Les ratés du ranking de Google, Technorati et Wikio | le référencement référencé

«Le pouce levé ou baissé, l’empereur romain graciait ou condamnait les gladiateurs tombés dans le sable de l’arène. Au fond depuis 2000 ans pas grand chose n’a changé, pouce levé ou pointant vers le sol, les hommes ont remplacé l’unique inquisiteur par le vote par procuration. SMS (très S.M.) pour les télé-réalités, oui tu restes, non tu sors, nous vivons dans la continuité de cet immense loftisation du monde. Mais aujourd’hui dans l’univers du net, les mathématiques ont remplacé l’humain. Des formules mystérieuses, des équations aux paramètres plus que douteux font et défont la réputation des millions d’individus, blogeurs, éditeurs de site, contributeurs de presse-on-line. Ils appellent ça des algorithmes, une sorte de soupe à mi-chemin entre les statistiques et la recension, entre les milliards de liens vrais ou faux et la publication ex-nihilo de listes aux classements tranchants et surmédiatisés.»

 

Comme tous les blogeurs je me suis souvent demandé quels étaient les algorithmes qui permettaient aux uns et aux autres d’effectuer un classement pertinent entre les sites et les blogs.

 

À commencer par le Wikio.

“Je ne mets pas de lien
vers leur site pour ne pas faire monter
leur ranking, et de toute façon
il est vraiment à chier”

Lu sur Presse Citron

 

L’année dernière design et typo était classé sous la barre fatidique des 100 premiers du classement Wikio. Cette année par un savant calcul dont j’ignore comme tous la formule magique D&T s’est retrouvé au delà des 800e. Si ça n’était que design et typo, je n’en ferai pas grand cas, mais mon très apprécié confrère Étienne Mineur , de même s’est vu retoqué au delà de la 700e place… nos deux blogs n’arrêtent pas cependant de progresser et en audience et en nombre de visiteurs. Pour design et typo l’augmentation des visiteurs uniques est proche de 65% par rapport à l’année dernière… c’est satisfaisant et cela reflète le travail ici et là que les auteurs abattent pour partager leur culture, leur curiosité (presque maladive) et finalement tout ceci représente du temps… immatériel certes, mais du temps tout de même.

Sur Technorati le ranking de design et typo est aujourd’hui de 165 pour quelques 708 «réactions». Parallèlement Gilles Klein dont le blog reçoit près de 2049 «réactions» se voit attribué un coefficient de 156. Incompréhensible. Pour trois fois plus de liens, rétroliens et de commentaires, Gilles Klein se retrouve derrière design et typo sur le site au logo vert.

Sur Google: je ne m’étendrai pas sur les incohérences du ranking de Google. Là où Étienne Mineur se voit recalé à plus du 700e du premier de classe sur Wikio, il est doté d’un ranking de 7 sur Google . Plutôt très bon. Pour comparaison la page d’accueil des abonnés du Monde.fr se trouve affublé d’un misérable 3 ou 4 chez le même Google . Je ne vous parle même pas de l’audience internationale, du Monde et du nombre de lecteurs abonnés à leur fil RSS. Au total Le Monde.fr reçoit par jour plus d’un million et demi de visteurs. Incompréhensible. D’autant que design et typo qui n’est qu’un épiphénomène sur le portail du Monde se voit ‘ranké’ à 6 par Google.

De même les requètes sur Google… je n’ai pas à me plaindre, en règle général design et typo se trouve plutôt bien référencé. Sauf sur le mot typographie. Il faut aller à la page 8 des requètes Google pour trouver la première référence à un billet de ce blog. Lorsque vous examinez tous les liens référencés en amont, les quatre cinquième ne parlent même pas de typographie sur leur blog ou site. Encore plus fort: pour trouver la première référence au blog-forum du typographe.com (le lieu pourtant privilégié où se retrouve la crème des typographes que compte notre pays), il faudra «feuilleter» jusqu’à la page 5 de la requète Google.

Supposition: bien sûr on peut parfaitement imaginer le nombre de domaines qui ont été achetés au début du web pour le simple plaisir de faire des redirections sur des sites qui n’ont de typographique qu’un lointain rapport.

Et c’est amusant de voir aussi qu’il suffit que je nomme un billet «typographie typographie…» (5-6 fois) pour voir design et typo propulsé à la première place sur Google… (en tapant typographie 2-3 fois dans la requète.) Les mystères des robots sont abyssaux.

Tout ceci pour dire que les métiers des référenceurs ont encore de beaux jours devant eux. Devant tant d’incohérences, d’irrationel et de mystère fait autour des algorithmes d’évaluation, on est obligé, soit de faire une veille permanente et coûteuse en temps, soit de confier le bébé à des spécialistes, qui, s’ils sont sérieux savent parfaitement maîtriser les arcanes de votre ranking. Bon courage à ceux qui débutent tel Thomas Hervé qui pour augmenter le sien n’a pas trouvé plus judicieux que de faire un copier coller d’un extrait de design et typo et venir pointer un rétro lien dans mes commentaires. Ah le héros d’Albert Cohen, Solal avait cent fois raison lorsqu’il donne un cours de sociologie sociétale dans «la Belle du Seigneur». Où il nous explique le fonctionnement de toute cour et de courtisans qui s’évertuent à courtiser plus haut placé que soi, en méprisant autant que se peut tous ceux qui essayent de se hisser à leur tour à sa hauteur. Ainsi les regards sont toujours portés vers le haut de cette pyramide qui fait fonctionner le système. Politique, médiatique, financier… remarquez bien le schéma est désespérément pauvre et mécanique.

Tout ceci pour dire 2: que ce qui compte —et vous auriez parfaitement raison de me le rappeler— est infiniment plus le contenu riche (et non l’interface riche) qu’un quelconque ranking opéré par des entités commerciales dont l’unique but est de vivre sur votre travail.

Nota Bene: vous l’aurez compris, par le nombre de liens dont j’ai truffé ce billet que je voulais vérifier un certain nombre de mes doutes et suppositions. Vous ferai part dans quelques temps des conséquences d’une telle pratique à la limite du forçage de référencement. Donc pas très honnête, je le reconnais. Mais un lecteur averti en vaut deux… :-)

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La mauvaise réputation, Georges Brassens à Bobino

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Une réponse à Les ratés du ranking de Google, Technorati et Wikio | le référencement référencé

  1. ReKieM dit :

    Je partage vos mêmes opinions.Les référencements et les classements dans les moteurs de recherches ne sont pas toujours logiques…
    Leurs algorithmes sont tellement complexes et secret, qu’hélas, on restera dans le doute et l’incompréhension de leurs actions…