Suitcase Fusion vs FontAgent Pro | Production Management

J’ai lu quelquepart sur un forum que la meilleure façon de gérer ses fontes sur Mac OS Tiger c’est encore d’utiliser le Livre des Polices.

D’accord pour un utilisateur bureautique, pas d’accord dès lors qu’on se sert de son Mac pour créer, produire et surtout tout en changeant de dossier de travail toutes les heures, voire tous les dix minutes parfois en période de correction. Pourquoi pas le Livre des Polices.

Pour la raison très simple que l’interface devient très très lent dès lors que vous voulez charger une collection de caractères complètes (sans forcément les activer d’ailleurs). Autre problème quand vous redémarrez votre Mac, parfois sans même le vouloir, le gestionnaire du Mac vous active toutes les polices qui se trouvent dans /utilisateur/biblio/fontes, pouvant générer des doublons avec les polices du système.

Mais diable. Pourquoi voulez-vous chargez votre collection complète d’Adobe Font Folio ou de Bitstream, plus les quelques dizaines de fontes indépendantes + celles que vous avez créé vous même ?

Pour la simple raison mon brave, que bien que j’aime le papier, et ce blog en témoigne de façon patente, je trouve infiniment plus rapide (sans doute avec moins de plaisir tactile ;-) de passer en revue mes fontes dans une fenêtre de manager de fontes, que de feuilleter les catalogues papier qui s’amoncellent sur mes étagères depuis pas mal d’années.

Du coup si vous voulez gérer vos fontes de production avec le Livre des Polices vous avez intérêt d’en limiter le nombre à celui exact de vos besoins réels. Aucune possibilité alors de faire de la prospective sur une police pour créer un logotype par exemple.

(Tapez le nom de la marque et vous en visualisez la forme en passant d’un caractère à un autre, impossible sur papier, à moins de «monter provisoirement des polices ou bien de dessiner le logo sur papier avec une vague forme qui ressemble au style du caractère).

C’est quoi mon métier ?
Depuis que je fais ce métier, je n’ai jamais refusé un travail qu’il soit de création ou d’exécution. Considérant que l’exécution-production est encore un moyen d’exprimer sa sensibilité. Je n’ai aucun mépris, au contraire pour les métiers de la production, c’est comme si vous ne respectiez pas le travail d’un musicien-interprète, un Pierre Fournier par exemple dont l’interprétation des suites pour violoncelle de Bach est admirable, alors qu’à ma connaissance il n’a jamais écrit une œuvre personnelle (mais je peux me tromper ;-).

Bien sûr j’adore créer, des magazines, des rapports annuels, des plaquettes culturelles ou institutionnelles, des affiches, des identités visuelles, mais comme me disait un cher ami et non moins un des plus grands graphiste vivant de nos jours, Jean Alessandrini (article dans le prochain étapes), «je ne rejette rien, je prends tout», et sans discrimination aucune pour la noblesse de l’un ou de l’autre.

J’en reviens donc à la gestion des Polices. Elle est essentielle à l’efficacité de mon studio, productivité et qualité de la production sont directement dépendants de cette gestion, sauf si voulez passer systématiquement deux fois plus de temps sur chaque commande.

J’ai donc choisi voici quelques temps de migrer mes polices vers l’un des deux gestionnaires dispos sur MacOS (il y en a d’autres, Font Explorer de Linotype par exemple, un gratuit qui de plus est). Et voici le résultat des tests et de ma décision finale :

Suitcase Fusion d’Extensis… c’est le plus récent. Fusion entre l’ancien Suitcase et FontReserv, il présente un interface en Français, des librairies que vous créez à volonté, vous donne le choix de gérer vos fontes systèmes soit dans leur globalité, soit fonte par fonte. Résultat du test:

Très vite des conflits sont apparus. Entre polices systèmes et polices introduits dans Suitcase Fusion. J’avais beau activer ou désactiver le Livre des Polices, faire ou pas se gérer les polices du système par Suitcase j’ai passé des heures à essayer d’activer certaines fontes, ou en désactiver pour tenter de résoudre ces conflits, dont la conséquence directe était un affichage  callamiteux dans AppleMail ou dans mon navigateur préféré, Firefox.
Dans un des essais, où j’avais laissé la gestion des polices systèmes en dehors de Suitcase, tout semblait remarcher correctement jusqu’au moment où je lançais Suitcase. Là de nouveau les conflits recommençaient de plus belle. Redémarrer moult fois la machine, quitter, redémarrer AppleMail et/ou le Navigateur, rien n’y faisait,

Voici deux images qui témoignent de ces conflits,

Coudal2
Coudal1

Bien entendu c’est la deuxième version qui traduit le plus fidèlement les magnifiques CSS de ce blog très sérieux et élégant d’une agence de Chicago.

Comble du paradoxe, lorsque je quittais Suitcase, l’affichage redevenait correct dans le navigateur (après avoir aussi relancé Firefox).

Mais, au risque de me répéter, lorsque vous produisez, créez, blogguez, écrivez (dans Word), vous n’avez pas le temps de jouer à quitter, relancer votre gestionnaire des polices à tout bout de champ.

Après avoir essayé de joindre un consutant fort sympathique chez Extensis que j’avais rencontré lors de la journée de lancement de Quark 7.00, j’ai eu quelques vagues réponses pas très efficaces quant aux résultats. Lorsque je lui ai posé la question… mais finalement cher Jean-Michel, c’est quoi les avantages de Suitcase sur Font Agent Pro…

— tout d’abord nous sommes plus récents dans l’écriture du programme et nous avons une équipe de développement bien plus importante, ensuite… notre Appli se présente en Français, contre l’Anglais pour Font Agent…
— c’est tout ?
— (silence géné)

J’ai donc installé (de fait réinstallé) mon Font Agent Pro que j’avais acheté un mois avant, et là bien qu’en Anglais ;-) aucun problème. Tout redevient normal (plus aucun conflit entre Livre des Polices et gestionnaire extérieur). Je peux me remettre à produire en toute efficacité.

Attention, lorsque vous désinstallez ces logiciels, vous avez intérêt d’aller fouiller au plus profond de vos librairies (ordinateur + système + utlisateur), parce qu’il s’installe des bouts de programme un peu partout ;-). (merci Spot).

Pourquoi Font Agent Pro et pas Linotype Font Explorer… parce que l’interface de Linotype laisse un peu à désirer, moins ergonomique, moins beau, c’est un peu le vieux fusil Mas 1935 contre un fusil d’assault M15… mais vous avez sans doute votre propre opinion sur la question. N’hésitez pas… ;-)

Un débat de professionnels également ici.

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Une réponse à Suitcase Fusion vs FontAgent Pro | Production Management

  1. Cedric dit :

    Bonjour
    Je suis d’accord aussi, avec suitcase fusion, j’avais pleins de problemes, et ces soucis de polices dans les navigateurs, me rappellent quelque chose :)
    Je suis revenu a FontAgent, mais je regrette vraiment la gestion des polices avec ATM Deluxe sous OS9…

    Dailleurs je ne comprend pas pourquoi Adobe a arrêté ce logiciel…

    Il serait bon de savoir aujourdh’ui en 2009 ce que donnent ces logiciels, et si FontAgent est toujours le soft à conseiller…

    ¶eter: je suis tout à fait d’accord avec vous, il faudrait refaire des essais, mais malheureusement là je n’ai pas trop le temps! avis aux amateurs, je suis preneur de tout banc test! :-) merci à vous.