Nazaré Pereira à l’Opus puis au Satellit-Café | étude photographique

Il est des rencontres magiques qui sont porteurs de messages multiples. Celui-ci avec Nazaré c’est d’abord la découverte d’un lieu, d’un son et d’un ingénieur du son, découvreur de talent, Philippe Gueugnon dont le parcours sans faute depuis une douzaine d’années l’amènent aujourd’hui à proposer sur la TNT (France O) tous les vendredis soir une émission consacrée aux musiques du Monde. S’il est quelqu’un à Paris qui pourrait se vanter d’avoir fait découvrir ce pan riche de la musique c’est bien ce hippie de Philippe, cheveux blancs, longs, longs, d’où il ne manque qu’une bandera *purple* de préférence. Bien sûr que Radio France et sa production Ocora a initié nombre d’entre-nous à une écoute des musiques étrangères, mais tel Ry Cooder et Nick Gold à l’origine de la redécouverte des musicos du buena vista social club Philippe Gueugnon peut se targuer d’avoir fait monter sur les scènes parisiennes nombre de groupes et d’artistes qui aujourd’hui essaiment à travers le monde.

Mais Nazaré c’est aussi un souvenir, un premier concert au Satellit où m’a convié mon ami Jean-Pilippe R. Il faut toujours une première fois et un choc. Celui-ci fut absolu. Tant par la présence de cette chanteuse mi-indienne, mi comédienne de l’Amazonie qui passa sa vie à chanter pour aider sa famille de là-bas et se retrouver à près de soixante-dix ans encore et toujours à remonter sur scène parce que de sa vie d’artiste, il reste surtout des souvenirs, pas de retraite dorée, pas d’actions des fonds de placement, juste un struggle for life, et la force de cette expression rauque et gutturale, qui énonce tels des claquement de langue et de gorge un tempo saccadé et à la fois riche en rebondissements.

Grand-mère et petite fille à ses heures, Nazaré Pereira est de ces personnages complexes qui affrontent le temps avec dédain presque détachement. Elle n’a plus peur de la mort, elle n’a plus peur de rien d’ailleurs, tout à prouver encore mais avec une nonchalance et une espièglerie à la Till Eulenspiegel, elle est toujours prête à vous faire une farce et se moquer de vos timidités.

Quoiqu’il en soit, elle chante les mélopées de l’Amazonie, de la forêt qui disparaît, des exclus du monde et de l’amour toujours, celui d’aujourd’hui, ceux perdus à jamais et Nazaré égale à elle même depuis que je la connais, nous administre régulièrement une leçon de choses, un optimisme à remplacer six mois d’anti-dépresseurs aux effets plus que catastrophiques. À consommer sans modération. Les photos? toujours sans flash. Le grain est en grande partie due à la dégradation des gifs. Originaux en mode raws couleur, développés en noir et blanc parce que la couleur dans nombre de cas me semble inutile, voire anecdotique au regard de l’émotion seule que je vise à faire partager.

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Une réponse à Nazaré Pereira à l’Opus puis au Satellit-Café | étude photographique

  1. Ptilou dit :

    Je l’ai vu fin seventies dans une petite cave brésilienne de la rue … des Ecoles… elle était superbe…. et au vu de tes photos, elle semble avoir gardé énergie et sourire… un must à savourer dans les petites salles !