La Ponctuation ou l’art d’accommoder les textes | via l’obs

La virgule
La larme du compositeur

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Secouez un livre ou un journal, il en tombera des milliers… Les virgules forment le vulgum pecus, la piétaille de la ponctuation, mais c’est grâce à la piétaille qu’on remporte les victoires! Beaucoup d’écrivains révèrent ce signe, le considèrent comme l’incarnation du style, ce que résume Cyrano de Bergerac dans la pièce éponyme d’Edmond Rostand, qui, à l’idée qu’on pourrait corriger l’un de ses vers, s’écrie: «Mon sang se coagule, / En pensant qu’on y peut changer une virgule.»


Enlever ou ajouter des virgules fait partie du quotidien des correcteurs! N’y voyez pas pure maniaquerie: elles peuvent modifier le sens d’un phrase. Les débats passionnés qu’occasionne dans le cassetin (réduit exigu où officient les correcteurs) la place d’une virgule semblent bien souvent disproportionnés par rapport à la petitesse de ce signe. Les typographes ont d’ailleurs affublé par dérision les correcteurs du nom de «virguleux»! Du temps de l’imprimerie au plomb, la virgule reçut, quant à elle, le surnom de «larme du compositeur». Pas seulement par analogie avec sa forme lacrymale, mais parce qu’elle causait bien des tracas: il fallait du doigté pour la saisir, la placer sur la ligne, et sa manipulation ralentissait le travail.

La virgule est l’une des plus anciennes marques de ponctuatioin. Son nom, sa forme ont beaucoup varié, mais elle a toujours été le signe le plus faible de segmentation de la phrase. Elle reçut son appellation définitive des premiers imprimeurs: ceux-ci avaient fait leurs humanités et, considérant d’abord son aspect, choisirent fort à propos pour la nommer le mot latin virgula («petite baguette, rameeau»), dérivé de virga («verge, baguette»).
Ce diminutif laisse à penser qu’elle joue un rôle négligeable, alors qu’elle est la seule parmi les signes de ponctuation à pouvoir entraîner dans la phrase des bouleversements importants et parfois même des cataclysmes!

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Une réponse à La Ponctuation ou l’art d’accommoder les textes | via l’obs

  1. tardif dit :

    @Christian
    Une autre phrase assez longue, me semble-t-il : « Eden, éden, éden » de Pierre Guyotat : une seule et unique phrase de 250 pages, qui s’achève… par une virgule ;-)