Peter Tscherkassky | dans quelques années le cinéma aura disparu

Je suis vraiment d’une ignorance crasse. C’est en glanant parmi quelques films old-school (noir et blanc) à la boutique Potemkine que j’ai découvert un cinéaste que vous connaissiez sans doute tous autant de lecteurs que vous êtes. Je parle rarement de cinéma, et plutôt d’un Chris Marker et d’un Terry Gilliam que de Transformers, non que je n’aime pas les films à gros budgets, mais tout simplement parce que vous trouverez des billets infiniment plus talentueux sur les films qui sortent sur le portail de Chronicart. Mais là il s’agit d’une de ces découvertes digne de celle que j’avais faite en 1975 en allant visiter l’université de Montréal où Norman McLaren faisait fureur à l’époque. D’ailleurs nous reviendrons à McLaren encore et encore. Pour lors laissez moi vous dire deux choses.

1) n’y connais pas grand chose au cinéma expérimental bien que très ouvert aux recherches plasticiennes mais cesse éloigné par d’autres priorités. Aussi le présent billet est plus le fait d’un patchwork de copier-coller d’articles parus sur Tscherkassky que le reflet de ma propre écriture.

2) je publie ici deux des innombrables œuvres du cinéaste. Sans autorisation. Sauf que: j’ai laissé un message sur son site perso pour lui demander justement une autorisation exceptionnelle. Bien entendu si l’auteur se manifeste ou ses ayants droits légitimes, pour que j’enlève les deux titres ci-dessous, je m’exécuterai immédiatement, avec tristesse sans doute, car je crois personnellement qu’internet est un moyen pour amorcer la faim d’une culture jamais comblée. 

Wikipedia:

Peter Otto Emile Tscherkassky est un cinéaste d’avant-garde autrichien. Entre 1977 et 1979, il étudie le journalisme et les sciences politiques à l’Université de Vienne. C’est durant ces années qu’il découvre le cinéma d’avant-garde, par l’intermédiaire des conférences de P. Adams Sitney au musée du cinéma autrichien. Ce sera pour lui une « révélation »[1], qui va le pousser dans la voie du cinéma expérimental.

C’est en 1979 qu’il acquiert sa première caméra Super 8 et commence à tourner des films.

Ses deux films les plus récompensés, Outer Space et Dream Work, utilisent les images du film d’horreur L’Emprise de Sidney J. Furie.

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Interview

http://www.brdf.net/interviews/interview_peter_tscherkassky.htm

Peter Tscherkassky appartient avec Martin Arnold, Gustav Deutsch et Dietmar Brehm à cette génération de cinéastes expérimentaux autrichiens qui a succédé à celle de Peter Kubelka, Kurt Kren, Ernst Schmidt Jr. et Valie Export. Actif depuis une vingtaine d’années déjà dans le domaine de la recherche (post)structurelle pure et dure, il a dernièrement retenu l’attention pour deux films exceptionnels. Petite merveille rapidement repérée par les amateurs, « Outer Space«  (1999), réalisé en cinémascope et selon une technique de montage très originale, reformulait par les moyens propres à l’expérimental l’argument d’un film fantastique des années quatre-vingt, « The Entity » (Sidney J. Furie, USA 1981), dans lequel une femme (interprétée par Barbara Hershey) affrontait un ennemi invisible et violent.

A cette expérience fascinante – où l’effet de terreur se trouvait non seulement décuplé mais encore considérablement enrichi d’une réflexion sur le médium cinématographique – Tscherkassky a donné une suite, réalisée sur base du même matériau : « Dream Work » (2001). Dans cette nouvelle production, le cinéaste continue avec un enthousiasme lyrique, et sur une bande-son dont la qualité égale celle des meilleurs disques Mego, à parsemer d’éléments narratifs un terreau théorique particulièrement rigoureux. Cet équilibre très réussi confère à « Outer Space » et « Dream Work » un pouvoir de séduction rare, qui leur vaut d’emporter une large adhésion, dépassant le cercle des connaisseurs : « Comme si Schönberg avait été aimé à la manière d’un chanteur pop, comme si Mallarmé nous envoyait des télégrammes d’amour » (Nicole Brenez).

Pour vos trois derniers films, »L’Arrivée » (1997-98), « Outer Space » et « Dream Work », vous avez travaillé en cinémascope, un format d’image assez inhabituel dans le domaine du cinéma expérimental.
La plupart des films d’avant-garde ont été réalisés pour un format d’écran 1:1.33 ce qui me semble assez curieux: l’avant-garde est censée découvrir de nouvelles possibilités, plutôt que respecter les conventions du cinéma dominant. On ne peut demander aux peintres de travailler exclusivement avec un certain format de toile. Il me semblait donc intéressant de changer de format. Par ailleurs, je voulais travailler sur la notion d’ « outer space », notamment en utilisant les perforations et le matériau filmique lui-même. Si l’on projette toute la largeur d’une pellicule de format standard en cinémascope, les perforations apparaissent. Un autre élément concerne l’évolution technologique du cinéma. Dans quelques années, le cinéma aura disparu. Peut-être dans dix ans, peut-être dans vingt, mais cela ne fait aucun doute, il aura disparu dans sa forme traditionnelle. Ce que j’essaie de faire dans mon travail en général, c’est d’exposer les possibilités artistiques de la « cinématographie filmique classique », fondamentalement différentes de celles du film digital. Il s’agit de souligner ce qui peut être fait au cinéma mais pas avec l’ordinateur. Or le cinémascope fut inventé au moment où pour la première fois le cinéma eut à affronter l’image électronique, à la fin des années cinquante. C’était une réaction de l’industrie cinématographique contre la télévision.

Lire la suite ici

 

http://www.typogabor.com/Video/l_arrivee.mov

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http://www.typogabor.com/Video/Get_Ready.mov

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Une réponse à Peter Tscherkassky | dans quelques années le cinéma aura disparu

  1. Christophe dit :

    J’ai découvert « Outer Space » et Peter Tscherkassky par le plus grand des hasards. Belle découverte. Mais les dvd édités se font visiblement rares; merci JC Caron pour l’info, je ne connaissais pas ce magasin.