m’y colle. Je n’aurais sans doute jamais soulevé la question si Étienne Mineur n’avait pas publié ces deux videos. Et puis je vais faire court pour une fois parce qu’un peu débordé de toutes parts ;-) Enfin court… je croyais! Tout le monde peut se tromper.
Saviez-vous l’origine des histoires de Blondes et leur apparition comme actrices débiles dans les sit-com et la pub communicante? Sans doute pas ;-)

http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_158c.jpg
http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_07c.jpg

Premier Acte:
Il faut remonter aux années 1930-1965 aux États-Unis pour en découvrir l’origine. Comme vous le savez la publicité comparative est et en tous cas était légale dans ce grand pays de Cow-Boys sans états d’âme (j’rigole). La ségrégation raciale battait son plein dans les années après la dépression. Eh oui les mêmes causes: pauvreté, famine, insécurité sociale, inégalités et injustices provoquent à peu près les mêmes effets partout dans le monde. Jean-Marie Le Pen n’a même pas inventé ça! Alors au plus fort de l’influence des Klu-Klux-Klan et des lynchages de noirs (lire absolument le roman de Boris Vian, j’irai cracher sur vos tombes), les agences de publicité se servaient de l’image négative des minorités noires pour discréditer des produits concurrents.

http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_31c.jpg

Deuxième Acte:

Dans les années 60 la lutte anti-raciale a repris le dessus, I have a dream: Cette phrase, ce cri d’espoir est illustre bien au-delà des États-Unis, à travers le monde entier. Le discours fut prononcé sur les marches du Lincoln Memorial pendant la Marche vers Washington pour le travail et la liberté à Washington DC le 28 août 1963. Dans ce discours, Martin Luther King exprime avec toute la force de son éloquence son vif désir d’une Amérique où Blancs et Noirs coexistent harmonieusement en tant qu’égaux.

À force de travail et de convictions partagées les organisations et lobbies anti-raciales réussissaient à limiter de plus en plus, jusqu’à faire interdire l’usage négative des noirs dans la communication. La guerre du Vietnam avec son brassage socio-ethnique et ses milliers de victimes achevèrent le travail.

http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_098c.jpg

Troisième Acte:
Les publicitaires ont recouru alors à un subterfuge qui faillit tromper tout le monde: remplacer les noirs par les femmes brunes et les blancs par les femmes blondes. Il était fréquent alors de voir dans une pub télé, une Brune pousser un caddy plein à craquer entourée d’une marmaille de quatre enfants qui la tirait à hue et à dia. Pendant ce temps, la Blonde, accompagnée de son chevalier de gentleman, posait délicatement quelques produits dans un caddy que celui-ci poussait délicatement vers les caisses enregistreuses. Gantée de blanc jusqu’au coude bien sûr, cela va de soi.

Quatrième Acte:
Les Associations anti-raciales rejointes par les féministes d’avant garde ont inventé alors une des premières campagnes de communication virale. Un Buzz à l’échelle d’un pays de 180.000.000 d’habitants. Et sans l’aide d’Internet, s’il vous plait. Ils ont lancé massivement des blagues ridiculisant les blondes, les affublant d’une débilité incommensurable. Journaux, télés, magazines, toute la presse a relayé ces campagnes au point que les publicitaires ont dû peu à peu faire marche arrière et cesser d’utiliser les Brunes comme les faire-valoir des blondes.

Cinquième et dernier Acte:
Le temps a passé, les publicitaires américains ont renoncé à l’usage de ces subterfuges qui ridiculaisaient toutes leurs campagnes, mais les blagues sont restées. Les Blondes ont traversées les continents et continuent encore à faire rire alors que les luttes raciales ont pris d’autres formes, peut-être encore plus violentes (Nord-Sud, Alters contre le G8, Banlieux contre la Ville du centre etc.). Le thème du Devine qui Vient Dîner ce Soir reste éternel mais grâce au travail des associations, et de graphistes célèbres comme Lou Dorfsman ou Herbert Lubalin voire de cinéastes indé.: Spike Lee pour ne pas le nommer, on ne servira plus jamais de la couleur des peaux pour comparer des produits.

http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_152c.jpg

http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_155c.jpg

http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_153c.jpg

http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_151c.jpg

Allez, ne riez plus jamais des blondes sans penser aux luttes raciales!

http://www.typogabor.com/Media/herb_lubalin_144c.jpg

Ce contenu a été publié dans De la Modernité, Opinions et Im-pertinences. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Une réponse à les blondes et les luttes anti-raciales | le buzz des années 60-70

  1. Margaux dit :

    Bonjour

    J’aime beaucoup ton blog, tes images sont tres interessante, il est asser complet et surtout en ce qui concerne nos demoiselles blondes ^^ « lol »

    J’aurais aimer savoir si tu avais des informations sur le graphisme des année 1920 a 1940 (entre les 2 guerre en gros)
    Si c’est le cas et que ce ne te derange pas envoie moi un mail. :)
    Merci d’avance