Nespresso au Paradis des jolies femmes, what else…

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le nouveau film de nespresso avec le choix pour la fin du film (trois scénarios): lisez mon article sur le branding de Nespresso vs Illy café here:

Alors bien sûr on ne peut comme d’hab’ qu’apprécier l’humour et les choix de scénaris. Et cette fois l’arrivée de John Malkovich rajoute un sel non dénué de plein de références. Tout d’abord les Frères Coen ne sont pas loin, dès lors qu’il y a un George Clooney et son compère Malko (le SAS de l’humour décalé au cinéma) on ne peut qu’évoquer les nombreux films décapants que les deux frères du cinéma indé. américains ont produit durant les vingt dernières années. Des acteurs comme Tim Robbins et Paul Newman dans le Grand Saut, ou encore The Barber avec BillyBob Thornton et Michael Badalucco etc. C’est l’Agence McCann qui signe ici le 4ème opus de la saga publicitaire mondiale de Nespresso (prod. Moonwalk Film; réalisateur: Robert Rodriguez).

Et son originalité bien sûr est incontestable. Il propose deux fins optionnels qui satisfont tous les publics, ceux qui n’aiment pas l’idée de mourir, ceux qui rêvent de Porsche et ceux qui rêvent d’un Paradis avec des «billiards» de jolies filles. Et d’un monde surtout sans contraintes comme Producteurs et Managers, entendez patrons et capos chefs.

Dans le billet que j’avais écrit sur le branding de Nespresso vs Illy Café j’avais tout de même souligné déjà ce paradoxe d’une marque de café qui lissait son image à l’extrême (ici le Paradis est exprimé en blanc et hautes lumières, gommant les détails et la rugosité du réel.) Et m’était déjà demandé s’il n’y avait pas un «drôle de décalage» entre l’économie du café qui provient des collines verdoyantes du Brésil ou des différents pays d’Afrique et d’Orient. Des ramassages difficiles et un travail humain des plus harassants pour arriver à collecter les grains de café qui viennent ensuite à voyager jusqu’à la torréfaction finale et la mouture ainsi qu’au conditionnement en-capsulé.

Lorsque vous «chargez» votre appareil, il n’y a pas d’effort à faire, pas de sac de café à ouvrir, pas de mouture à à faire passer dans un perco ou un filtre. Vous prenez avec vos mains manucurés une capsule étanche pour la placer dans un réceptacle bien réglé, vous abaissez le levier et vous poussez sur le bouton. C’est tout. Et c’est seulement à cet instant précis que l’arôme vient à «éclabousser» vos narines, et vous rappeler l’ADN du café, avant tout un sensoriel olfactif, avant d’être le sensoriel du palais. 

Un drôle de branding qui correspond au rythme de vie citadin, urbain devrions-nous dire d’ailleurs. Nespresso est un café urbain en ce que sa principale qualité, en dehors d’être impeccable dans la bouche, est de nous faire gagner du temps, sur le rituel de nos grand-parents. C’est un ready to drink et en ce sens on peut bien sûr se poser la question sur les scénarios que nous propose McCann.

Est-ce que le Paradis serait le prolongement de notre vie sur terre. Est-ce qu’au Paradis nous manquerons également de temps pour prendre le temps de préparer un café à l’ancienne. Et surtout de prendre le temps. Pas besoin de toilettes dit John Malkovitch, c’est pour les visiteurs. Mais alors pourquoi ces capsules prêts à l’emploi qui gomment l’effort et l’histoire du café.

Et enfin dernière chose. Nespresso est une boisson de classe. Celui d’une population assez aisée, C++ et l’idée qu’au Paradis on n’aie pas besoin de Porsche mais que l’on ait du Nespresso avec des millions de jolies mannequins me donne la chair de poule sur la représentation symbolique d’une mort où l’on perpétuerait les différences sociales au-delà de la vie, dans un au-delà tout aussi inégal que le monde dans lequel nous vivons.

Cela en dit long sur les fantasmes sociaux et l’inconscient inconsciente de la société dite «bling-bling». Mais ne vous fiez pas à mon billet, je bois du Nespresso pour toutes les raisons que je viens d’évoquer et me sens à chaque fois mal à l’aise de ne pas prendre le temps pour «fabriquer» la totalité du plaisir. Le temps nous manque à tous. Et c’est sans doute la chute de ce billet et la réussite incontestée de la marque que d’avoir su raccourcir un espace-temps pour ne garder que le plaisir absolu et final du plaisir dans la bouche.

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Une réponse à Nespresso au Paradis des jolies femmes, what else…

  1. Signmark dit :

    Je ne suis pas fan.

    Quel est la conclusion ? Mieux vaut la vie et ses turpitudes à un café paradisiaque mais terriblement ennuyeux…

    Je ne trouve pas que la marque y gagne.

    Je ne consomme Nespresso qu’exceptionnellement et c’est sur l’idée de partager un moment rare et unique que la marque aurait pu axé sa communication.