Kner, une famille d’imprimeur-éditeur magyare | 1882-1944 | 2/2

Avertissement: voici la deuxième partie de l’hommage à l’œuvre de la famille Kner, éditeurs et imprimeurs entre 1882 et 1944. La première partie se trouve ici! ainsi que l’introduction et les commentaires de la chronique.

© photos peter gabor pour design et typo | 2008

Reliure cuir avec dorure par Erzsébet Kner, 1924

Reliure doré pour un hommage à l’œuvre de Kis Miklós, Le Totfalusi
1940, réalisé par Erzsébet Kner.

Jaquette de livre, conception Kner Imre, 1941

Pour un Roman de Izidor Kner, Jaquette dessiné par Gergely Tibor et mis en page par Haiman György

dessin par Gergely Tibor

dessin par Gergely Tibor


dessin par Gergely Tibor

Jaquette de livre, 1935

Reliure doré par Erzsébet Kner pour un livre de Osvát Ernö

Signet dessiné et typographié par Kozma Lajos en 1925

Deux couvertures décorés par Kozma Lajos et mis en page par Kner Imre

Décoration pour une reliure par Kozma Lajos,1921

Deux gravures sur bois de Kozma Lajos, 1920

Couvertures de ‘contes pour enfants’ de Balázs Béla illustré par Kozma Lajos et Lesznai Anna dessiné et illustré par l’auteure elle-même.

Couverture d’Almanach dessiné par Kozma Lajos, 1919

Jaquette de livre dessiné et maquettée par l’auteure elle-même, Lesznai Anna, 1918

Jaquette de livre maquetté par Kozma Lajos, 1917

Pour le Livre des Livres, une page, maquette de Kner Imre et frise décorative par Geiger Richárd

Dessin décoratif de Örkényi István pour un livre réalisé par Kner, 1913

Maquette constructiviste pour une jaquette de livre par Kner Imre, 1907

Kner Izidor, éditeur, maquettes de couverture par le jeune Kner Imre, 1906

Travaux d’impression de ville, maquettes d’Albert Kner, 1930-1935

Graphismes de Kner Albert, 1933

Fond d’agendas, graphisme de Kner Albert, 1930

Couverture de magazine ‘la vie de la Réclame’, maquette de Haiman György, 1933

Carte de vœux pour 1930 par Kozma Lajos

La première partie de cet hommage à l’œuvre de la famille Kner, se trouve ici!

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Kner, une famille d’imprimeur-éditeur magyare | 1882-1944 | 1/2

Je publie ce jour quelques reproductions d’un ouvrage assez rare concernant une des plus grandes familles d’imprimeurs que la Hongrie connût. Les Kner! Nous avions abordé dans le billet précédent quelques commentaires sur les trademarks, leur évolution depuis le début du XXe siècle. L’on voit bien d’après les illustrations ci-après le rôle et l’importance que jouent les imprimeurs dans l’histoire des logotypes modernes. Emblèmes de métier, ils firent dessiner nombre de personnages et de symboles pour ‘signifier’ leur corporation et leur ‘petite’ entreprise. La marque de fabrique des imprimeurs: un sujet d’importance que nous pourrions aborder un jour tant leur évolution a suivie celle de l’histoire des images de marque.

Juste pour ajouter à cette introduction: de fait la famille Kner, son œuvre immense dans le domaine de l’édition et des arts graphiques a eu un retentissement mondial. Albert Kner émigra aux USA après la guerre et continua de promouvoir l’excellence de son métier à New York.

Il me semblait important de publier cette note avant de continuer l’exploration du monde des images de marques — avant et après — le monde atteint par le numérique. Je me permets de vous resignaler l’excellent billet écrit par Michel Disles cofondateur de Carré Noir concernant l’apport de l’héraldique dans la conception des images de marques.

Avertissement: La deuxième partie de cet hommage à l’œuvre de la famille Kner se trouve ici!.

© photos peter gabor pour design et typo | 2008

Détail Couverture du Livre: La Famille Kner, et l’art de l’édition hongroise de 1882 à 1944 (mise en page par Haiman György)


Couverture de Kner Imre, composition avec des lettres et des lignes orthogonales.

Kozma Lajos, première maquette de couverture imprimé sur les presses de l’imprimerie Kner


Maquette de couverture de Divéky József


Maquette de couverture de Kner Imre

Typographié par Kner Imre et illustré par Kozma Lajos (vignettes, gravure sur bois)

Série de vignettes, gravure sur bois de Kozma Lajos (1920)


Typographie selon Fournier, XVIIIe, vignettes en bois

Maquette de Albert Kner (1926), gravure sur bois


Gravures sur bois, Albert Kner (1924)

Édition à compte d’auteur de Otto Conrad, texte de Marc Aurèle, un seul exemplaire fut imprimé en 1930.


Couverture pour un ‘spécimen’ de caractères plomb, 1895, Kner Izidor.


1909, maquette d’une enveloppe réalisée par le jeune Imre Kner (1909). Décoratif, usage des filets et aplats couleur et de quelques vignettes.


1911-1912, maquettes de papiers en-tête par Imre Kner.

1909, travail scolaire récompensé de Pechán József. Une invitation.



1909, Une invitation sur concours gagnée, maquettée par Darilek Harry.


1909, Une invitation sur concours gagnée, maquettée par Darilek Harry.


Divéky József, maquette d’invitation, 1914.


Diósy Antal, maquette d’invitation, 1929.

Végh Gusztáv, Enveloppe, 1930.

Kozma Lajos, maquettes de voeux aux alentour de 1925.

Carte de voeux par Divéky József et Kozma Lajos



Emblèmes et sigles réalisés par les éditions Kner autour de 1935.

Timbres publicitaires (réclame) réalisés d’après les maquettes de Kaesz Gyula pour l’imprimeur-éditeur Kner

Où l’on découvre plusieurs choses: la Hongrie (Magyar Ország) a une grande tradition des arts graphiques et de l’imprimerie. Les œuvres ci-dessus démontrent la porosité des mouvements DaDa et suprématistes dans toute l’europe de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. Une période faste pour la Hongrie d’avant l’annexion de l’Autriche-Hongrie par le régime Nazi. Il est tout à fait remarquable de trouver un éventail de polices de caractères plomb au choix le plus éclectique. Garaldes, Didones, Linéales, Manuaires fournissent à foison les casses des imprimeurs et les graphistes hongrois travaillent avec le même souci de perfection que leur collègue de l’ouest. Ils sont sous le charme d’un mélange de la tradition et de la modernité qui leur vient de l’Est et d’Allemagne. Les tendances se téléscopent, art déco, bauhaus, classicisme cohabitent dans le même temps. La Publicité s’appelait encore la Réclame mais le graphiste avait déjà compris la nécessité d’être efficace, ramasser les signifiants d’un message à leur expression la plus dépouillée. L’interruption forcée par la guerre ne changera rien à la marche de cette ultra sensibilité. Et les professionnels hongrois à l’instar de leur collègues polonais et tchèques déploieront force talent pour promouvoir la Nouvelle Société communiste jusqu’à ce jour historique où le mur de Berlin s’en ira en poussière et que ce pays rejoindra les structures politiques et économiques de la grande Europe. Pour un petit pays de dix millions d’âmes peu urbanisé dans ces temps reculés on peut sans conteste parler d’un miracle graphique à la magyare tant la qualité des œuvres se ressent d’une sensibilité universelle.

Avertissement: La deuxième partie de cet hommage à l’œuvre de la famille Kner se trouve ici!.

© photos peter gabor pour design et typo | 2008

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Top Symbols & trademarks of the world | Vol.2

J’avais publié le 5 mai 2006 le premier volume d’une collection de 10 albums édités par Franco Maria Ricci et Corinna Ferrari en 1973. Voici aujourd’hui présenté le deuxième volume de cette somme assez incroyable par le foisonnement, la richesse des ressources et la rigueur quasi encyclopédique déployée par les deux auteurs sus-nommés.

Ce n’est pas moins de 300 pages et environ 600 trademark dont il s’agit là. La fin des marques des USA (publiés dans le premier volume) et une quantité impressionnante de marques venant du Canada. Chacun des trademarks se trouve accompagné de la nomenclature de ses créateurs: le Client, son origine géographique, son secteur d’activité, le Designer et l’Agence en charge du budget ainsi que l’année de sa création. On imagine sans peine la logistique nécessaire à ce travail à une époque où Internet n’existait pas encore, et que le Fax venait juste de naitre sous une forme artisanale qui n’a rien à voir avec les technologies d’aujourd’hui (rapidité, laser, multi-envoi etc.). Il est à parier que tout ce travail organisationnel a été effectué par courrier postal et peut-être par téléphone (j’en doute). Rendons donc hommage à ces deux auteurs d’avoir commencé et terminé quelques mois plus tard la publication de près de 6000 signatures d’entreprise parfaitement recensées et légendées.

Il serait parfaitement superfétatoire de ma part de vouloir analyser chacune de ces marques, travail titanesque auquel je ne me risquerai même pas. Cependant il apparait nécessaire de dégager quelques grandes lignes de cet expression graphique.

Tout d’abord qu’est ce qu’un logotype. Contrairement aux idées reçues, ce n’est ni le symbole, ni le sigle ou acronyme, très exactement il s’agit de l’écriture intelligente c’est à dire qui fait sens de la marque. Sony, Apple, Kodak, ou Wolkswagen (etc.) se sont dotés d’un arsenal de signifiants dont un logotype.

L’ensemble Symbole + Sigle + Logotype constitue un tout rassemblé sous le terme générique de bloc-marque. Sans compter des extensions de ce système lorsqu’une marque se dote d’une marque ombrelle. Nous y reviendrons.

Lorsqu’on examine à la loupe chacun de ces trademarks on constate presque toujours un certain nombre de constantes.

Une bonne marque n’est pas bavarde. Elle résume de la façon la plus simple le métier, les valeurs, l’environnement industriel et/ou le secteur d’activité de l’entreprise ou de l’institution. Il est à parier que chacune des créations ainsi rapporté a fait l’objet d’une démarche réflexive où le client et son agence/designer ont analysé de la façon la plus claire et évocatrice le message que doit délivrer la marque. On peut aussi parler de poésie de la marque, par sa simplicité minimaliste elle rappelle cette forme d’écriture cher au Japon le haiku, qui ne s’embarrasse d’aucune circonvolution verbale.

Nombre de créations se contentent d’assembler graphiquement deux ou trois lettres. Nous disons graphiquement lorsque cet assemblage subtilise au passage toute forme typographique inutile à la compréhension d’un sigle ou d’un acronyme. Ainsi par exemple le ‘RJR’ dessiné par Walter P. Margulies en 1969. Bien entendu la poésie des marques s’exprime plus évidemment dans la recherche d’un symbole significatif, c’est le cas de la marque ‘FONDA’ dessiné par Dixon & Parcels Associates.

Chacun sait qu’il faut chercher l’origine de cet art du ‘résumé’ de l’image de l’entreprise dans la symbolique des blasons, la science de l’héraldique. Mais alors que cet art remonte à l’époque antique, son propos était tout autant d’affirmer la puissance d’un seigneur à une époque où les rois tiraient leur légitimité de Dieu que de servir aux nobles artisans d’enseigne pour leur métier. Sorte d’écusson païen qui se devait de rappeler au chaland l’exercice d’une profession hautement respectable.

C’est donc le XIXe siècle, et surtout le XXe qui voyaient le développement de l’industrialisation qui donnèrent à cette forme d’expression graphique ses lettres de notoriété. Là il s’agissait de marquer des produits distribués par milliers puis par million. Là il s’agissait de publier des ‘réclames’ puis des publicités portant l’enseigne, la marque de l’entreprise.

Il existe des modes dans cet expression. Elles tiennent autant aux outils de conception (crayon, gouache, carte à gratter) qu’aux médias qui les véhiculent. Le Print et l’architecture corporate ont développé des modes dont témoigne cet ouvrage de Franco Maria Ricci. Les trademarks s’exprimaient d’abord en noir et blanc et se devaient de ‘fonctionner’ de la sorte. Sans l’aide chatoyante de la couleur. On verra que depuis près de trente ans l’arrivée d’un univers d’écran translucide (ou trans-lucide) a formatée l’expression graphique des marques en couleur, se servant à la fois de transparences et d’effets de brillance. (cf la nouvelle marque de Rank Zerox). Il s’agit sans doute d’une tendance lourde et d’une véritable rupture avec la première époque des logotypes et marques. (Bien qu’on puisse voir dans les écussons en métal les prémices de cette tendance moderne). Je vous laisse découvrir les quelques pages qui suivent et surtout d’aller visiter ensuite la galerie que nous avons monté sur le site de Design et Typo le Site. Et n’hésitez pas à retoruner visiter le premier billet publié en 2006 avec le 1er volume de cette encyclopédie.

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