Life 2.0 | typographie et constats urbains d’un bloggeur solitaire

Et ne croyez surtout pas, que j’ai arrêté mon blog :-)

Juste une respiration que je me suis octroyé durant quelques temps. Pour retrouver l’envie, le désir de publier qui de temps à autre peut s’assécher. Et du coup l’on se rend compte et du chemin parcouru et de la béance de ce qui reste à découvrir et partager. N’y voyez aucun signe de dégoût ni de ras-le-bol, seulement un principe de réalité.

D’autres priorités qui s’enchevêtrent et bousculent les emplois de temps, puis le questionnement… peut-on s’occtroyer le droit de respirer? Et la réponse fuse: oui bien sûr, puisque seul le plaisir doit dicter le bloggeur, et non une quelconque course à l’audience. Il faut savoir être gentil avec soi-même si l’on veut durer, si l’on veut perdurer.

Il faut accepter son rythme à soi, et de ne pas regretter d’être seul, bien que j’ai interrogé quelques amis pour savoir s’ils avaient envie de devenir contributeurs sur ce blog. Pas de réponse ou des réponses négatives. Il est vrai que je suis exigeant. Que je n’aime publier des notes qu’à la condition expresse qu’elles sachent susciter des questions, décanter et analyser les non-dits ou les dénis de l’information. Qu’elle soit graphique, typographique ou tout simplement visuelle.

Alors bien entendu je repose la question: y a-t-il quelqu’un parmi mes lecteurs qui seraient tenté par une co-écriture, une co-publication de notes, sans aucune contrainte de quantité ni de régularité? Juste une seule, un «dogme», celui de publier des infos graphiques en les décryptant. Besoin donc de re-publier mais aussi de partager l’aventure. Les réponses sont bienvenues ici dans les commentaires, ou tout simplement par mail: peter.gabor/AT/gmail.com.

À propos de cette vidéo, la bande sonore en est particulièrement bien soignée avec une reprise-remix de la musique d’Exodus. Très intéressant.
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À la mémoire des enfants de la «guerre» | dessins collectés par Alfred et Françoise Brauner

Il y a les quatorze juillet et les projets d’Union pour la Méditerrannée, le Darfour et le CPI qui tente de mettre fin à une situation des plus désastreuses. Le Tibet sans doute et des centaines de lieux sur cette planète, où encore et encore on assassine et réduit à néant des vies humaines. Et ce n’est pas nouveau, et cela se mesure en siècles voire en millénaires. Les enfants ont été de toutes les guerres les témoins innocents des exactions et des crimes contre l’humanité, témoins d’abord de la mort de leurs parents et des proches, puis des amis et des habitants de leurs villages et quartiers.

Françoise et Alfred Brauner ne sont plus. Décédés respectivement en 2000 et 2002 pour Alfred à l’âge de 92 ans, ils ont passé leurs vies de médecins pédopsychiatres à venir en aide aux enfants de la Guerre.

J’ai rencontré Alfred en 2001 avec deux amis, Brigitte et Christian, et nous devions créer un site-hommage relatant les quelques 200-300 planches de dessins que le couple a collecté ça et là, depuis la Guerre d’Espagne en passant par le Vietnam et le Cambodge. Le Dessin est un moyen sûr pour affranchir l’enfant des traumatismes subis. Naviguant entre autisme et aphasie et peur , ces victimes, très jeunes, évoquent avec force et précision des situations intolérables pour chacun d’entre-nous.

Mais il faut aussi avoir lu quelques ouvrages de Boris Cyrulnik pour comprendre comment cette expression graphique intervient dans le processus de résilience indispensable au deuil, c’est-à-dire à la digestion des traumas.

Cyrulnik a je crois inventé cette expression Résilience que chacun interpète à sa façon. En écoutant Alfred Brauner lors de nos entretiens en 2001 et quelques conférences de l’éthologue Boris Cyrulnik j’ai fini par comprendre que l’expression recouvre en fait deux concepts: 1)Réslier et 2)Relier.

1) il s’agit de résilier la douleur, la souffrance intériorisé, et surout les angoisses produites par des situations extrêmes

2) de relier le Ça des traumatisés de la Guerre, c’est-à-dire ce tout formé par le psyché et le corps et ce qu’ils produisent au plus profond de nos inconscients. Des images (imago), des représentations (inconscient) de notre être. Je ne suis ni médecin, ni psychanaliste, mais je constate avec vous en regardant ces planches dessinées comment un tel processus est rendu possible par la graphie, le tracé et les couleurs sur le papier.

Le dessin et le graphisme comme un signe de l’autisme ou de l’aphasie. 

Durant mes premières années d’enseignement, j’avais déjà constaté ce paradoxe, pas mal d’élèves, en mise en page ou dessin, épprouvaient quelques difficultés d’expression orale. Dire qu’il s’agissait d’autisme, non sans doute pas. Mais de formes d’aphasie, oui. Les qualités graphiques bien souvent témoignaient du refoulé de ces élèves et de leur rapport au corps. (cf. l’hommage que j’ai rendu à Herb Lubalin, autre aphasique notoire).

J’avais par exemple constaté un lien étroit entre l’équilibre des mise en pages et le maintien corporel de leurs auteurs. Mais on s’éloigne du sujet. Et je vous prie de m’en excuser.

Donc j’étais tout simplement en train de classer quelques archives (CD-Roms) qui trainaient sur une étagère lorsque j’ai retrouvé ces dessins. Me suis bien sûr demandé ce qu’ils sont devenus. Rien trouvé sur le Net à part une bibliographie épuisée et datant au mieux des années 93.

Voici quelques liens sur Amazone ici et .

Bien entendu ces images jamais parues en couleur, sont exclusives et je les publie en © Droits Réservés. Je cite cependant un sous-titre du livre écrit par Françoise et Alfred Brauner «J’ai dessiné la Guerre» qui mentionne: «À la mémoire des enfants dessinateurs, victimes innocentes des événements. Leurs réalisations désormais appartiennent à l’humanité.». J’espère en tous cas que les héritiers de ces deux médecins exceptionnels les mettront un jour en ligne avec tout l’appareil pédagogique nécessaire pour en comprendre le sens et les signifiés sous-jacents. Une entrée sur Wikipedia serait la bienvenue.
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Surtout, surtout! ne jugez pas ces dessins sur leur aspect esthétique. Les enfants, survivants des camps, survivants des champs de désolation n’ont que faire du «beau»/«pas beau». Et il s’agit bien de dessins d’enfants qui ont vu et vécu, et non de nos charmants bambins de l’école maternelle qu’une institutrice sans doute militante, ferait «plancher» après avoir montré des documentaires de télévision. D’ailleurs chacune de ces images devrait être légendée, commentée par un psychologue-pédiatre afin d’évacuer les aspects esthétisants de ces couleurs bien vives.

























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Solitude de la Tour Montparnasse, beauté ou laideur?

Regardez bien ces deux photographies, l’une que j’ai prise du dixième étage d’un immeuble du XIVe arrondissement et l’autre, commise par un photographe anonyme à New York, mais dont j’aime infiniment la simplicité et un point de vue presque analogue au mien… enfin si l’on peut considérer que le 40e étage d’un skyscraper est l’équivalent d’un dixième niveau parisien. Mais le sujet n’est pas là.

Nous sommes à l’aube de toutes les révolutions en ce début de XXIe siècle. Révolutions des énergies, de l’agroalimentaire, des organisations humaines et geopolitiques, et, en conséquence de tout cela de changements radicaux à venir dans le paysage urbain des prochaines années. Il est tout à fait possible que les politiques accompagnés de leur sherpas et experts urbanistes arrivent à la conclusion de redéployer la construction verticale des cités voire celle de notre bon vieux Paris. Encore que notre Paris d’aujourd’hui n’a plus grand chose à voir avec celui d’il y a seulement cinquante ans. Mais là n’est pas la question du jour.

Je voulais évoquer avec vous la question de la verticalité parce qu’elle va soulever dans très peu de temps des polémiques à n’en plus finir dans tous les journaux, et sur tous les médias. Et oui, point n’est besoin d’être un expert pour deviner que notre bon Maire de Paris (mais pas seulement lui) va être confronté aux nécessités d’économies d’énergies, et de proposer des solutions de logements sociaux aux normes «durables» et que le coût de traitement de ces types de logements baisseront d’autant qu’elles seront construites dans la verticalité.

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Mais parlons un peu de paysage.

Je n’ai jamais aimé la solitude de La Tour Montparnasse.

Je l’ai vu se construire. J’y ai vu comme beaucoup une similitude avec le parallélépipède de «2001 l’Odyssée de l’Espace», comme un objet céleste déposé délicatement en plein milieu de Paris, en France, sur la Planète Terre perdu au milieu des galaxies.

J’y ai rendu visite à des clients qui avaient élu leur siège au 52e étage, J’y ai bien entendu dîné un jour pour apprécier, comme n’importe quel bourge un peu beauf, la vue «imprenable» de la ville de Molière. Mais je n’ai jamais compris pourquoi cette tour est restée seule érection dans le Ciel de Paris (excepté bien entendu la Tour Eiffel que j’exclus de mon histoire parce qu’il s’agit d’un monument à la gloire de la modernité et non d’une construction à vocation immobilière.)

En vérité cette tour n’est absolument pas laide, d’abord parce qu’elle est unique est donc joue un rôle référentiel hors du temps. Cependant a contrario il y a quelque chose qui m’a toujours dérangé dans cette solitude. Absolument pas son aspect érectile et phallique, mais bien plutôt l’obscénité de sa solitude. Cette Tour est seule et ne renvoie à rien sinon quelques références au film de Kubrick. Et encore. Cette solitude s’exprime avec simplicité, car sa figuration ne se joue pas seulement dans la hauteur mais aussi dans la coloration sombre qui dénote sur la «couleur parisienne» dans l’ensemble assez grise. Et puisque seule, cette Tour, sans contrepoint, sans contre champ, sans rythme ni musicalité, elle finit par installer voire instiller au paysage parisien un silence galactique.

Il suffit de regarder la photographie de New York juste en dessous pour comprendre mon sentiment. Là il y a multitude de hauteurs qui se concurrencent tels les hommes luttant pour le pouvoir suprême, les immeubles se causent et se racontent leur histoire de hauteurs, de matériaux, de crise financière et du jazz et des films de Woody Allen… On peut écouter une musque de Gershwin sur ce paysage de skyscrapers, je ne vois que Satie ou peut être Bartók pour dire le drame de notre Tour Montmoderne, Montparnasse, Parnasse… Et je vous cite Baudelaire qui aurait pu appartenir au mouvement parnassien:

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un cœur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

J’aime Baudelaire. Qui n’aime pas Baudelaire? Il y a *Beau* dans un nom prédestiné à la musique de l’âme. Et il dit au fond si bien ce que j’ai tant de mal à exprimer. Cette Tour Montparnasse ne racconte rien du tout, elle est silence et muette, et nous nargue de son intelligence massive. Elle n’est pas laide, o non, elle est juste morte, simplement, de n’avoir jamais eu à répondre de son existence dans le miroir d’autres verticalités qui eussent du normalement l’accompagner. Voilà le défi qui attend nos urbanistes et notre bon Maire, celui de redessiner un Paris un peu plus bavard.

Le quartier de la Défense

le hasard y tisse les mailles d’un paysage qui prend vie parce qu’il racconte l’ambition *très* mesurée des hommes.

© photographies peter gabor

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