Emile Kozak Studio | Barcelone | ou comment fuir la posture du graphiste mercenaire

Certains designers indépendants hantent les forums en proposant des créations de logo pour 90 euros, ou des études de design à 1?000 euros tout compris, pour un tarif journalier inférieur à 300 euros. (à lire la suite sur le site de l’Alliance Française des Designers)

zzCette introduction juste pour situer le débat. Le marché est dur. L’article de l’Alliance des Designers Français le dit bien… Des entreprises de 300 salariés avec un Ca de 100 millions d’euros qui se permettent de répondre à des appels d’offres non rémunérés… La posture du graphiste-designer free-lance devient intenable. On comprend alors la floraison de ces jeunes studios qui avec un minimum de fonds propres se lancent dans l’aventure de la production commerciale tel EmilKozak Studio qui se spécialise dans le design des planches de surf, des teeshirts et autres gadgets très tendance. Si cette posture n’est pas tout à fait nouvelle (cela remonte quasiment à la naissance des moyens de production numériques individuelles [PAØ]), en tous cas elle devient très courante et souligne la naissance d’un nouvel acteur économique, le designer-commerçant! Ce n’est pas pour diminuer la valeur du travail de ce studio de Barcelone, mais plutôt pour situer une problématique économique né de la profusion mondiale des moyens de production numérique et d’un marché réel du design qui n’augmente pas dans les mêmes proportions.

Bien sûr il y a le web. Mais les codeurs s’arrachent et les bons ne sont pas pléthores. Quant aux petites mains, ils se salarient ou bien disposent de réseaux familiaux-amicaux-co-religionnaires qui ré-orientent le travail, tant que se peut vers leur petite structure. Reste le commerce, qui lui, s’il n’est pas en expansion à deux chiffres réserve des niches tout à fait attractives pour des jeunes talents désireux de courcircuiter les modèles de production traditionnels. C’est ainsi qu’il faut apprécier le travail de ce studio, à la fois agréable, jeune et plein d’imagination même zzs’il ne répond pas à des critères de nouveautés ou de contraintes de briefs-clients comme nous les connaissons. N’empêche, ils obéissent à d’autres contraintes tout aussi nobles et intéressantes à travailler. À suivre et méditer pour les «nouveaux sortants» d’écoles de graphisme et de design volume.

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