Une police partant de mon écriture manuscrite | Le Manu-Script-Short | Libre de Droits

Série de lettres en Capitales et Bas de Casses du Manu-Script Short ©peter gabor, libre de droits.

Bonjour les amis,
J’ai créé voici une vingtaine d’années une police de caractère à partir de mon écriture courante. Le Manu-Script-Short | Méthode utilisée:

// choix d’un stylo à plume carrée calligraphique et d’un papier dont le grain assez fin allait créer une matière dans le dessin des lettres.
// j’ai produit des centaines de mots qui utilisaient l’alphabet complet, Capitales et Bas de Casses. Écrivant en corps normal d’écriture qui correspondrait à quelque chose comme du corps 14-16.
// Ensuite gros travail de sélection des lettres qui étaient les mieux réussies. Il s’agissait donc presque d’une écriture courante mais avec un apprentissage en live de ma propre écriture pour la rendre la plus neutre possible.
// le plus dur était d’éliminer les accidents et les malfaçons qui ne manquent pas de surgir lorsque vous écrivez vite un courrier.

Voici le résultat et je vous offre par la même occasion la police au format .otf qui vous permettront d’utiliser cette police dans InDesign ou même Word. L’avantage d’InDesign sera bien entendu que vous pourrez afficher avec les glyphes certaines alternates qui n’apparaissent pas ici dans la planche ci-jointe.

Enjoy et n’hésitez pas à me faire part de vos remarques.
voici le fichier .otf que vous pourrez utiliser aussi bien sur PC (pour Geoffrey Dorne) que sur Mac. http://www.typogabor.com/Media/Manu-ScriptShort/Manu-ScriptShort.otf.zip

Suite à une remarque justement qui m’a été déjà faite dans le Groupe Facebook:
«Je me mets au Lettering» (https://www.facebook.com/groups/229594860514561/)
D’abord merci beaucoup pour le partage de votre travail ! J’aimerais bien savoir qlq chose sur le critère que vous avez adopté pour la sélection des lettres : quand vous dites « les mieux réussies », c’est par rapport à quoi ? cohérence / unité formelle, etc ? Je vous demande ça parce que de mon coté j’ai essayé de créer une typo à partir d’une calligraphie, et je me suis arrêtée à cette étape : chaque fois que la cohérence entre les lettres été respectée, je perdais l’esprit de l’écriture et viceversa

Voici une première réponse:

Alors ça n’est pas très compliqué. Mais j’avoue que je suis un collectionneur de stylos à plume calligraphique (plume or, qui ont l’avantage de courir sur le papier avec une souplesse jamais atteinte par les plumes en acier). Me souviens qu’à l’époque il s’agissait d’un des derniers Schaeffer à plume carrée. Partant de là, l’écriture des mots est grandement facilitée.

J’ai choisi des mots types qui contenaient toutes les lettres dont j’avais besoin, et j’ai fait des pages et des pages d’écriture. Ça m’a bien demandé quelques jours voir semaines.

Ensuite j’ai commencé à encadrer les lettres qui me semblaient être les plus neutres. C’est à dire qui n’étaient pas entachées d’accident d’écriture comme on en a tous quand on est pressés. Mais de fait il faut tout de même faire l’exercice assez vite pour donner du naturel à la formation de son écriture.

Bon tout cela demande du temps. Une fois la sélection faite on passe au scanner et à l’import dans Fontographer (par exemple). Et là encore on fait des dernières corrections.

Je dis pas que c’est difficile, juste un peu long. Puis on fait quelques réglages de kernings, mais pas trop. Ça ne sert à rien de créer 10.000 paires de kernings. Enfin c’est mon avis. Essayez la police avec InDesign. Affichez les Glyphes et vous verrez toutes les options apparaître.

Si besoin vous m’appelez au fil 06.80.13.90.90 je vous donnerai toutes les précisions qui vous manquent.


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Vu hier soir la pièce BAAL de Bertolt Brecht | BAAL c’est un peu l’Alien éternel

 

Vu hier soir la pièce BAAL de Bertolt Brecht. Moderne par l’accumulation de souffrances humaines… la pièce magnifiquement montée par Christine Letailleur est un coup de poing dans la gueule des Gens de tous horizons. L’amour, la tendresse, la pornographie, l’argent, l’argent, l’argent que dénigre et recherche sans cesse l’artiste, l’acteur, le poète. Un Vide-Plein qui n’est pas un Vide-Grenier de nos souvenirs, mais plutôt le refoulé de nos aspirations et de nos rêves les plus fous.

BAAL c’est un peu l’Alien éternel. Celui qui vient nous déloger dans notre zone de confort pour nous rappeler l’existenz de l’Autre. Sans lequel il n’y a point de raison de vivre.

La langue de Brecht est d’une modernité absolue. Pas une seconde de poussière langagière. Mieux, l’impression d’un décalage entre notre monde ultra-formatée, sans odeur ni relief. (À part les boursouflures d’un Pierre Gauthronet ou des provocations bien tempérées d’un Georges Grammat). Une langue qui nous rappelle le formol dans lequel la civilisation voudrait nous jeter, pour que seule, survive l’idée, d’une ère où les gens nommaient les choses sans détour.

J’ai bien peur que la bave du nouvel Alien de Ridley Scott soit bien trop numérique pour avoir gardé le rugueux d’une entité fictive qui serait le Mal absolu. Nous sommes devenus trop polissés, trop polis, trop gentils, trop mignons, cachant la misère de notre condition derrière une langue puritaine et d’une expression qui vise à gommer les différents et les différences.

BAAL ou Alien pour exprimer la même soif de vérité sur l’humain et ce qui l’oppose à l’humain.

Ça se passe au Théâtre Nationale de la Colline, ce sont les dernières. À voir ab-so-lu-ment.

Et je ne vous ai pas même parlé de la mise en scène de Christine Letailleur qui est un petit bijou de culture de l’image constructiviste que mes amis d’Archives Graphiques adoreraient. Lumières, projections, mouvements et espaces sont à l’œuvre pour nous faire partager La Distance. Celle nécessaire à la compréhension des Différences, de nos différences. De notre Alien.

http://www.colline.fr/fr/spectacle/baal

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H.R. Giger | Alien | Hommage

Une descente dans l’enfer de Dante, dans les figures d’un Jérôme Bosch et dans la Pornographie d’un Marquis de Sade revisité par Michel Foucault, un hommage à H.R. Giger qui travailla sur Dune et Alien et qui inspira les décors des films réalisés par David Lynch et Ridley

Remerciements musicaux
à Andrey Pushkarev et Echo Planar.

Cadrages, montage
et sound design
by ©peter gabor (petergabor)

J’ai produit cet hommage à l’un des grands du dessin d’anticipation H.R. Giger qui est décédé en Suisse en 2014 je crois. Il a été à l’origine des œuvres de Dune et d’Alien. Son œuvre témoigne d’une obsession constante des grands thèmes de l’avenir de l’humanité. La maternité, la mort et l’amour. Mais plutôt que de dessiner des tableaux façon quatrocinquo il a pris exemple sur Jérôme Bosch et les œuvres littéraires d’Aldous Huxley ou le Comte de Lautréamont.

Qu’y voit-t-on ? Une obsession de la pénétration par la bouche et l’œsophage de belles femmes qui sont enfantées malgré elles. Ce n’est pas de la pornographie, et si c’en était ce serait celle d’un Marquis de Sade revisitée par Michel Foucault. La mort des enfants et des progénitures est omniprésente. Les crânes jonchent, voire tapissent l’enfer façon Dante. C’est une de ces visions dystopiques dont la littérature de science fiction et le cinéma ont le secret. Que ce soit avec Le Soleil Vert, de Richard Fleischer, ou District 9 de Neill Blomkamp, sorti en 2009 et Elysium du même réalisateur dont l’action se situe en 2154. Ces dessins illustrent exactement le mot dystopique que peu d’entre-vous pratiquent au quotidien. L’antithèse d’un monde utopique.

Un nouvel opus d’Alien, réalisé par Ridley Scott, va sortir dans les jours qui viennent. Et nous allons nous retrouver avec un Président dont le programme viendra nourrir l’avenir de ce monde de rêve, sinon de cauchemar. Les fractures sociales viendront se multiplier car nous le savons déjà, rien ne changera sur l’essentiel. La marchandisation du Travail et la fuite des profits au bénéfice de la seule Finance internationale ne vont que s’accélérer. Le néo-libéralisme conduit inexorablement à un partage totalement inégale des richesses de cette planète dont au passage les climatosceptiques n’en n’ont rien à faire. Et bientôt on sélectionnera l’ADN des futurs nouveaux nés pour devenir, qui des esclaves, qui des dominants.

Mais comme proposait Calliclès dans le Gorgias de Platon, la Force est Naturelle, donc toute loi issue de la Force est naturelle. Ce faisant il est tout à fait normal de passer au stade ultime de la destruction de la civilisation au nom de la liberté naturelle de détruire la Planète et l’espèce Humaine.

Ne voyez pas du sexe dans ces dessins, ou pas que. Peut-être pourriez-vous vous interroger sur les obsessions d’un Giger sur sa propre naissance, ou son absence de paternité, ou de son manque d’amour, mais nous n’avons pas le droit de réduire cette œuvre à la seule posture freudienne, car elle porte un message sociologique et universel sur l’avenir de l’Humanité. La place de la Femme, définitivement esclave victimes de sa maternité imposée, violée. Par tous les trous. Ces derniers reviennent sous toutes les formes, ainsi que les prothèses en cuir et en métal forgé qui enferment les corps dans des postures d’esclaves non consentantes. C’est du SM à haute dose, mais c’est tout sauf une invitation à la masturbation collective. Car le malaise de ces dessins nous renvoient à la condition humaine, au harcèlement quotidien dans le monde du travail. Deux postures possibles donc, celle de Giger. Clinicien froid d’une dystopie annoncée au bord d’un gouffre de cynisme, ou bien une souffrance dans l’empathie d’une humanité torturée à l’excès, sous les formes sociales les plus ignobles. Je vous passe les détails. Les chaînes d’infos en continu nous les déversent avec complaisance à longueur d’années.

 

Matériau ayant servi à réaliser ce montage. Il s’agit d’un album que je timbale depuis près de vingt ans dans ma bibliothèque. J’ai toujours été persuadé qu’on ne peut pas comprendre ces images si l’on n’y fait pas un focus et qu’on ne se ballade pas entre les visions et les expressions complètement délirantes de Giger. Apprendre à regarder, cela demande une certaine lenteur. Un voyage interstellaire entre les obsessions et les textures de la réalité que veut nous imposer Giger. D’où la naissance de cette vidéo. Mais vous l’aurez compris, la bande son a une importance tout aussi forte. Ralentir le regard demandait une image sonore qui obligeait nos yeux à ralentir leur exploration. Et ce fut sans doute le travail le plus long pour la réalisation de cette production. Mais je vous laisse libre de juger et de découvrir ce travail. Belle nuit à toutes et à tous.














































H.R. Giger | Alien | Hommage

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La Fabuleuse histoire de Milton Glaser racontée par lui-même

Sources Wikipedia:

C’est en 1955, que Milton Glaser fonde le studio de design Pushpin graphic, à New York. Le genre particulier du studio a stimulé l’imagination du monde par son approche graphique audacieuse. Durant ses années à Pushpin, Glaser a conçu l’affiche très populaire de l’album des grands succès pour l’année 1967 de Bob Dylan. À cette époque, Glaser s’intéressait aux miniatures islamiques et aux images psychédéliques provenant de la côte Ouest. C’est à partir d’une photo prise au Mexique d’un panneau publicitaire frappant que Glaser a conçu le type de caractères « Babyteeth » utilisé sur l’affiche où figure la silhouette en noir de Dylan. Glaser a étendu son influence, en 1968, lorsqu’il a fondé avec Clay Felker le « New York Magazine », un journal portant sur l’art et la culture.

En outre, Glaser a créé le logo « I Love New York », lequel est devenu une partie intégrante du paysage américain. Il est également responsable de plusieurs autres importants projets, notamment : les programmes de graphisme et de décoration des restaurants du World Trade Center, à New York ; le remodelage de la chaîne de supermarchés Grand Union (incluant l’architecture, l’aménagement intérieur, l’emballage et la publicité) ; la conception d’un symbole international pour désigner le SIDA pour l’Organisation mondiale de la santé et le logo pour le premier prix du concours Tony Kushner’s Pulitzer pour la pièce « Angels in America.

ARTIST SERIES: Milton Glaser from Hillman Curtis on Vimeo.

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La France est blessée. Et, pour nombre de Français, humiliée.

Voilà ce qu’on pourrait lire le lendemain des élections présidentielles de 2017. Toujours d’actualité. Plus que jamais.

«Editorial de ©Jean-Marie Colombani publié dans l’édition du Monde du 23 avril 2002.

La France est blessée. Et, pour nombre
de Français, humiliée.

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Figure de proue d’une Union européenne qu’elle a obstinément voulue et à la construction de laquelle elle a puissamment contribué, elle donne d’elle-même, au lendemain de ce 21 avril marqué par le couronnement politique du sinistre démagogue qui anime l’extrême droite française, l’image d’un pays replié, étriqué, hanté par son propre déclin, voire qui a peur de ses enfants, surtout lorsqu’ils vivent en banlieue. Oui, hélas, le temps se gâte pour la France.

Du moins si l’on prend au pied de la lettre le « message » des élections ; dans ce mai-68 électoral auquel nous venons d’assister, mouvement à rebours, puisqu’il ne s’agit plus de « jouir sans entraves », mais bien de punir sans limites. A l’épreuve nationale que constitue le poids dans la vie publique d’un courant qui cherche à aiguiser les tensions, et dont la devise revendiquée est « travail, famille, patrie » de triste mémoire, s’ajoute celle qui est inscrite dans un résultat qui porte atteinte au crédit de la France hors des frontières, et d’abord à l’intérieur de celles de l’Union européenne.

Mais avant d’aller plus avant, et de chercher, comme il se doit, à comprendre ce qui s’est passé, ce qui se passe dans cette France du nouveau siècle, gardons à l’esprit cette donnée : le tremblement de terre politique qu’est le premier tour de l’élection présidentielle a, sur un plan strictement électoral, une seule cause : la dispersion, absurde, de la gauche. Celle-ci, qu’on la considère dans ses limites « modérées » ou en incluant l’extrême gauche, ne recule pas, d’un scrutin présidentiel à l’autre ; alors que la droite modérée perd de cinq à dix points par rapport aux scrutins précédents. Ce sont ainsi 44 % des Français qui ne seront pas représentés au second tour. M. Le Pen n’est donc là que parce que Jean-Pierre Chevènement l’a permis, lui qui a choisi de se séparer de celui qui, en 1997, l’avait tiré de l’oubli ; un Jean-Pierre Chevènement qui est allé au bout de son élitisme dévoyé, en proclamant : « Sortez les sortants », soit le slogan de Jean-Marie Le Pen depuis 1956. Et que dire de Christiane Taubira, dont les voix auraient suffi à faire que la compétition du second tour reste ouverte, et qui ne fut candidate que parce que, après tout, puisque tout le monde y allait de sa candidature, pourquoi ne pas y aller de la sienne…

La gauche est donc d’abord victime d’elle-même et de l’esprit boutiquier qui a été celui des dirigeants de ses différents composantes qui, tous, ont eu à cœur de se démarquer, donc de critiquer Lionel Jospin et son bilan. Ils ont été entendus. Mais il n’y avait pas de fatalité en la matière, comme en beaucoup d’autres. Il a simplement manqué des dirigeants à la hauteur de l’enjeu.

En démocratie, bien entendu, le suffrage universel est souverain. Il s’impose donc, et s’imposera ; mais chacun reste libre d’apprécier le jugement des électeurs, au nom de valeurs supérieures ; celles qui, par exemple, fondent l’existence d’un Conseil constitutionnel. De ce point de vue, le vote du 21 avril est injuste. Et dangereux.

Une fois la fièvre du dimanche retombée, en effet, le bilan de Lionel Jospin restera. Comme celui, riche, d’une gauche de gouvernement qui a su tenir l’essentiel de ses engagements, qui a su faire l’euro et les trente-cinq heures, faire reculer le chômage, accompagner la relance de la croissance et apporter de nouveaux droits – de la couverture maladie universelle à l’allocation pour personnes dépendantes, en passant par le congé paternité ou les emplois-jeunes. Bref, Lionel Jospin a, un temps, su renouer avec une politique réformatrice qui, après tant d’années de crise, a réconcilié progrès économique et progrès social.

Le travail, mais aussi la manière de Lionel Jospin – faite d’austérité et de dignité –, comme son départ de la vie publique, conforme à l’éthique qu’il a fait prévaloir pendant son long bail à Matignon, méritent le respect. Il n’y aura pas, comme pour l’actuel occupant de l’Elysée, de troisième tentative pour Lionel Jospin, qui rompt ainsi avec une tradition politique nationale bien établie. Le reproche que l’on peut d’ailleurs adresser à la gauche, et en premier lieu à Lionel Jospin lui-même, est de ne pas avoir accompagné ce travail de l’indispensable pédagogie, inséparable de toute démarche mendésiste, et de s’être trop préoccupé – contradiction aussi ancienne que la gauche en France – d’une extrême gauche purement incantatoire et, dans sa version Laguiller, sectaire. Une gauche qui répugnerait aux contraintes de la gestion se condamnerait aux oubliettes de l’Histoire.

Le vote du 21 avril est aussi, par le niveau d’audience atteint par l’extrême droite, une énigme ; et un danger majeur pour quiconque aspire à gouverner ce pays sans renier les valeurs universelles dont il se réclame. Deux fronts sont ouverts, deux plaies béantes, toutes deux politiques.

Le premier front est classique, et met en regard les attentes du corps social et les infrastructures politiques, telles que nous les connaissons, et dont nous savons qu’elles devraient être puissamment réformées pour faire sa juste part à la revendication d’autonomie qui est celle aussi bien des collectivités que des individus. Pour faire face à la montée des microcorporatismes, il faudra bien se convertir à une véritable et puissante décentralisation. La politique n’a de sens que si elle parvient à faire sentir son influence – si possible positive – sur la vie de la population, et si elle offre à celle-ci une perspective, des choix qu’elle soit à même de maîtriser. Or la crise actuelle est surtout celle du découragement, du sentiment d’inutilité. De nouvelles formes d’action peuvent réunir des foules, dès lors qu’elles donnent l’impression, fût-ce au prix de raisonnements rapides et parfois trop simples, qu’il s’agit de peser sur le cours des choses. Ainsi un débat essentiel pour l’avenir a lieu depuis plusieurs mois : il s’agit de la confrontation, au sein de la commission de Bruxelles, entre « libéraux » et « régulateurs » ; autrement dit, comment armer l’Union européenne face à la mondialisation. Or ce débat a été absent de la campagne. S’il a surgi, c’est… à Barcelone, face à 300 000 manifestants. Peut-on suggérer plus clairement que le débat politique franco-français est largement vidé de son sens ?

Le second front est plus lourd. Il est résumé dans le livre de l’historien Benjamin Stora Le Transfert de mémoire, qui met en lumière une tendance de fond à l’œuvre dans la société française : le transfert, en « métropole », d’une mémoire coloniale, avec un élément constitutif de celle-ci, la peur communautarisée du « petit Blanc » et le sentiment d’abandon qui lui est lié ; l’angoisse identitaire face à l’islam, le refus de la diversité culturelle – et ethnique – de la France d’aujourd’hui adossé à la tradition jacobine d’assimilation.

Le refus d’assumer cette nouvelle société a été amplifié par le choc du 11 septembre, puis par le transfert en France du conflit du Proche-Orient, avec son lot de glissements conduisant à l’enfermement identitaire. De ce point de vue, les propos du président du CRIF, Roger Cukierman, au quotidien Ha’aretz, proclamant que le score de Le Pen « est un message aux Musulmans pour qu’ils se tiennent tranquilles », ajoutant que cela servirait à « réduire » l’antisémitisme, illustre, de façon choquante et irresponsable, cette dérive.

Pour la gauche, momentanément écartée si elle sait éviter les règlements de comptes et rassembler ses forces, comme pour la droite désormais forte de son champion, une gauche et une droite « de gouvernement » qui croyaient pouvoir s’affronter comme si de rien n’était, l’enjeu est bien là, celui de la cohésion du pays, donc de l’intégration.

Et maintenant ? Jacques Chirac va se succéder à lui-même. Ainsi le président qui suscite la plus faible adhésion de toute l’histoire de la Cinquième République, celui qui, pendant sept ans, a présidé à l’affaiblissement de la fonction présidentielle, sera le président le mieux élu de notre longue histoire politique. Ayant fait sa propre campagne, ainsi consciencieusement que celle de Jean-Marie Le Pen, en martelant le thème de l’insécurité, Jacques Chirac est face à un choix capital. Il peut faire comme les siens, au soir du premier tour, qui ont rivalisé dans la surenchère droitière et sécuritaire, au risque une fois de plus de permettre à Le Pen d’expliquer que « l’original » vaut mieux que la copie, et d’entretenir ainsi le courant et toutes les dérives. Il peut aussi choisir de restaurer sa fonction, et son propre crédit.

Dans ses premières paroles, il s’est placé au-delà de son camp. Au-dessus des calculs politiciens. Comme s’il était désormais conscient qu’il lui reviendra de représenter la droite et la gauche. Son histoire personnelle était jusqu’à présent celle d’une carrière politique, avec des moyens que la morale publique réprouve. Le voilà qui soudain tutoie l’Histoire. Et peut enfin jouer le rôle dont il a rêvé : être président d’une République qu’il faut réformer, pour la faire de nouveau aimer. C’est ce que nous souhaitons. Pour que ce beau pays qu’est la France, avec toutes les couleurs qui l’habitent et qui forgent déjà son avenir, garde le cap de la raison et du progrès.»

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Jean-Marie Colombani

 

Merci Monsieur Colombani d’avoir été aussi intelligent, avisé et prophète de l’histoire des élections de la Vème République. Le peuple de France, trituré, manipulé, stressé va donc voter une nouvelle fois en 2017 dans des conditions encore plus exécrables qu’en 2002.

Wait and see.

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Plus de 80% des Français travaillent dans le Tertiaire, le Numérique mettra au Chômage la moitié d’entre eux si…

martinez

Pauvre Philippe Martinez. Il n’a pas encore compris la responsabilité de la CGT et du Parti Communiste dans la désindustrialisation de la France. La Vème République, en réaction à leur idéologie s’est évertuée, gauche et droite réunis à désindustrialiser la France depuis mai 68.

La posture de la CGT et du parti communiste, dogmatiques, ont définitivement réussi à écœurer les entrepreneurs industriels à essayer de maintenir un tissu de production en France.

Dialogue social réduit à une expression caricaturale.

Seule FO et la CFDT ont été capables d’accompagner la modernisation de la France dans un dialogue social «franc et ouvert».

Je comprends que la droite se rebiffe. Elle a des raisons. Mais malheureusement le mal est fait (Et la Gauche y a largement contribué, y compris Rocard). Désormais la France ne produit plus que 15 % de son PIB avec l’agriculture et l’industrie. Les Services, le Tertiaire comme on dit en « rubrique économique », représente bien plus de 80 % du PIB.

Et dire que la révolution numérique vient casser désormais ce secteur surdimensionné c’est juste une évidence. Il n’y aura plus jamais de plein emploi dans ces conditions.

Le seul intellectuel a prendre en compte les réalités de la France se trouve être Mélanchon. Mais il n’a aucune envie d’être Président. Pas plus que Nicolas Hulot. Le professeur Mélanchon a juste une qualité majeure. Celle de la pédagogie. La France ne s’en sortira plus par des politiques économiques qui n’ont jamais prévu, et la distorsion des secteurs économiques, et la Révolution du Numérique qui désormais met au chômage même les meilleurs diplômés.

Parlons en des diplômes. Dans les années 80 il y avait environ 1 million de chômeurs. Jusqu’à 2 millions. Et l’on disait… «Oui, ce sont des chômeurs non qualifiés»… Mensonge. Il y avait déjà énormément de gens qualifiés au chômage. Mais ils venaient des secteurs industriels (… et artisanaux). Alors on a inventé les diplômes pour le tertiaire. Commerce, ingénieurs, administratifs, enseignants, policiers, juridiques, etc.

Mais qu’on arrête de nous dire aujourd’hui qu’il y a 6 millions d’incompétents au chômage.

Il n’y aura plus jamais de plein emploi en France. Parce que la Cinquième République a sacrifié l’industrie et l’Agriculture et que désormais la machine économique tourne à vide sur 80 % de travailleurs dans le tertiaire. Et que ce même tertiaire vient de connaître la plus grande révolution technologique, le numérique, depuis l’invention de Gutenberg. La moitié du tertiaire devient inutile grâce aux gains de productivité du numérique et des algorithmes.

Alors quand j’entends Martinez ou Fillon revendiquer la capacité de mobilisation de l’un, et revendiquer le programme de redressement des finances de l’autre, j’ai juste envie de v••••.

Pour sortir la France de l’ornière dans laquelle les patrons du CAC 40 et les gouvernements de la Cinquième les a jetées il y faudrait une véritable réflexion économique, d’investissements massifs et de formation professionnelle destinées non pas à créer une industrie traditionnelle, mais une industrie intelligente, responsable, écologique, durable et permettre à la France de rivaliser avec la Chine et la Silicon Valley. La France en a les moyens intellectuels. Mais il y faudrait une volonté politique qui ne passe certainement pas par la suppression de l’ISF ni la destruction du code du travail. Il s’agit là d’antiennes et de programmes idéologiques sur lesquelles je fais confiance à Martinez pour allumer la mèche d’un conflit qui paralysera toutes les bonnes volontés du pays.

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9’42” L’esprit Bauhaus au Musée des Arts Décoratifs

 

9’42” de l’exposition «l’esprit du Bauhaus».
Au Musée des Arts Décoratifs,
en compagnie de mon ami Jacques Berman.

«Fondé en 1919 à Weimar par l’architecte Walter Gropius, le Bauhaus est une école d’un genre nouveau : en fusionnant beaux-arts et arts appliqués, il s’agit de faire naître un mode de vie nouveau, fonctionnel, esthétique, accessible à tous… Ferment de liberté, symbole de résistance au nazisme, le Bauhaus, déplacé à Dessau (de 1925 à 1932) puis à Berlin, fermera en 1933. Référence majeure de l’histoire des arts du XXe siècle, son esprit a essaimé dans le monde entier. L’exposition au musée des Arts décoratifs est la première en France depuis 1969. Illustrant la diversité des disciplines enseignées (céramique, métal, vitrail, peinture, sculpture, tissage, publicité, graphisme, photo, théâtre…), ainsi que les figures qui s’y sont succédé (Klee, Kandinsky, Breuer, Moholy-Nagy, Josef Albers, Mies van der Rohe…), le parcours réunit plus de 900 œuvres, meubles, documents et objets d’art. Une somme passionnante qui fera date !» [©Télérama].

Jusqu’au 26 février 2017
Ne ratez pas l’expo Tallon qui jouxte cette manifestation prestigieuse.

Accompagnement sonore pour la vidéo par ©Echo Planar.
Prise de vue avec iPhone à main levée.
© peter gabor © petergabor

soundcloud.com/echo-planar/earth-for-sale

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Paul Klee en 12 minutes et 37 secondes | Promenade au Centre Pompidou

En visitant l’expo Paul Klee, j’ai pris mon iPhone et plutôt que de photographier, j’ai réalisé un vidéogramme des tableaux qui me paraissaient les plus significatifs du processus de création de Paul Klee. Bien entendu il s’agit d’une vidéo d’amateur. Ça n’est un secret pour personne. Et je revendique mon statut de touriste, de pouvoir ainsi partager le plaisir d’une œuvre majeure du début du XXÈME siècle. 12 minutes et 37 secondes pour vous donner envie d’y aller faire un tour avant qu’il ne soit trop tard.
© vidéogramme: peter gabor, petergabor

Musiques Crédits :
https://soundcloud.com/echo-planar/motionless
https://soundcloud.com/deeptakt/sets/deeptakt-records-releases

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l’Histoire des Magazines typoGabor N°18 | Figures de Femmes

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.

Le texte ci-dessus, qui revient en préambule de chaque magazine, est extrait d’un prochain ouvrage à paraître. Frank Adebiaye est l’auteur d’un ou plusieurs chapitres. Et je le remercie ici particulièrement de m’avoir autorisé à utiliser cet interview qu’il a réalisé au sujet de la naissance des magazines «typoGabor Présente».

« TypoGabor présente » N°18 | Figures de Femmes


«Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typoGraphiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.


« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 an. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques.

Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».

éditorial de Peter Gabor
La décision d’un titre n’est pas le fruit du hasard. Nous avons avec Léon-Marc Lévy choisi la narration anthologique, la classification par genre.
La mathématique de cette déclinaison imposait le concept de figures. Il s’agit d’une géométrie à caractères variables sur le thème de l’éternel féminin.


Cette anthologie du style qui autorisait toutes les oppo/appositions se retrouve dans le travail du metteur en page, qui, analysant l’espace de lecture a recréé pour nous un univers du féminin lisible, en VINGT-HUIT LUNES, décomposé, décortiqué comme le cinéaste de Zoo et du Meurtre dans un Jardin Anglais. Une lecture en colonnes, permutées selon le niveau d’entrée dans le dossier littéraire. Lisible ou illisible, telle est la question ! Mais il y a la collection de la Pléiade ou les opportunités des livres de masse. Folio ou Livre de Poche se disputent les compartiments des trains de banlieue ou à grande vitesse.

Notre magazine est un lieu de réflexion, de séduction, où les remous de la forme font frissonner plus d’un graphiste, trembler les assises du classicisme, loucher l’aveugle et le borgne du sentiment, se faire violer les Calmes de la Page Blanche qui n’osent pas, de peur de… se choquer eux-mêmes. Si notre magazine pousse les outrances et les langages visuels dans les confins de l’interdit alors nous ne sommes pas loin du but recherché. Poursuivant comme un fil rouge le travail de Bill Butt, de Nathalie Baylaucq et Philippe Duriez, Jérôme Binda montre ici la maîtrise d’un sujet littéraire où il s’est pleinement investi, apprenant les textes par cœur jusqu’à les réciter obsessionnellement durant les longues nuits de calibrages et de peinture typoGraphique.

Les caractères utilisés pour cette nouvelle mise en scène sont tous nouveaux et parfois surprenants. La déformation numérisée, anamorphose les réalités graphiques et nous découvrons avec horreur et ravissement ce que les femmes du XVIIIe découvraient dans le mystère miroir de leur chambre secrète : La Figure métamorphosée.

éditorial de Léon-Marc Lévy
« La Femme, ça n’existe pas ! » lançait Lacan un mardi de la rue Saint-Jacques.
Rien n’est moins sûr… Ou plutôt rien n’est plus évident ET moins sûr. Aux femmes plurielles de la réalité, à la mère, à l’épouse, à l’amante, à la collègue de bureau, à la voisine, à celle qu’on aime, à celle qui nous encombre, s’ajoute, incontournable et entêtée, LA FEMME, l’Autre, celle que l’Occident a façonnée, fiction après fiction, image après image, mot après mot ; LA Femme imaginaire, tellement imaginaire qu’on ne peut la penser qu’en termes excessifs et violemment opposés, symétriques dans l’opposition, marquant ainsi l’immensité de l’abîme où s’engouffrent ses représentations.


Écrite, peinte ou chantée, elle est sans cesse « extrémisée », limite vivante de l’humain, archétype de l’Amour ou de la Haine, de la Grandeur d’âme ou de l’Ignominie, de la Beauté ou de la laideur. Ange ou Démon, la demi-teinte lui est interdite. Elle ne peut qu’être Tout pour n’être pas Rien.

C’est ainsi paroxystique, qu’elle hante tous les moments de la littérature occidentale, créant ce sentiment diffus mais insistant que les portraits de femmes qui s’y dessinent, au fond, n’en composent qu’un unique, infini, qui emplit tout l’espace du possible : le portrait d’un Mythe. C’est à la recherche d’éléments de ce portrait qu’ici la Typographie peut servir, à tenter de reconstituer — vaste ambition — une figure.

« Le puzzle se reconstituait morceau par morceau et la véritable Rebecca prenait forme, sortait de son univers d’ombre, comme un être vivant sur un fond de tableau ».
(Daphné Du Maurier)

 

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Publié dans Formation et méthodo, Lisibilité et Visibilité, Méthodologie, Ouvrages et Expressions, Production Graphique, Typographie de magazine, Typographie et typographies | Commentaires fermés sur l’Histoire des Magazines typoGabor N°18 | Figures de Femmes

l’Histoire des Magazines typoGabor N°16 | Meurtres

Avec l’aimable autorisation de Frank Adebiaye.

Le texte ci-dessus, qui revient en préambule de chaque magazine, est extrait d’un prochain ouvrage à paraître. Frank Adebiaye est l’auteur d’un ou plusieurs chapitres. Et je le remercie ici particulièrement de m’avoir autorisé à utiliser cet interview qu’il a réalisé au sujet de la naissance des magazines «typoGabor Présente».

« TypoGabor présente » N°16 | Meutres


«Même si certaines manifestations graphiques sont en germe dès 1968, typoGabor est fondée en 1973 par Paul et Peter Gabor. L’activité de la société est double : atelier de création graphique autour des clients historiques de Paul Gabor et société de services typoGraphiques sous l’égide de Peter Gabor.

Les premières années de typoGabor sont rythmées par le fonctionnement coûteux et limité des Diatronic de Berthold. Tant et si bien qu’à la fin des années 1970, la continuité d’exploitation semble compromise. C’est à la faveur d’une annonce dans la revue CARACTÈRE que Peter Gabor découvre l’Alphatype. Il y voit l’amorce d’une révolution du digital. Ce sera son ami (depuis) Raymond Aubry, chef d’Atelier de Graphiservice à Bruxelles qui achèvera de le convaincre. Un système de composition américain venant de Chicago, qui pour la première fois, propose non plus d’acheter mais de louer (prix dérisoire) des polices de caractères, ce qui porte l’offre et la diversité typographiques à un niveau inédit : 1 000 polices contre 80 sur Diatronic auxquels s’ajoutent 16 polices supplémentaires tous les mois.


« typoGabor présente » naît en 1980 de deux constats. Il ne s’agit plus de faire de la Pub pour une entreprise, mais d’informer et d’éduquer un marché. La Publicité. Un marché où s’affrontaient une trentaine de concurrents proposant tous à peu près les mêmes services (24 / 24, coursiers, catalogues de calibrage gratuits et qualité de composition supérieure à celle de l’édition ou de la Presse). typoGabor connaît alors le succès. Les Directeurs Artistiques affluent et les commandes doublent de volume en l’espace de 2 an. Mais la formule marketing du magazine ne plaisait plus à Peter Gabor. Il y préféra une formule nouvelle autorisant toutes les expérimentations typographiques.

Le magazine littéraire de typoGabor était né. Plusieurs directeurs artistiques vont se succéder dans les cuisines typographiques de la maison Gabor. Bill Butt, Jérôme Binda, Philippe Duriez et pour finir Paul Gabor qui revient en 89 par une magistrale œuvre consacré aux Droits de l’Homme. L’Âge d’Homme.

L’expérience de la photocomposition fut de courte durée. Le Postscript arrive sous la forme commercialisée d’Adobe Type Manager et tous les prestataires de composition perdent 50 clients par jour à partir de 1990. Peter Gabor tenta encore d’adapter son entreprise en devenant le premier compositeur qui a basculé la totalité de son fonds sur Macintosh. Mais les dettes s’accumulant et victime d’un administrateur judiciaire peu scrupuleux, il finit par baisser les bras, non sans avoir personnellement créé 4 polices de caractères pour le Journal Libération en 1994.

Une aventure de vie passée à promouvoir la diversité et la qualité de composition, parce que comme l’aimait à rappeler son père Paul, d’après une phrase de Jean Cocteau : « Le style n’est pas une danse mais une démarche ».

Affreux, le crime des Sœurs Papin. Elle ont commis l’impossible de l’horreur et pourtant… Il y a une explication à leur acte meurtrier. Le rapport ou plutôt le non-rapport à la réalité.

Tout se passe pour elles comme si l’imaginaire de leurs frustrations, leur désespérante quête d’une affection homosexuelle partagée, qui se mue en une machine déchiquetante et broyante, se superposaient à un monde schizophrénique qui n’est pas le leur.

Elles ont traversé un miroir où nous pourrons reconnaître au passage d’autres meurtres et d’autre crimes que l’histoire de la littérature a rendus célèbres. Nous avons cherché au détour de cette anthologie à reconnaître quelque catégorie de manifestation meurtrière. Le lieu géométrique commun pourrait-on dire de ce crime serait la stratégie… Stratégie du prédateur qui en veut uniquement à l’argent du voisin, stratégie des amants qui se déchirent de trop ou pas assez s’aimer, stratégie du Soi qui lutte en permanence avec l’image du père, et tel chez Kafka, n’arrive pas à décoller de l’univers autopunitif et concentrationnaire, où l’a entraîné un excès d’amour Œdipien.

Nous avons voulu débusquer les meurtres dans ce qu’ils ont de communs à l’humanité, leur rapport à un besoin existentiel : être plus ou ne plus être. Nous nous sommes essayés méthodiquement à classer, tels des entomologistes, les genres, les espèces, les filiations, et ce voyage qui n’est certes pas un tribunal, nous aura permis de découvrir tantôt des territoires communs au Comte Zaroff et au Marquis de Sade, tantôt les revanches de l’âme sur l’organisation réfléchie de l’indifférence sociale. Mais rassurez-vous : chasser le Meurtre ne nous a pas rendus meurtrier pour autant.

Tout au plus avons-nous égratigné la typographie au passage, croyant bien faire que d’assassiner des idées reçues ne pouvait conduire qu’à un résultat transitoire, mais bénéfique : le doute. L’assassin en herbe de ce journal n’est autre qu’un jeune diplômé de « Penninghen » rencontré au hasard d’un cours. Et nous rendons un vif hommage à sa créativité, à sa tactique pré-méditée (durant les heures où le monde sommeille) pour la parfaite maîtrise avec laquelle il a organisé l’espace criminel d’une humanité sollicitant un peu plus d’amour… De Soi.

Meurtres : c’est sans doute un des magazines qui m’a donné le plus de fil à retordre. Allez savoir. Tout d’abord je me suis retrouvé sans Rédac. Chef.

Léon-Marc Lévy a pris du champ alors que le magazine Humeur d’Humour s’est terminé sur une queue de poisson. Nathalie Baylaucq étant partie à New-York avant d’avoir terminé la maquette j’en ai conçu moi-même la couverture. En essayant de respecter l’esprit de sa mise en page. Du coup tempête dans un verre d’eau. Patrick Amsellem se fâche avec moi et Léon-Marc, pris entre deux feux se retire pour ce numéro me laissant me «démerder» tout seul.

Sur ce un accident de moto malencontreux. Tibia / Péroné. Trois mois de plâtre. Me voilà à manager typoGabor avec des béquilles. Et ce fut dans une excitation sans précédent que je m’attaque à la rédaction en chef de ce magazine, passant outre l’avis de mon médecin. Je cours à droite, à gauche. De librairie en librairie. J’avais ma feuille de route. Les chapitres, je les connaissais par cœur. Il suffisait que j’alimente les typologies de meurtres avec des textes qui faisaient sens. Et puis c’était passionnant. Parce qu’entre Amour et Haine, le Meurtre symbolique est un thème que nous connaissons bien.

Je m’inspirais autant de la littérature que du cinéma, j’ai dévoré quelques scénarios que j’ai trouvé dans une boutique mythique du cinéma en face du Jardin de Luxembourg. Johnny Guitar, Le Faucon de Malte de Dashiell Hammett, Volpone de Maurice Tourneur, etc.

Les histoires de Meurtres défilaient presque aussi vite que les plans d’un film d’horreur. Avec des moments d’intense respiration comme avec Noblesse Oblige, de Roy Horniman et le délicieux et talentueux Sir Alec Guiness qui va devoir se débarrasser de huit personnes de sa famille pour pouvoir hériter…

Et puis voici sans doute une des pages les plus brillantes du maquettiste, Philippe Duriez, qui sortait à peine de l’ESAG / Penninghen, et du haut de ses 23 ans se mit à la peine pour concevoir ces pages absolument délirantes. Il faut vraiment que vous compreniez la difficulté de ces mise en pages.

Nous sommes cinq années avant l’arrivée massive des Macintosh, des logiciels Quark Xpress et six ans avant l’arrivée de Photoshop 3.00 qui a installé les calques dans ses fonctionnalités.

Autant dire que chacun des pavés de textes que vous voyez-là ont dû être d’abord maquetté à la main, puis calibrés et composés, pavé par pavé, puis remonté sur table lumineuse pour être relu, validé puis contretypés pour faire des typons prêts pour l’impression. La chaîne graphique ne permettait aucune erreur. Si l’on se trompait dans un texte, il fallait à minima recomposer le pavé et remonter toute la page… Enfin j’exagère, corriger le montage. Mais l’on a du mal à imaginer aujourd’hui ces process d’un autre temps.

Contrairement à Bill Butt, Philippe Duriez aimait jouer avec les formes monumentales faites de la typo et des titres. Il investissait l’espace tuant par la même occasion les principes de mise en page les plus élémentairement classiques. On n’est ni dans l’édition, ni dans la Presse, ni dans la Publicité. Il nous fait voyager dans un monde de poésie expérimentale où la typographie devient matière à réflexion. Il me semble que si Gutenberg revenait 550 années aujourd’hui pour voir ces maquettes il adorerait voir comment on a réussi à casser, transgresser les règles de composition que lui-même avait initié. Pour exemple, Gutenberg avait imaginé composer ses textes avec des ponctuations flottantes en dehors des alignements des pavés. Il a fallu attendre qu’Alphatype d’abord puis Berthold permette de faire la même chose. Puis impossible avec Quark Xpress. Il a encore fallu attendre Illustrator 3.00 pour pouvoir mettre les ponctuations à la marge des pavés. Puis InDesign s’y est mis. Et enfin Quark, à partir de je ne sais plus quelle version. Ce fut un long combat, dans lequel les correcteurs de Selection Reader Digest se sont perdu en conjectures tant ils croyaient qu’il s’agissait de fautes typographiques.

Et Philippe Duriez de décliner tout le vocabulaire graphique de Paul Rand, avec brio, élégance et maîtrise (presque) complète des principes de lisibilité.

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