La Crise expliquée par Libé & Yves Montand en…1984

C’est en février 1984 que Libération
sort un numéro spécial sur La Crise. 

Je n’ai pas envie de polémiquer sur l’édition de ce numéro de l’époque, ni de réécrire l’histoire de notre économie que chacun connaît. Vous pouvez cliquer sur chaque page et la découvrir pour la lire en détail.
Vous pouvez aussi commenter, dire votre sentiment, esquisser une relation entre la presse, la manipulation des médias et les résultats catastrophiques auquels nous sommes arrivés. Juste pour dire: 1984 c’est aussi le titre du roman de George Orwell, c’est aussi l’année où Steve Jobs a lancé le premier Macintosh. C’est aussi cinq ans avant la propulsion du tout Postscript donc du tout numérique. 1984 une année de chômage à 2 millions d’âmes, déjà… que le monde numérique, plus internet, plus la mondialisation, plus l’émergénce des pays en voie de développement, plus l’emballement du capitalisme financier allaient provoquer les plus grandes destructions de gisements d’emploi jamais vu dans les économies passées. Mais il y aurait tant et tant à dire, que je vous laisse à méditer et déposer ici vos commentaires argumentés. Pour une fois je préfère que ce soit mes lecteurs qui écrivent l’article, suis sûr que j’oublierai trop de choses. Où étiez vous en 1984, qu’êtes vous devenus, comment avez-vous vécu ces tourbillons de crises successifs qui ne se sont jamais taries depuis la publication de ce numéro spécial. Votre sentiment sur les Sorties de Crise possibles. Courage à vous et merci d’avance pour votre participation.
Ah j’oublie l’essentiel: les titres de cette édition spéciale: composés en Graph Lubalin.

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ET NOUS SOMMES AUJOURD’HUI
LE 13 MAI 2026

 

L‘année où le PS a choisi son camp. Le capitalisme néolibéral.

En somme tout est dit, pas touche au riche, sinon on meurt.

🟥 🟩 🟦  « Vive la Crise ! », février 1984 : pièce d’archive d’une perfection embarrassante, acte de naissance officiel du ralliement de la gauche française à ce qu’on n’appelait pas encore néolibéralisme. Le numéro, coproduit par Libération et Antenne 2 — l’alliance médiatique qui dit déjà tout —, voit July signer l’éditorial-manifeste, Montand prêter sa gueule de prolétaire repenti, l’appareil rhétorique de la « modernisation » se déployer avec la candeur d’une confession publique. Il faut payer, annonce la maquette en lettres-bâton sur fond Bleu puis en Mécane Graph Lubalin. On paiera, en effet — quarante ans plus tard, on paie toujours.

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La beauté du dispositif tient dans le casting. Tahar Ben Jelloun, mobilisé pour traiter les Français d’« enfants gâtés », accomplit le rôle culturellement dévolu à l’écrivain venu d’ailleurs : faire honte aux indigènes de leurs maigres acquis. Jean Lacouture pleure poétiquement la fin de l’empire. Michel Albert décrète la fin de toute politique économique possible. Et la rubrique « Il n’y a qu’à… » liquide en bloc toute alternative en la ridiculisant — fermer les frontières, renvoyer les immigrés, transformer les chômeurs en fonctionnaires : précisément les options que l’extrême-droite reprendra trois décennies durant sans plus d’obstacle.

Mention spéciale à Rosanvallon prophétisant dès 1984 « trente ans de croissance zéro » à l’horizon 2015 : il avait vu juste, simplement il s’en est depuis parfaitement accommodé. Et puis ce titre, page 70, sublime de cynisme involontaire : « Si la gauche n’est plus contre le capitalisme, comment va-t-elle se définir ? » — Vous rigolez, ou quoi ? Non, justement. On ne rigole plus.

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©peter gabor | directeur d’e-artsup

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