Histoire des logotypes au 20e siècle (2)

Franco Maria Ricci | Top Symbols & trademarks of the world | suite #2

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Suite et fin du premier volume des logotypes édité par Franco Maria Ricci en 1973. Pour ce qui est de la question des droits d’auteur chers à Jean-François Porchez, je rappellerai les réserves que j’ai déjà publié ici même dans ma précédente note sur cet ouvrage historique. L’usage de ces reproductions est destiné à un usage strictement pédagogique et académique. Aucun bénéfice commercial n’en n’est tiré. Ceci posé, la question morale se pose tout autant que les questions juridiques. C’est sur ce thème que je souhaite aujourd’hui m’exprimer. Vous avez pu remarquer le travail assez considérable que j’effectue pour faire connaître un certain nombre d’artistes du public de mes étudiants, de mes lecteurs professionnels et de bon nombre d’étudiants d’universités qui se connectent régulièrement sur mon blog. Ces artistes sont bien souvent oubliés. Y compris par les jeunes professionnels qui sortent des écoles d’art dont les bibliothèques sont malheureusement assez démunis. A ce sujet je vous invite à visiter celle de l’école Estienne qui semble disposer d’un fonds de livres assez remarquable.

Donc la question de la mémoire se pose. Pour toutes les raisons que j’ai déjà évoqué ici. 
Nous sommes confrontés aujourd’hui à une véritable problématique, et particulièrement en France où la typographie et les arts graphiques n’ont jamais conquis la notoriété qu’ils connaissent dans les pays anglo-saxons, voire des autres pays de l’europe (pays scandinaves, de l’est etc.). Ce blog qui part du postulat le plus généreux, faire partager ma culture, mes connaissances, mes analyses correspond à ce que j’ai pratiqué toute ma vie. Donner pour recevoir.

Lorsque je dirigeais l’une des plus prestigieuse entreprise de typographie parisienne, j’éditais les plus beaux catalogues de calibrage et des magazines expérimentaux pour sensibiliser les directeurs artistiques à «la belle typo». Là où mes concurrents dépensaient des sommes considérables pour acheter les faveurs de leurs clients, ma société investissait sur un travail de culturation et d’éducation afin d’amener mes clients à re-considérer leur créativité graphique. Une telle attitude a suscité bon nombre de jalousies et continue apparamment d’en susciter puisqu’au détours de certains commentaires j’aperçois deci delà des rémanences de la haine qu’une telle générosité peut provoquer. Pourtant chacun est libre, libre de faire la même chose ou mieux. L’exemple d’Etienne Mineur est à tout point de vue remarquable. Il est dans la même filiation. Celui d’un nouveau site qui vient de se créer «Ink» en est un exemple parfait.

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J’ai créé le blog design et typo voici environ 8 mois. Et depuis les expériences se multiplient. Grâce notamment au Web 2.00 qui permet toutes les interactivités. Mais d’autres m’ont précédé, ainsi DesignInteractif de Benoît Drouillat procède de la même démarche. Montrer, expliquer, démontrer, analyser, critiquer mais aussi rendre des hommages. Ainsi qui se serait soucié de la mémoire de Roger Excoffon ou d’Albert Hollenstein (dans étapes) grand précurseurs dans les années 50, et je ne citerai pas tous les articles que j’ai déjà publié, mais juste celui d’Hermann Zapf. Son œuvre est immense, il est connu dans le monde entier, mais en France quasi personne ne s’en souvient. Et pourtant il est encore (et j’espère pour longtemps ;-)) en vie. Il a enseigné au MIT de Massachussets, et créé des dizaines d’alphabets plus beaux les uns que les autres. Uniquement dessinés à la main. Son Manuale Typographicum a été tiré à 1000 exemplaire sur du papier fait main en 1957, autant dire qu’il est introuvable.

Croyez-vous sincèrement que Zapf qui est un humaniste et un homme d’une grande modestie me repprocherait un jour d’avoir réveillé son œuvre pour le faire connaître des étudiants et professionnels du monde entier. Je suis sûr du contraire. Et je n’ai malheureusement pas le temps de lui demander. Déjà assez à faire à préparer mes notes, publier des galeries d’images de références-études etc. Il faut savoir prendre des risques mesurés dans la vie et pour votre plus grand plaisir j’en prends. Alors cher jƒp prenez donc un autre bouc émissaire de vos frustrations, ou tout simplement mettez vous au travail et faites nous partager votre immense expérience que je suis sûr tout le monde a hâte de lire et découvrir.

En lisant cette note vous avez pû comprendre les difficultés que j’affronte entre l’immense devoir de partage et les questions morales que je me pose régulièrement. La publication de l’ouvrage de Franco Maria Ricci est un bel exemple de ce débat intérieur que je mène régulièrement. Nous vivons dans un monde où l’argent est roi. Pour réflexion je suis persuadé que Franco Maria Ricci, lorsqu’il publie ces dix albums de logotypes n’avait pas lui-même pris la précaution de demander les droits à chacun des graphics designers présent dans sa somme. Je ne tire pas de cela un principe de droit mais simplement un exemple du mode relationnel coercitif dans lequel notre monde est entré depuis quelques années. Demandez aux photographes les difficultés qu’ils rencontrent chaque jour pour faire des reportages photo en France. Alors que notre petit monde occidental pille chaque jour les images des habitants de la planète sous-développée sans leur reverser le mondre pécule. Voilà un bel exemple de questionnement. Qu’en pensez-vous?

 

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Une réponse à Histoire des logotypes au 20e siècle (2)

  1. Anthony dit :

    Je n’ai pas suivi l’affaire avec M. Porchez. Il vous en veut de publier des documents ?